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Monthly Archives: April 2015

Les préjugés à l’égard de l’Alberta : Introduction – 1 sur 6 (#249)

(Au moment de l’écriture de ce billet, le NPD n’était pas encore au pouvoir en Alberta.  Le fait que le NPD a pu gagner l’élection albertaine avec une victoire majoritaire écrasante ne fait que confirmer et qu’accentuer les indices et tendances dont j’ai parlé dans cette série de six billets.  Et oui, le choix d’orange pour cette préambule n’est pas un hasard 😉 ). 

Au cours des billets de mon blogue, de temps en temps je vous ai offert des exemples de certaines circonstances et de certains préjugés qui propagent la notion des Deux solitudes — tant du côté Anglophone que du côté Francophone.

Parfois, ces exemples sont très évidents.  Parfois ils sont plus subtils.

La plupart des exemples que je vous ai déjà offerts au cours des billets antérieurs étaient rédigés en anglais, car je les présentais à une audience anglophone (je le crois important que le monde prend conscience des  exemples de leurs propres préjugés ou méconnaissances qui contribuent à garder vivante la notion des Deux solitudes).

Mais cette fois, je vais vous écrire en français, et je vise les francophones du Québec dans cette série de six billets.  Je vais vous présenter des exemples de certaines méconnaissances que je vois de la part des francophones du Québec, et ce en employant un ton bien plus personnel.

Je vais vous parler des préjugés assez “structurels” que je vois à l’égard de l’Alberta, et à l’égard des gens qui viennent de cette province, tout comme moi.   À mon avis, je me trouve dans une position privilégiée pour vous adresser ce sujet d’un ton franc et honnête.  Je connais le Québec aussi bien que l’Alberta – et les québécois entendent trop peu les points de vue des gens comme moi.

Alors, avant de continuer, je dirai dès le départ que je reconnais très bien le fait que ce n’est pas tout le monde au Québec qui nourrit les préjugés dont je vais vous parler.  Et à cet effet , je ne suis même pas sûr qu’il s’agisse d’une majorité de gens.  À mon avis, c’est souvent les médias au Québec (Radio-Canada, TVA  , la presse écrite, les chroniquers) qui renforcent les préjugés contre l’Alberta.  Et malheureusement cela a pour effet d’influencer les perceptions des masses.

Qu’il s’agisse d’une majorité ou d’une minorité, ces préjugés sont pourtant bien réels.  Face aux préjugés, j’admet que je ne peux m’empêcher de se sentir lésé, tant soit peu, par certaines méconnaissances flagrantes de la part de certaines personnes (parfois même de la part de certaines personnalités bien connues qui supposément prétendent parler publiquement d’une haute autorité morale).

Je trouve ça toujours un peu “déséquilibrant” quand il y a des gens au Québec qui (en croyant à tort que je suis moi-même Québécois) dénigre l’Alberta lorsqu’ils partage leur “pensées” avec moi.  Un exemple parfait : Au mois de janvier j’étais dans la région de Montréal.  Je taillais une bavette avec un serveur, et pour une raison ou une autre on abordait le sujet de ce que nous venions tout juste de faire durant nos vacances de Noël.  À mon tour, j’ai mentionné que je les ai passé en Alberta à Edmonton, à Calgary et dans les montagnes rocheuses.  Sa réaction : “Comme Québécois, une chance qu’ils ne t’ont pas lynché!”.

Comment devrais-je répondre à un tel commentaire?  Sans qu’il le sache, il parlait de “moi”, de mes amis, et de ma famille et de tous mes pairs, non?   Mais, bon, je suis un grand garçon, et je crois être assez mature pour savoir qu’une seule remarque n’est pas nécessairement représentative d’une société entière.  J’avoue que lorsque j’entends de telles remarques à répétition au cours de plusieurs années, on pourrait commencer à se poser des questions.  Cependant, j’essaie garder le tout en perspective.

(D’ailleurs, devrais-je mentionner, étant quelqu’un qui parlait français en publiqueen Alberta — avec des amis pendant une bonne partie de ma vie, je n’ai jamais rencontré un seul cas de French-bashing en Alberta… pas une seule fois – jamais.

Au contraire, plus souvent qu’autrement, les Anglos en Alberta y voyaient l’occasion en or pour pratiquer leur français, et souvent ils tentaient d’engager une conversation en français — avec un grand sourir, et à bras et à cœur ouverts.

Alors, on doute finalement qu’il y ait une raison de croire qu’il existe une tendance de société de faire de l’Alberta-bashing … un sujet que j’avais déjà abordé dans un autre billet qui s’appelle No way, Le Figaro!).

Les prochains trois billets vont porter sur trois préjugés dont moi-même je ressens d’une base assez régulière au Québec – tant du côté des médias québécois que sur le terrain même.

Je suis bien conscient du fait que cela ne veut pas dire que ceux qui propagent ces préjugés sont du mauvais monde (si vous êtes fidèle à ce blogue, vous sauriez sans doute que je suis de l’avis que le Québec est une des sociétés les plus ouvertes et les plus empathiques au monde – point.  Les Francophones du Québec et du Canada sont foule cool, et ça va de même pour les Anglophones du pays aussi).

Mais quant aux sujets des préjugés que portent des gens, les êtres humains ne savent seulement ce qu’ils savent.  Et à l’égard de ceux qui portent des préjugés, ces personnes ne sont que la somme de leurs propres connaissances et expériences personnelles (j’en suis tout à fait conscient de ce fait – la raison pour laquelle je me réserve un certain modération envers ces discussions).  Souvent les ignorances ne sont qu’une question de naïveté innocente.   Les sources d’information desquelles le monde tire ses conclusions ne sont aussi bonnes que l’info que leur offre leurs professeurs, leurs pairs, ou leurs médias.

Les cinq prochains billets vont aborder les préjugés et les méconnaissances qui portent sur :

  1. La croyance que l’Alberta est une province plus “religieuse” que les autres provinces (au point où beaucoup de monde la croit même être “hyer-religieuse”. Mais comme vous allez voir, les statistiques vont vous réserver des surprises),
  2. Les attitudes et les comportements des Albertains et le gouvernement provincial face à l’industrie du pétrole, et
  3. Les “tendances” et les “affirmations” politiques des Albertains, ainsi que la manière dont beaucoup de Québécois préjugent les Albertains en raison de ce qu’ils croient être ces “tendances” et “affirmations”.

Alors, avec cette petite introduction aux cinq prochains billets, j’ai hâte de vous revoir lors de cette exercice de décorticage des préjugés.

Et sachez que j’en suis reconnaissant du fait que vous soyez là, et que vous portez intérêt à ce sujet.  C’est important.   Après avoir écrit près de 250 billets, je crois bien que je pourrais mener ce genre de dialogue franc avec vous.  Malgré tout, cette discussion s’édifiait lentement, jusqu’à ce point bloc par bloc, au cours de chaque billet.

Que l’on continue.


(French / Français) SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)

Ville d’Ottawa: Mouvement pour le bilinguisme officiel (drive to make the city of Ottawa officially bilingual) (#248)

(English follows below)

Pour ceux qui ne sont pas au courant, 360tfo et TFO 24.7 sont des télé-magazines à TFO (le réseau de télévision francophone de l’Ontario, avec son siège social et studios principaux à Toronto).

Le mouvement de faire de la ville d’Ottawa une ville bilingue est bien sûr de l’intérêt à tout le monde au Canada et au Québec.  Mais vu que la ville se trouve en Ontario, ce sont les Franco-Ontariens qui sont en première loge pour porter le flambeau de ce mouvement.

Dans les émissions ci-dessous (les vidéos officielles YouTube de 360tfo et TFO 24.7), on discute les enjeux actuels.  Je vous offre quatre vidéos:  Deux qui portent sur le mouvement vers bilinguisme officiel à Ottawa, et deux qui présente le cas de Moncton (Nouveau Brunswick) comme point de repère.

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For those who are not in the know, 360tfo and TFO 24.7 are a television magazines on TFO (Ontario’s Francophone television network, with its studios and headquarters in Toronto).

The movement to make Ottawa officially bilingual is of course of national interest for everyone in Canada.  But considering that Ottawa is in Ontario, it is primarily Franco-Ontariens who carry the cause on their shoulders.

In the programs below (the official YouTube videos of 360tfo and TFO 24.7), you can watch discussions of where the question currently sits.   I’m offering you four videos:  Two which specifically pertain to making Ottawa officially bilingual, and two which provide Moncton’s situation (in New Brunswick) as a reference point.

Ottawa:

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Moncton:

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Roy Dupuis (#247)

In the last post, we saw that Roy Dupuis was the main actor in the newly released film Ceci n’est pas un polar”.  The film has garnered some amazing reviews, and a good number of people have said that it has been one of Dupuis’ best performances.

In this post we’ll take a closer look at Roy Dupuis.

Backgrounder:

Owing to his star status, it is difficult to talk about the Montréwood without mentioning Roy Dupuis some capacity.  In terms of comparison, it could be said that Roy Dupuis is to Montréwood what John Travolta is to Hollywood..

Like Travolta, Roy Dupuis made a huge name for himself when he was much younger – having starred in some of Montréwood’s greatest hit movies and television series of modern times.  Although Dupuis is now in his early 50’s, people likely still have a younger image of him in their mind when they picture him (much as it is when it comes to John Travolta).

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Public domain open commons photo credit

One thing that many people do not realize about Roy Dupuis (especially in Québec) is that he is originally Franco-Ontarien and not Québécois.  Of course, he could now also said to be Québécois considering how long he has lived in Québec, but he is nonetheless considered Franco-Ontarien in the heart of many Ontarians.

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He was born in New Liskead in the Francophone region of Northern Ontario.   Despite growing up in Ontario, he did not speak English as a child (something which is not so uncommon in Northern Ontario).  At age 11 his family moved for a short while to Amos in Northern Québec, but they moved back to Ontario soon after – this time to the Francophone city of Kapuskasing (where he lived until his mid-teens).

Prior to finishing high school, his family moved to Laval where he graduated.  After graduation he attended acting school in Montréal.

From there, the rest is history.  His career started in the mid-1980s, and he landed roles in some of the biggest hits not only in Montréwood history, but also some of the biggest hits in Canadian film and television history (in terms of box office sales and viewship numbers).

Some of his best-known hits:

Some of his best remembered television roles were:

  • Lance et compte (the portion of the series which ran from 1986 to 1989) — one of the most successful television in the history of Montréwood and Canada.
  • Les filles de Caleb (from 1990 to 1991, which is where I first came to truly know him as an actor) — one of the best remembered television series in the history of television in Canada (it was also shown in an English dubbed version).
  • Urgence (1995) — one of most successful French-language television series.
  • The Heritage Minutes (1997).
  • La Femme Nakita (1997-2001). — one of the best remembered television series both in English and French in the country.

Some of his best movie roles were:

  • Jésus de Montréal (1989) — one of the biggest hits in Canadian movie history.
  • Séraphin: Heart of Stone (2002).
  • Les Invasion barbares (2003) — one of the biggest hits in Canadian movie history.
  • Maurice Richard: The Rocket (2005).

Some additional information:

Dupuis has become known as an environmental activist and has publicly spoken about his views to bring attention to various environmental issues.

He also was the narrator for the 2015 documentary Empreinte; a documentary on the historical and anthropological relationships between French colonists and aboriginal populations.

Many Anglophones across Canada also are fans of Dupuis’ work.  His French-language television series La Femme Nakita also was filmed in English and was a pan-Canadian English-language hit (it was not dubbed, but rather was filmed in two versions).   In addition, the TV series Les filles de Caleb was dubbed into English for Anglophone Canadian audiences, and was shown nation-wide.

In my opinion, Roy Dupuis is obviously someone who is very attached to his heritage and causes regarding the well-being of society are dear to his heart.  Considering his Ontario roots and his notoriety in English Canada, he would be a perfect ambassador for causes which can bridge the Two Solitudes.  Hopefully we’ll see some of his future projects lean in this direction.

Another movie: Ceci n’est pas un polar (#246)

This post, like yesterday’s post, also highlights a well-done recent Montréwood film.  You may wish to check it out when it shows in your own part of Canada (Click here for you your local provincial Francophone association, which will be able to help you find showing dates and locations across Canada).

Ceci n’est pas un polar was showing in theatres yesterday.  A Francophone buddy of mine drove into the city yesterday and we went to watch it together.  I was not planning to watch a second movie, two days in a row — but the reviews were too good to turn this one down.

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The word “polar” has two meanings in French.  It means the North & South Poles, or other poles of attraction.  But it also means a “criminal saga” (usually recounted in a book or a film).  Thus the movie’s title could mean “This is not a normal crime story”.  

The movie stars Roy Dupuis and Christine Beaulieu.  Roy Dupuis is one of Montréwood’s most famous actors.  What most people do not realize is that Roy Dupuis is Franco-Ontario.   He was born in Northern Ontario and lived in Ontario into his high-school years before his family moved to Québec.

Click below for the movie trailer

In the movie, a taxi driver falls in love with a customer, but finds himself captivated by too many strange aspects to her life which she does not want to explain to him.  Out of love for her, he embarks on a journey as an amateur private detective to try to figure out why all the small things he is finding out about her are not making sense.  The series of misplaced facts finally make sense at the end of the movie, but it was quite an adventure to get there.

Most Francophones in Québec and across Canada have watched Roy Depuis for more than two decades on television and in the movies.  Even Anglophones across Canada may know him as the leading male role in the long-running television series Nakita.

But his role in this movie was probably one of his best ever (which is exactly what the critics have also been saying).

Check it out if you have the chance.

Below is a behind-the-scenes interview of the making of the movie:

Movie: Les Maîtres du suspense (#245)

I do not tend to watch a ton of movies (in English or in French).  I suppose I’m like most people;  I don’t like to see obscure films which try to convey hidden messages of morals on life using metaphors and cinematic tools to invoke the suppressed character in me.   Puke!   Sorry, that’s just not me.

Rather, like most people, I’m shallow, movies are expensive, and I want an instant fix from the movies I chose to see.  I expect to be wowed, held in suspense (without having to expend too much brain power), or I expect to be keeling over with laughter.  (By the way, if you’re learning French, the informal word for “keeling over with laughter” is “cramper”).

So in this sense, like the vast majority of people out there, I’m just plain picky and my choices are populist.   I chose movies based on how the expensive effects look, or based on raving reviews.

Yet, yesterday I decided to see what was playing in French (with one of Canada’s largest Francophone populations outside of Québec, Toronto is a great city for anything Francophone-related).  A quick search revealed a few French-language movies playing at the cinema this weekend.   Some were made in Québec and others in France.

I looked them up and Les Maîtres du suspense (one of our newest Québec films) was garnering some great reviews.   So an hour later I was out the door, on the subway, and on my way downtown to check it out.

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It was hilarious!  I don’t know how many times the entire theatre burst out laughing.   But it also had a serious side to it — a very well made movie.

It was not released very long ago, so I’m quite curious what the box-office sales will be like over the next few weeks and months (in Canada, we count Canadian-made box-office sales in terms of months).

The movie was actually being shown in Toronto as part of a cross-Canada promotional tour.  The film’s writer, Stéphane Lapointe, surprisingly made an appearance on stage after the film’s showing (I did not expect that at all) — to great applause might I add.

stg.apr.1I would certainly recommend putting this movie on your list of must-sees.  It can often be hit-and-miss with our Francophone (and Anglophone) films in Québec & Canada.  But this one certainly was a hit.

In addition, it featured two very well-known household names as its main actors;  Michel Côté and Antoine Bertrand (Michel Côté has been famous for two to three decades, and Antoine Bertrand is a young actor who has taken the film industry and comedy circuit by storm only over the last three years or so).

I’m not going to spoil the plot, but I will tell you that it was unlike any plot I have every seen before — very creative and captivating!!

Here is the trailer:

See if you can check it out in your part of the country.  If you’re not sure where and when it will be showing in your city, give your local provincial Francophone association a call (click here for a list of contact info in all parts of Canada).

[As an aside, the theatre audience was very interesting.  I expected it to be mostly Franco-Ontariens.  Yet it was not.  It was a packed house, perhaps half Anglophone / half Francophone.   Toronto’s Francophones are a very mixed bag, and it certainly showed last night.  On one side of me were Francophones from Ontario, on the other side were people from Québec.  Acadians and African Francophones were seated in front of me, and behind me were some Anglophones and Francophones from the Maghreb.   And then there was that wacky “Alberta” guy sitting in my seat! 😉  On the 40 minute subway ride back home, the subway was full of the different French accents of those who went to see the movie.  I really should try to make an extra effort to do more French activities in Toronto — it’s such a fascinating mix of people here!]