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200e anniversaire de la bataille de Waterloo : Comment elle a pu façonner à jamais le Québec et le Canada (#290)

Battle of Waterloo

Aujourd’hui est le 200ième anniversaire de la Bataille de Waterloo dans laquelle Napoléon Bonaparte fut défait (18 juin 1815).

Au cours des années qui ont mené à la bataille de 1815, une grande partie de l’Europe était sous contrôle de la force de l’armée de Napoléon.  L’Empire britannique se heurtait depuis longtemps à un blocus qui avait anéanti la libre expansion de ses aspirations.  C’était la politique d’encercler, voire étrangler l’Empire britannique et de la couper de ses ressources.   L’influence de l’Empire paneuropéenne de Napoléon s’étendait si large que même des pays dits neutres se sentaient la pression de couper les vivres à l’Empire Britannique.

Afin de ne pas être suffoquée, l’Empire britannique a fait appel à ses colonies outremer de se mobiliser.  En pratique, cela voulait dire que le Canada lui aussi s’est mobilisé de sa façon.  Il est important de ne pas oublier que ce qui constitue la région du Québec moderne se trouvait, au début des années 1800, au noyau des colonies canadiennes (en termes de taille, de démographie, et de l’industrie).

Au tout début des années 1800, le Canada était un pays d’habitants agraires et de fourrures – dont une grande partie était des canadiens français.  Mais la mobilisation britannique contre Napoléon a fait en sorte que le Canada s’est transformé en pays avec une économie « internationalisée ».

Cette transition s’est fait en raison de l’explosion de l’industrie du bois dans la vallée de l’Outaouais, et de la production du blé à exporter des terres-basses du Saint-Laurent.  Nonobstant les évènements plus récents telle la révolution industrielle, l’économie numérique et l’ère de l’économie globale, cette première « internationalisation » de l’économie canadienne – par voie des industries du bois et du blé exportable – en serait une qui changerait à jamais le cours de l’histoire du Québec et du Canada.

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 (Ci-dessous) La Vallée de l’Outaouis au centre de laquelle se trouve la ville capitale du Canada, Ottawa.

La vallée de l’Outaouais fut une énorme région de pins.  Afin de sauver l’Empire britannique d’une mort à asphyxie économique aux mains de Napoléon Bonaparte, les pins de la Vallée de l’Outaouais furent récoltés et servaient de matériel de base pour la construction des grands navires britanniques.

Au début des années 1800, cette activité de la récolte des pins donnait lieu à la naissance de la ville d’Ottawa (Bytown), jadis une ville à base de l’industrie du bois.  N’eût été l’activité forestière de cette région à grande échelle, le sort d’Ottawa serait questionnable.  L’Est de l’Ontario ne se serait pas développé, et il serait à chacun à deviner ce qui aurait pu être la ville capitale du Canada de nos jours.

Les navires de la grande marine marchande, ainsi que d’autres navires (militaires entre autres), tous à destination à l’Empire britannique, furent construits à la ville de Québec des pins transportés de la Vallée de l’Outaouais.

À cette époque-là, la ville de Québec comptait une population anglophone bien au-delà des pourcentages d’aujourd’hui.  Au cours des années 1800, la population anglophone de Québec atteignait un niveau au-dessus de 40% de la population totale.  Même aujourd’hui, si vous alliez cheminer les anciennes ruelles de Québec, vous trouveriez toujours des plaques en pierre affixées aux vieilles édifices qui datent d’il y a 130 à 200 ans et qui portent les noms des grandes compagnies et noms anglais de l’époque.

Le port de Québec devint la plaque tournante de la construction navale internationale en Amérique du nord – développé par, et à l’usage de l’Empire britannique.  Sans ces chantiers navals, une bonne partie de ce que comprend la vieille ville de Québec, ses remparts, et son quartier portuaire n’existerait pas (Forts du legs laissé par l’effervescence des années 1800, la prochaine fois que vous vous rendez visite à Québec pour le tourisme, vous pouvez remercier, en grande partie, les évènements qui menaient à la bataille de Waterloo pour beaucoup de ce patrimoine culturel).

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 (Ci-dessus) Des édifices typiquement commerciales à Québec, issues de l’ère économique affiliée aux évènements de l’époque la bataille de Waterloo

Parmi les grandes sociétés naquit de la nécessité d’approvisionner l’Empire britannique du bois dans la construction des navires fut le « Price Lumber Company ».  C’est une compagnie qui existe toujours, mais maintenant sous le nom de « Résolu » – une des plus vieilles sociétés régénératives du Canada.   Au départ, la « Price Lumber compagnie » est devenue

  • “Price Brothers and Company”, qui devint plus tard connue sous le nom de
  • “Abitibi-Price”, qui devint plus tard connue sous le nom de
  • “Abitibi-Consolidated”, qui devint plus tard connue sous le nom de
  • “AbitibiBowater”, et qui est aujourd’hui connue sous le nom de
  • “Résolu Produits forestiers”.

Résolu est une société forestière de plusieurs milliards de dollars et une entreprise clé du Canada moderne.  Avec son siège social à Montréal, elle est cotée à la bourse de New York et elle compte des opérations à travers le Canada et les États-Unis.

Outre l’industrialisation massive liée aux nouveaux chantiers navals de l’industrie forestière, on peut constater l’émergence de la bourgeoisie canadienne anglaise.  Au moment des exploits de Napoléon, Montréal fut la seule ville majeure du Canada.   La ville de Québec fut la deuxième ville en importance au Canada (peut-être avec Halifax comme sa rivale la plus proche).  Toronto n’apparaissait même pas sur les écrans radars, et l’Ouest n’existait même pas en forme substantif.

Il était naturel que Montréal soit devenue la plaque tournante pour la nouvelle bourgeoisie canadienne anglaise.  Les francophones, pour la plupart, ne vivaient pas à Montréal.  Ils vivaient plutôt dans les petits centres dans les régions rurales.  Désormais, Montréal est devenue une ville « anglaise » de l’époque.

La part du lion de l’ancienne architecture et l’ancien caractère que l’on voit aujourd’hui à Montréal est issu du financement de l’époque des nouvelles industries « internationales » du Canada.   Les nouvelles industries forestières et les nouveaux chantiers ont fait que Montréal est devenue le centre des banques, des usines, du commerce intérieur, la source des routes de transport – et, d’autant plus important, le point d’émergence des grandes familles Anglo-Saxonnes (dont les noms circulent encore dans le monde des affaires montréalaises).  Ce fut l’établissement d’une base solide d’une nouvelle économie sur les territoires qu’occupent aujourd’hui le Québec et le Canada.

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(Ci-dessus) Des édifices typiquement commerciales à Montréal, issues de l’ère économique affiliéé aux évènements de l’époque la bataille de Waterloo

Ce deuxième front économique sur sol canadien servait à supporter l’Empire britannique contre l’offensive de Napoléon.   Mais encore plus important pour le Canada, ce nouveau front économique a suscité des effets secondaires qui ont mené à un des changements de société les plus grands et les plus importants dans l’histoire du Canada et de l’Amérique du nord : la nouvelle « identité canadienne britannique ».

Avant 1815, le Canada était essentiellement peuplé de francophones (d’un océan à l’autre).  Même les territoires qu’occupe actuellement l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba étaient principalement francophone jusqu’aux années 1870).  Le pays était également peuplé d’amérindiens, des immigrants loyalistes (qui fuyaient les États-Unis et qui se sont établis dans les Comtés de l’est du Bas-Canada et dans le coin du Comté du Prince-Édouard sur les bords du Lac Ontario) et des colons anglo-saxons dans ce qui sont maintenant les parties les plus à l’est des provinces Atlantiques.  On pourrait se dire qu’avant 1815, sur la surface, le Canada n’avait pas « d’esprit britannique ».

Que nous soyons anglophones ou francophones, aujourd’hui au Canada, nous ne nous considérons pas du tout britannique.  Nous n’estimons même pas porter des spécificités d’esprit britannique (bien sûr, il nous reste certaines « canadianisations » de certaines traditions britanniques d’antan – mais on les considère plutôt des traditions canadiennes d’adoption, affiliées aux racines de l’Angleterre d’antan, mais qui, sur sol canadien, ne s’identifient plus comme des traditions britanniques en soient).

En temps modernes, cela fait qu’il existe un pare-feu mental dans l’esprit des canadiens – un qui sépare les anciennes traditions en sol canadien de la Grande-Bretagne.   Pour les canadiens de nos jours, de se faire appeler « Britannique » est une notion révolue, erronée, bizarre, voire « étranger ».  C’est une notion que l’on associe peut-être à la génération de nos arrière grands-parents anglophones – surtout ceux qui vivaient dans l’est du Canada (et j’ajouterai que celle-ci est souvent un principe difficile à comprendre pour certains nationalistes québécois indépendantistes [mais pas tous]; dû en partie à la barrière linguistique et dû en partie au fait de ne pas avoir voyagé/vécu ailleurs au Canada).

Cependant, la “Britishification” (nouveau mot??) du Canada durant les années qui suivaient la bataille de Waterloo était bel et bien un phénomène bien réel – un qui portait une arme à double tranchant.  Le progrès économique a apporté une migration économique massive, une qui était britannique.  Mais cette migration britannique a donné lieu au contre-mouvement du nationalisme canadien français (duquel on ressent toujours les répercussions à nos jours; le nationalisme Québecois et le mouvement moderne indépendantiste).

Lors de la défaite de Napoléon à la bataille de Waterloo en 1815, des dizaines de milliers de soldats britanniques, ainsi que des centaines de milliers de travailleurs britanniques se voyaient libérés (directement ou indirectement) des efforts de guerre contre Napoléon.  De plus, la marine guerrière britannique s’est vue transformer en marine marchande.

Désormais, durant les décennies après 1815, le Canada a accueilli un afflux massif de colonialistes britannique “nouvellement libéré à la recherche de nouvels horizons et de nouvelles terres” (provenant de l’Écosse, de l’Angleterre, du Pays de Galles, et de l’Irlande).

Pendant la période des 125 ans qui suivaient la bataille de Waterloo, le Canada anglais s’identifiait plus avec la Grande-Bretagne qu’avec une identité canadienne propre.   Cette identité « britannique » perdurerait dans l’esprit du Canada anglais jusqu’à la première partie du 20ième siècle (il ne fallait que d’attendre la période d’après-guerre de la première guerre mondiale avant que cette notion ne change, et qu’une identité canadienne, propre au Canada, se forgait dans l’esprit des gens).

Aujourd’hui vous allez sans doute entendre parler des évènements commémoratifs entourant la défaite de Napoléon à la bataille de Waterloo il y a 200 ans, jour pour jour.  Je vous invite à réfléchir à quel point cette série d’évènements a eu un effet sur le Canada, avant la bataille, tout comme après.

Les industries, l’internationalisation, la trame sociale, les tissus culturels et ethniques, ainsi que les sentiments nationalistes du Québec et du Canada (des deux côtés de la ligne linguistique) ont tous été grandement influencés par les reverberations économiques de l’ère guerrière de Napoléon (bien au-delà des actions ou de l’idéologie de la guerre elle même).

Il suffit de dire que la bataille de Waterloo fut un évènement qui marqua à jamais l’histoire du Québec et du Canada, tout comme l’Europe – mais par les moyens et les façons bien différents qu’en Europe.

Conditioning: From the 1980 referendum until present (#282)

This posts continues where the last one left of.  I’m the previous posts, I spoke at length about the failure of the Estates General, and the beginning of the political fallout which could possibly have been avoided had the Estates General not been sabotaged in the name of politcal agendas.

The fallout has since affected our collective psyche, and our political expectations and preconceptions.  In other words, it has affected our societal conditioning.  But that conditioning too may vary depending on our vantage point.

For the rest of this post to make sense, the previous posts might be worth a read.   I say this because I am presenting events from the point of view of how Canada’s Francophones outside Québec tend to often view Canada’s recent history.  It is a version which is not taught in Québec, and which Anglophones rarely learn about.  It places extra weight on the failure of the the “Estates-General of French Canada” (Les États généraux du Canada français” as being one of the root causes for other constitutional events snowballing over the past 40 years.  It’s a very poignant and powerful version of our recent history, and thus I believe it is beneficial to also view things from this vantage point.

The “Second Night of Long Knives” and the fall-out from it:

Québec voted “no” in the 1980 referendum.  Soon after, Trudeau sought to repatriate the constitution and to enshrine language rights within the constitution.   It was Trudeau’s attempt (after prior attempts, including the 1971 Victoria Charter) to bring about further changes in the wake of (1) the failed Estates-General, (2) of the 1970s nationalist movement in Québec, and (3) the failed 1980 referendum.

Trudeau was faced with an arduous task involving a good deal of sour politics and going back-and-forth between the various premiers and the courts.

In 1981, and after much wrangling, most Premiers were still not on board with Trudeau’s version of the repatriated constitution.  They formed a blockade against it in an alliance which included René Levesque (the then Parti Québécois Premier of Québec).  But on the night of November 4th, 1981, a number of premiers agreed to push through and sign the accord as a majority, while René Levesque was sleeping.

History provides us with different views of what happened.  One version says that the Premiers believed their signatures were not final and the constitution would still be open for discussion (that it was a pro forma signature, rather than a prima facie finalized signature).   Yet another version of history says that Levesque was under the understanding that all the premiers believed a signature would be final.

I am not in a position to make a judgement – because I, and all the rest of us, will never know what was truly going on in everyone’s head.

But regardless, in the eyes of all the premiers, they believed Canada’s public was tired of constant constitutional and linguistic-cultural stalemates.  It had been 14 years following what would have been a watershed moment of progress had the Estates-General succeeded in bringing concrete proposals to the constitutional table with a strong, united Francophone population backing it.

Had the Estates-General succeeded, and considering the population and geographic weight it would have brought to the table (from Francophones from B.C. to Québec to Newfoundland), it could very well have been difficult for Anglophone Canada to refuse constitutional proposals stemming from the Estates-General.  What is more, those constitutional proposals would have likely been much wider, more meaningful, and more profound than anything Trudeau was proposing.

Owing to how the Estates-General collapsed, I cannot help but wonder if some of the Premiers who signed the Constitution without Levesque at the table did so with a sentiment of “What’s good for the goose is good for the gander”.  After all, Québec’s majority delegates at the Estates-General 14 years earlier sabotaged any hope that the Estates General could have led to a constitutional proposition acceptable to all Francophones, and endorsable by all provinces and the Federal government.

Likewise, on November 4, 1981, a majority of Canada’s premiers signed the constitution without René Levesque’s government’s consent.   I suppose it could be considered tit-for-tat.   But again, we will ever know for sure if that is how the premiers viewed it when deciding if it was ethical or not to sign the constitution without René Levesque.

This is why I call the signing of the constitution the Second Night of the Long Knives (and not the First which I reserve for the 1967 failure of the Estates-General).

Regardless, I firmly believe that two wrongs do not make a right.   I am also a strong advocate for the principle of letting bygones be bygones and of having a “reset button” sitting on the desk at all times.

What I find fascinating is that since constitutional repatriation in the early 1980s, the sovereignist movement has touted it as one of the primary reasons for separation from Canada.    The logic is that Québec’s government, under Levesque, never agreed to live in a country with Trudeau’s version of the constitution, and thus Québec should opt out of the country.

As an example, Québec’s Option National party leader, Sol Zanetti continuously and trumps this card to the world…  you can see one of his English-version “broadcasts to the world” here (I, like many others in Quebec and elsewhere around Canada, just shake my head)…

Oh, I think he forgot to mention that someone in Halifax wore a colour he didn’t like… so there’s yet another reason for sovereignty.

Regardless… he’s simply spewing crap (it’s my blog, so I can say that).  His take on things obviously aren’t reflective of reality — and proof is in the polls:  The last time I looked I think the Option Nationale had 0.9% or 1.2% of overall popular support… at any rate, something like that.  Not enough to warrant me wasting my time to look up the exact number.

And one more thing – especially to everyone in Canada who resides outside of Québec, or is Federalist (regardless if you are Anglophone or Francophone):  When he’s talking about “they“, “they” and “they”… He is talking about “you“, “you“, and “you” — which also includes “me” too.   That just shows you the absurdity of what he is preaching.

Are you or your friends, or peers, or family – or even most of your compatriots around you double-crossing, heartless, will cheat-ya kind of bastards?  I’m assuming you’re not.  And, you know what?  Neither am I.

The Two Solitudes exist… but that does not mean everyone is the Wicked Witch of the East, West, North, South, or whatever other place Sol can dream up.  All of our people are actually pretty cool — Francophones and Anglophones alike .

Thus, me thinks that Mr. Zanitti needs to take a chill pill… Especially if he frets over events which might have well happened during the ice age!  I’m mean, really?  Did he actually invoke a battle in the 1700s with cynicism to mark political points?  Seriously?  (Oh, big big sigh — Reset button… push the reset button Mr. Zanetti!).

Some additional remarks regarding conditioning and Mr. Zanetti’s video:  You can see that Mr. Zanetti’s conditioningand the historical context upon which that conditioning is based is very different than mine – and perhaps equally as different from yours.  His conditioning could stem from as diverse a range of factors as those who he has been surrounded by when growing up, the education he received, how he was taught to interpret history, his travels and where he has lived, and all the emotions which arise from these factors.

I am not in any way diminishing the validy of Mr. Zanetti’s emotions.  Everyone has reasons why they harbour their emotions.  But emotions often take the “objectivity” out of a situation.

This video is a prime example of how conditioning can prompt one to take action.  But as you have also seen from the last few posts, there is more than one way to look at an issue (these issues) and how to resolve these issues.

Therefore conditioning can become quite dangerous when it blinds people from existing alternatives and closes ones views to other possibilities, realities, and other people’s experiences.

In a sense, Mr. Zanetti’s video it reminds me of two friends, one Anglophone, one Francophone, who are each living in minority environments.   I used their cases as examples in post #277 as examples of negative conditioning.  In each of their cases, they believed they were being mistreated by the other linguistic group – and thus it tainted their view of other people in those linguistic groups… Whereas in reality I could see that only a few unfortunate, isolated incidents tainted their views of the remaining 98% of all the other good which was going on around them.  Negative conditioning led them to look for the bad along linguistic lines, rather than the good.

Despite Canada having been chugging along and slowing but surely finding its way to improve socio-linguistic inequalities, I find it very interesting how nobody in the sovereignist movement wishes to talk about Québec’s delegates roles in the First Night of the Long Knives in 1969, and how that quite possibly snow-balled into the Second Night of the Long Knives, and events throughout the 1970s, 80s and 90s.

The subject is not even taught in Québec school curriculums, and barely touched upon at university – at least not from this angle (rather, it is taught as a matter of triumph and not betrayal… but triumph over who and what?  Other Francophones and Francophiles elsewhere in Canada, like myself?  Strange – truly, very strange).

I truly don’t talk about these subjects very much with people know.  But I can tell you that the few times I have talked about the Estates General, and how it’s needless collapse affected all events which came afterwards (considering an alternative future could have otherwise played itself out), it has left more than a few of my friends in Québec in a bit of a state of surprise.  It sometimes gets an “OMG” moment of realization, but most of the time just surprised silence (especially when I ask the above questions of those who I know who are soft-sovereignists).

As you can see, this is why I strongly advocate for a “reset” on all of these issues.  When everyone chills, people see that the matters at hand are (1) not insurmountable, and (2) are not so bad (actually, I think they’re pretty good).

Moving on…

The Mulroney intiatives, the 1995 referendum, and the period to the present

By way of the Charlottetown and Meech Lake Accords, Prime Minister Brian Mulroney sought to seek agreement for a re-written version of the constitution acceptable to all the provinces and the people of Canada.  He could not reach agreement, neither by way of provincial quorum nor by a referendum on the matter.

The failure of Mulroney’s efforts brought Canada to the brink of self-destruction (we have since learned that Saskatchewan’s Premier’s office and core cabinet members were even presented with the idea of joining the United States if Québec were to leave following the 1995 referendum… which perhaps would have had a spin-off effect with new countries created across the continent from the ashes of what once would have been Canada.  With such a large land mass as Canada with so many different regions, it truly was uncharted territory).   The failure of Meech and Charlottetown caused support for sovereignty to skyrocket.  The 1995 referendum results were 50.58% no and 49.42% yes.

Since the second referendum of 1995 (largely brought about by Mulroney’s failed attempt to seek consensus on a constitutional modification), support for sovereignty has declined.   Since 1995, it has rarely left the 33-39% range (give or take a couple of percent).

But those in the sovereignist movement took away three major lessons:

  1. Provoking a constitutional crisis can cause pro-sovereignty sentiments to spike,
  2. People are fearful of their economic future and are reluctant to risk that future, and
  3. Immigrant sentiments are key to any referendum outcomes.

Since 1995,

  1. we have seen the Parti Québécois (PQ) try to poke at things here and there to provoke a constitutional crisis (without success… precisely because successive Federal governments have not been willing to poke back after the lessons learned in the early 1990s),
  2. we have seen the PQ try to persuade Québec’s population that a sovereign Québec would be economically more viable as an independent state (hence why the billionaire businessman Pierre Karl Péladeau was chosen as the PQ’s latest leader), and
  3. we have seen the PQ try funny things on the immigration and integration front (hence why we see schizophrenic and finicky actions such as trying to woo immigrants, spend money on immigrants, blame immigrants, and fence-in immigrant issues with mechanisms such as the Charte des valeurs).

Despite all these efforts on the part of the PQ (and the Bloc Québécois, Québec Solidaire and Option Québec), support for sovereignty has rarely left the 32% to 39% spectrum.  There are many factors why this may be the case.  Yes, economic stability for an aging population may be a reason.  Youth who view politics in a more global rather than local sense may be another.

But I also tend to think that another factor is that people have become desensitized to the emotional impact of events of the 1970s, 80, and 90s.  In addition, overall good governance of Canada (relatively speaking when viewed in a global or Western context) as well as massive social changes in Canada since 1995 (not related to Constitutional affairs, but rather to individual sentiments) have played just as much, if not more of a role in a decrease of support for sovereignty.

This is not to say that support for sovereignty in Québec may not once again find its foothold.  I am watching with great interest what will come of the latest chapter involving the PQ’s new leader, Pierre Karl Péladeau.   Is he the ideology’s new magic ticket?  Or will he turn out to be the one carrying the shovel which will bury the issue even deeper into the ground? (perhaps once and for all).

But back to the national front

When all is said and done, the last 20 years have proven that we do not need constant constitutional amendments as a prerequisite for constant societal evolution in Canada.  That’s not to say the matter will be closed indefinitely.  It’s just to say that so far the past 25 years have demonstrsted that reopening the constitution is not of prime importance for the country to continue to evolve in the right direction.

When interpreting the constitution, the courts have shown that they are apt to interpret it in new, modern, and dynamic ways… turning a static document into a living one.    And for the most part, our societal evolution since 1995 (both for Francophone and Anglophone societies) have moved along in the same direction; not in opposite directions.   They are becoming more and more similar as time moves forward.   

In a twist of irony, despite there having been no constitutional amendments since its repatriation, Francophone and Anglophone societies in Canada have become more and more similar in the past 20 years than during any other time in our shared history.  (That may ultimately be the real killer of the sovereignty movement).

I’m of the belief that this has diminished the risks of a constitutional crisis.   That is not to say that some day there may not be another one.  But if the Federal government keeps its nose clean, and if the PQ’s attempts to provoke a constitution crisis can be tactfully brushed off, then things should go well and society should continue to positively evolve (socially, culturally, and socio-linguistically).

That does not mean that Anglophone Canada should cease being proactive.   On the contrary, evidence to date shows that many aspects of Anglophone society continue to be proactive (the subject of numerous past posts).  But people on both sides of the linguistic divide need to remain empathetic to each other, and share in each other’s culture to enrich our overall Canadian experience and nationhood.  After all, we continue to evolve as a country.

It is this type of societal conditioning for which I advocate.

I am not a fan of the type of conditioning from certain aspects of Québec’s ultra-nationalist factions.  There are segments of Québec’s the political, media, and education world which continue to erect walls between Québec and the rest of Canada.  This in turn prevents cross-linguistic empathy and learning.   But these segments are becoming more isolated with time.

Likewise, I am not a fan of the conditioning from certain aspects of Anglophone Canada which are ignorant to many issues pertaining to Francophone Canada, not only in Québec, but also coast to coast.   We often see such ignorance on issues in certain aspects of Anglophone Canada’s own political class, media and education systems.  Again, I believe that these segments too will become more isolated with time.

That, in a nutshell, sums up Canada’s recent history with respect to the Two Solitudes.  And it lays the foundation for aspects of Canada’s modern socio-linguistic conditioning with respect to why the Two Solitudes have been maintained during the past 45 years (at least from my point of view).

The next post will put into context the last few posts, and open the way for us to look at little things which reinfoce conditioning of the Two Solitudes; on a more localized, daily basis.

It makes for an interesting discussion.   See you soon!


SERIES:  HOW THE PRESENTATION OF EVENTS IN MODERN HISTORY WHICH HAVE CONDITIONED US ALL REGARDING HOW WE VIEW OUR PLACE IN CANADA (13 POSTS)

Les préjugés à l’égard de l’Alberta : Le monde de la politique provinciale actuelle et l’industrie pétrolière – 6 sur 6 (#254)

(Au moment de l’écriture de ce billet, le NPD n’était pas encore au pouvoir en Alberta.  Le fait que le NPD a pu gagner l’élection albertaine avec une victoire majoritaire écrasante ne fait que confirmer et qu’accentuer les indices et tendances dont j’ai parlé dans cette série de six billets.  Et oui, le choix d’orange pour cette préambule n’est pas un hasard 😉 ). 

Ce billet vous donnera un aperçu de la situation politique actuelle en Alberta, et les enjeux et les attitudes qui ont trait à l’industrie pétrolière.

Il s’agit du dernier billet dans une série de six que je rédige en français, cette fois pour une audience francophone, et ce, principalement à destination aux lecteurs québécois.

Cette série parle de plusieurs sujets qui font que l’Alberta se fait souvent pointé le doigt dans de nombreux milieux au Québec, et ce, sur plusieurs fronts (sur le préjugé de la question de la “réligiosité” de la province, les présomptions à l’égard de ses positions politiques tant au niveau fédéral que provincial, le point de vue albertain face aux questions environnementales, et les pensées et actions des Albertains envers certains sujets sociaux).

C’est mon espoir que cette série de six billets pourrait vous donner un autre aperçu de ce qui est l’Alberta, et qu’il sert à démystifier plusieurs préjugés qu’un bon nombre de québécois porte à l’égard de l’Alberta.

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La première partie ci-dessous (sur Jim Prentice et les enjeux actuels) et une continuation du dernier billet.

L’Arrivée en scène de Jim Prentice – et les enjeux actuels

Le parti Progressiste-Conservateur de l’Alberta (PCA) a fait venir Jim Prentice, un ancien ministre Conservateur fédéral sous Stephen Harper. Il était un Conservateur fédéral modéré, et bien plus aligné avec l’aile progressiste des Progressistes-Conservateurs provinciaux, tout comme Allison Redford.

Comme Allison Redford, Jim Prentice était bilingue – En fait, il est parfaitement bilingue.  Il comprend très bien les enjeux linguistiques du Canada, du Québec, et des francophones hors Québec, y compris les Franco-Albertains.

Durant les quelques mois qui suivaient son entrée en fonction le 6 septembre, 2014, tout allait bien pour lui, malgré la chute des prix du pétrole (qui ont chuté en même temps que son arrivée en scène).

La chute inattendue des prix a mis une pression énorme sur les finances du gouvernement provinciale.  Il n’est pas exagéré de dire que la chute des prix avait créé un certain chaos pour le Trésor de l’Alberta.   Mais Prentice a pu garder un discours lucide comme l’homme de l’action face à ces nouveaux défis.

L’Alberta se rappelait toujours de l’ère des mesures financières drastiques de l’époque Klein aux années 1990s.  Et une grande partie de la province étaient quand-même prête à revivre cette époque – malgré tout Ralph Klein a pu redresser les finances.  Il a littéralement sauvé la province de la faillite face aux défis extrêmes.   J’ai le sentiment que l’Alberta, 20 ans plus tard, dans son ensemble, est toujours reconnaissante envers les actions de Klein (la population semble toujours assez déçue, voire amere, que tous ses efforts du conservatisme fiscal, et les efforts de Klein dans les années 1990, ont été jeté à la poubelle durant les ères Stelmach et Redford.  C’est vu comme un gaspiallage et une perte qui auraient pu être évitée).

Et j’ai l’impression que ce conservatisme fiscal, que l’on n’attendait pas moins de Jim Prentice — qu’il monterait à la hauteur des circonstances, tout comme Ralph Klein.  Du moins, c’était ça l’attente de l’électorat lors de son entrée en scène.

Prentice avait la confiance de l’électorat, au point même que la chef de l’opposition officiel du Wildrose, Danielle Smith, a fait défection surprise aux PCA en Décembre 2014 !! (Imaginez si François Legault du CAQ faisait défection aux Libéraux !  La réaction était la même en Alberta au sujet de la défection de Danielle Smith.)

En avril 2015, Prentice a introduit un budget provincial avec son plan d’action.  Mais aussitôt après, il a déclenché des élections anticipées pour le 5 mai, 2015 (la date de rédaction de ce billet est du 30 avril 2015).

Mais à sa grande surprise, avec l’introduction du budget qui n’a pas du tout plu à la population albertaine, « l’homme de l’action » (comme il était vu dans les yeux des Albertains) est soudainement devenu « l’homme de la médiocrité ».

Je vous explique…

Le jour de son budget, Prentice a immédiatement perdu une grande partie du soutient de la part de l’électorat.  En une soirée, il est donc passé de l’homme de l’action à l’homme à celui qui a perdu tout contact avec le citoyen.   Les sondages aux cours des prochains jours démontraient que la population Albertaine s’était divisée en trois camps (les PCA, les Néo-Démocrates, et le Wildrose).

Pour la première fois depuis l’ère de Getty au tout début des années 1990, il y avait des indices que les PCA pourraient perdre le pouvoir.

Je crois que Prentice a fait trois erreurs :

  • Puisqu’il a déclenché des élections anticipées (plutôt que d’attendre la date légalement prescrite à la fin 2016), on le percevait comme quelqu’un prêt à capitaliser sur son propre budget plutôt que de mettre l’accent sur le bien-être de la province. C’était justement ce genre d’action que l’électorat avait rejeté lorsqu’il a forcé le parti de mettre Allison Redford à la porte.
  • Son budget comptait un déficit considérable – 5,3 $ milliards de dollars (l’équivalent de 11 $ milliards au Québec si on fait ajustement pour rendre compte de la population). Il avait quand-même un plan pour réduire le déficit lentement à zéro au cours de quatre à cinq prochains années.  Mais une grande partie de la population s’attendait qu’il y ait plus d’action, plus vite.  On voyait là-dedans un budget libéral “mou” de l’Ontario plutôt qu’un budget d’action, un qui devrait être “typiquement” albertain.  Alors, on se questionnait pourquoi ne pas voter pour les Libéraux ? Ou même un autre parti ? (Car le NPD albertain affichait plus de substance qui allait de pair avec un terrain dit traditionnellement “libéral” — et sa chef était perçue comme étant bien plus “charismatique” et “branché” au citoyen lambda que le chef des Libéraux provinciaux).  La partie de la population conservatrice (sur le l’échelle fiscale), qui supportait quand-même les Progressistes-Conservateurs, n’était pas du tout contente, et commençait montrer des signes qu’elle était prête pour le “grand sault” (à deviner ce que cela veut dire… C’est à dire un “virage” non-testé et sans précédent??).
  • Il y avait quand-même une autre partie de la population qui est devenue fatiguée du parti PCA. Ils le voyaient usé et révolu.   Il ne faut pas oublier que la population de l’Alberta a bondi de 63% depuis 1996, et la part du lion de cette croissance est venue des autres provinces.  Ces nouveaux arrivants étaient habitués à la notion de se voir donner un autre gouvernement, et beaucoup d’entre eux ont déjà vécu sous d’autres partis provinciaux dans l’Atlantique, au Québec et en Ontario (tels le NPD ou les Libéraux).   Soient ils n’avaient pas peur de voter pour un autre parti, soient ils n’étaient pas habitués à la notion “albertaine” de se patienter pour laisser le temps aux PCA pour se réinventer et pour se radapter aux nouvelles réalités.

Alors, en ce jour du 30 avril, 2015, les sondages indiquent deux tendances différentes pour l’élection du 5 mai 2015 :

  1. Soit une course à trois : 30% PCA, 30% NPD, 30% Wildrose (car le Wildrose s’est assoupli sur les questions sociales, pour s’aligner bien plus avec les PCA).
  2. Soit le NPD mène dans les intentions de vote avec 42%

Personne ne sait ce qui va arriver.

Pas mal de chroniqueurs soupçonnent que la part du lion de l’électorat aura la frousse lors du moment du scrutin, et qu’ils n’opteront pas pour changement – mais moi, je ne suis pas certain.

Personnellement, je suis apte à penser que beaucoup de monde va voter NPD pour envoyer un message très fort et très clair, mais sans penser qu’ils vont mener.  Probablement ces mêmes personnes le feront en pensant que leurs voisins vont continuer à voter PCA.  Le hic... Que passera-t-il si tout le monde est mécontent et ils font tous la même chose (toujours croyant que leur voisin va voter pour l’ancienne garde)?  Mes amis, c’est ça ce qu’on appelle un “virage surprise”!

Mais, ces mêmes chroniqueurs misent sur le fait qu’une bonne partie de la population est prête à donner encore une autre chance aux PCA, sous condition qu’ils continuent de se réinventer et de s’adapter aux attentes de la population.

D’autres experts croient qu’après 45 ans, l’heure de la fin a désormais sonné pour les Progressistes-Conservateurs à la barre en Alberta.

Et moi, je n’ai aucune idée ce qui va arriver avec certitude.  Je ne suis plus en Alberta, alors je n’y ai pas le droit de vote.  Pourtant, je parle assez souvent à des amis.  Franchement parlant, ils ne savent pas pour qui voter.   Ils tiennent l’espoir qu’un vote pour le PCA les inciterait à changer (comme dans le passé).  Mais ils hésitent de donner leur vote au PCA vu les troubles depuis 2008 (ceux qui est intéressant, parmi ces mêmes amis Albertains, certains ont voté Conservateur, d’autres Libéraux, et un NPD lors des élections fédérales… alors il démontre jusqu’à quel point personne ne sait quoi faire en Alberta — et les sondages virent dans tous les sens).

De mon côté, je vais passer la soirée de l’élection devant le petit écran comme 4.4 million de mes compatriotes en Alberta.   Tout comme le reste de l’Alberta, j’ai hâte de voir ce qui va se passer.   Le suspense est à son comble.

La question à 1,000,000,000,000 $ — le pétrole et l’environnement

Il existe encore un autre enjeu dans cette élection que je n’ai pas mentionné – celui de l’industrie pétrolière et de l’environnement.  Ceci, c’est un point de discussion que les médias québécois adorent aborder lorsqu’ils parlent de Alberta ou des Conservateurs à Ottawa (ou même du fédéralisme).

L’Alberta et les Albertains voient les choses d’un œil un peu différent du Québec (et même d’un œil un peu différent d’Ottawa).   Ils sont dans le feu de l’action, pour ainsi dire, et leur perspective vaut d’être entendue.  C’est d’autant plus important car les médias Québécois, et mêmes des politiciens (tels les Bernard Drainville et Mario Beaulieu), des activistes (tels les Gabriel Nadeau-Dubois), et beaucoup d’artistes (tel les Dany Turcotte du monde) font le point de faire la morale à l’Alberta sans même être au courant de la discussion et des initiatives environnementales à l’intérieur de l’Alberta même.

Personne en Alberta ne niera que les sables bitumineux sont des sources de pollution qui produisent des émissions à gaz de serre, parmi d’autres polluants, à un niveau bien au-dessus des niveaux socialement acceptables.   Le Québec et l’Alberta (et leurs populations respectives) peuvent s’entendre là-dessus, tous les deux.  Ils peuvent également s’entendre sur le fait qu’il faut réduire les émissions aux normes internationales, sinon encore plus bas.

Les médias en Alberta en parlent.  Le problème relève du fait que les Québécois n’entendent jamais ces discussions entre Albertains eux-mêmes.

Si vous êtes au Québec, et si vous êtes en train de lire ce billet, pourriez-vous me dire les noms des deux émissions radiophoniques les plus populaires à Edmonton et à Calgary qui discutent de ses sujets presque sur une base quotidienne ?  Et les émissions de télévision à Edmonton ou à Calgary qui discutent souvent les sables bitumineux et ses problématiques ?  Savez-vous les noms de ces émissions et de leurs animateurs ?  Et que dire des chroniqueurs albertains et leurs points du vue dans les journaux tels l’Edmonton Journal ou le Calgary Herald ?

Si vos réponses à toutes ces questions est « non », cela veut dire que vous aussi, vous faites partie intégrante du phénomène des deux solitudes.  Les points de vue des Albertains méritent d’être entendus avant d’être jugés (ce qui n’est souvent pas le cas dans les médias québécois).

Lorsque le Québec débat les questions environnementales au sujet des sables bitumineux, les débats tirent des flêches assez souvent, pour ne pas dire toujours, vers d’Ottawa et les Conservateurs fédéraux.   Pourtant, les grandes questions environnementales dans ce dossier relèvent au gouvernement de l’Alberta, et non pas d’Ottawa.   Tout comme le Québec, l’Alberta a son propre ministère de l’environnement, l’équivalence du fameux BAPE, ses propres lois, règlements, politiques, initiatives, et sa propre division d’exécution de la loi en matières d’environnement.  Et généralement, les standards albertains vont plus au moins de pair avec (ou sont plus stricts que) les standards québécois (l’avantage d’être dans une fédération est que les provinces se parlent régulièrement entre elles au niveau des fonctionnaires, pour s’assurer que leur standards demeurent plus au moins égaux — que ce soit au niveau de l’environnement, de la santé, de l’agriculture, et d’autres secteurs).

Alors, à la base, c’est ça le fédéralisme.  Les questions environnementales, sur toute une panoplie de sujets, relèvent au niveau des provinces.

Lorsque les Albertains parlent des enjeux environnementaux des sables bitumineux, leurs pensées tournent premièrement vers Edmonton, et non pas vers Ottawa (tout comme les pensées des québécois tournent vers Québec – et non pas vers Ottawa quant aux sujets environnementaux reliées à l’extraction des ressources, le Plan nord, l’industrie hydroélectrique, l’industrie éolienne en Gaspésie, etc.)

Mais ce que je trouve déplorable, c’est le fait que les médias québécois, y compris tout un tas d’activistes dites « éduqués », varlopent sans cesse l’Alberta sans jamais prononcer un seul mot sur les initiatives environnementales entamées par le gouvernement de l’Alberta lui-même.  Ce sont des initiatives exigées par le peuple de l’Alberta (car les sables bitumineux sont dans leur propre arrière-cours malgré tout, et non pas dans celui des québécois).

Ces médias et certaines personnalités préfèrent marquer des buts en faisant de l’Ottawa-bashing – tandis que les seuls rôles majeurs que jouent Ottawa là-dedans sont sur le front des ententes internationales et les matières transfrontalières (tel le consentement aux oléoducs).    Mais les affaires importantes sur beaucoup de questions environnementales relèvent plutôt à Edmonton, et non pas à Ottawa.

Et que fait Edmonton?  …   Hmmmm… Pas sur ?? …  Pas de réponse???  … …  Vous voyez, c’est le silence total dans les médias québécois.  Ils n’informent pas les québécois sur les réalités de ce qui se passe à Edmonton.   Ceci a pour effet que les Québécois sont dépourvus de l’occasion de former leurs idées basées sur les faits.   Bienvenue à une partie du casse-tête des deux solitudes, mais cette fois une partie à laquelle le Québec contribue.

Sur cette question du silence médiatique québécois, je ne sais toujours pas s’il s’agit d’une naïveté triste, mais pourtant innocente (car souvent c’est le cas), ou s’il fait partie d’une volonté expresse de faire de l’Ottawa-Bashing et de la diabolisation à l’égard de l’Alberta afin de marquer des buts sur la question nationaliste (de la part du PQ et BQ bien sûr, mais aussi de la part de certains camps médiatiques.  À cette question, moi, je demeure toujours bafoué).    Peu importe, les Albertains sont devenus les victimes, malgré leurs propres efforts de bonne foi pour régler les questions environnementales.

Et quels sont les efforts de l’Alberta pour régler ces questions environnementales ?  Malgré tout, ce sont des efforts exigés de la part de la population albertaine.  Il me prendrait tout un livre pour expliquer tous les efforts sur le front environnemental.   Mais brièvement, je pourrais vous en parler un peu (vous laissant la tâche de faire l’essentiel des recherches additionnelles vous-mêmes).

L’Alberta a lancé les premières “fondations” d’un marché charbon au Canada, et c’est maintenant le Québec qui essaie d’emboîter le pas de l’Alberta (les médias au Québec chantent les louanges des efforts du Québec pour lancer ce marché afin de “contrer” les méchants Albertains, sans jamais prononcer un seul mot à l’égard du même marché déjà en place en Alberta et de ses succès).

Ce n’est pas exactement un marché charbon international ou d’interjuridiction dans le sens plein et entier – mais il existe des pénalités pour les compagnies qui dépassent un certain seuil d’émissions (surtout si elles n’auraient pas coopérer avecavec des compagnies moins polluantes au préalable pour échanger des crédits).

La plupart des émissions de gaz à serre provenant des sables bitumineux sont reliées à l’extraction-même du pétrole. C’est justement en raison de la nature du processsus employé lors du forage que les activistes surnomment les sables bitumineux le pétrole « salle ».   Bref, pour extraire le pétrole des sables dans lesquels il se trouve, il faut ajouter de la vapeur à haute température pour faire couler le pétrole pour qu’il se détache des sables.  Pour chauffer l’eau afin de produire de la vapeur, il faut une grande quantité d’énergie.  Alors, on s’en sert du gaz naturel pour produire de l’électricité afin de chauffer l’eau.  C’est une contradiction flagrante – celle de bruler un combustible fossile pour en produire un autre.

Croyez-vous sérieusement que les Albertains sont heureux de voir une telle méthode de production dans leur propre cour?  Bien sûr que non!  Et on en parle à haute-voix en Alberta (mais ces discussions ne sont jamais entendues au Québec).

Alors, que fait-on pour régler cette situation en Alberta?   Il existe quelques options, et on poursuit activement plusieurs chemins :

  • On est en train d’accroître l’efficacité technologique de l’extraction afin de réduire d’une façon significative l’usage du gaz naturelle dans l’extraction (il y a déjà beaucoup de progrès sur ce front).  Le gouvernement de l’Alberta investit des sommes astronomiques à cette cause (il y a plusieurs laboratoires de recherche énormes pour faire face à cette polémique).
  • On poursuit le marché du charbon. L’Alberta pénalise financièrement les compagnies de pétrole s’ils ne réduisent pas leurs empreintes polluantes.  Vu leurs marges assez minces, et surtout depuis la chute des prix du pétrole, les compagnies pétrolières se démènent pour réduire la pollution, faute de quoi le prix à payer serait trop coûteux pour eux.

Alberta et ses voisins (la Colombie-Britannique et la Saskatchewan) collaborent et cherchent ardemment des alternatives et d’autres solutions (encore, l’avantage de la fédération).

  • Du côté de la Saskatchewan, on a investi énormément dans les technologies de captage du gaz carbonique, au point où la Saskatchewan est maintenant considéré le leader mondial dans le domaine. Ils sont sur le point de lancer le tout premier programme du stockage du charbon à grande échelle au monde.  À l’heure actuelle, les sites sont en construction dans le nord-ouest de la Saskatchewan (proche aux sables bitumineux en Alberta).  Et le captage et stockage pourront réduire de manière importante la component « salle » dans l’expression « pétrole salle ».
  • Du côté de la Colombie-Britannique, les efforts et effets sont encore plus grands – des démarches qui pourraient changer la donne à jamais.  Tout comme le Québec, la Colombie-Britannique regorge d’une potentielle hydroélectrique énorme.

La Colombie-Britannique va construire le plus grand projet de barrage hydro-électrique dans l’histoire de l’Amérique du nord (plus grand que tout barrage qui existe déjà au Québec, ailleurs au Canada, ou aux É-U).  Les études environnementales sont finies et la construction du barrage a reçu le feu vert.   Il sera situé dans la région de Rivière-la-Paix dans le nord-est de la Colombie-Britannique — 500kms directement à l’ouest des sables bitumineux (une distance plus courte que celle qui sépare Montréal du projet Baie James).

Ce barrage a le potentiel de fournir assez d’électricité pour alimenter le processus du traitement des sables bitumineux pour remplacer le gaz naturel, et de rendre tout le processus moins polluant que le pétrole conventionnel (celui dont vous servez actuellement pour faire fonctionner votre voiture).

Le projet du barrage s’appelle le « Site C Clean Energy Project ».  Le projet va probablement battre plusieurs records du monde.   Le barrage principal coûtera lui-même 10 $ milliards (ce qui sera un des projets d’infrastructure les plus grandiose dans l’histoire de la planète).   C’est une nouvelle gigantesque – et je ne comprends pas du tout pourquoi on n’en parle pas dans les médias au Québec.   Le silence me laisse bouche bée.

Mais cette nouvelle est très pertinente pour le Québec, car le Québec lui aussi est un moteur économique dans le domaine hydroélectrique.   Les possibilités sont sans fin si BC-Hydro (en Colombie-Britannique) et Hydro-Québec travaillent ensemble sur ce dossier.   En raison de la distance qui les sépare, ces deux compagnies ne se feront pas concurrence l’une avec l’autre – alors c’est la chance en or pour forger des alliances afin de travailler ensemble pour faire des choses extraordinaires sur la grande scène internationale.

Mais hélas, encore, c’est l’omerta totale dans les médias du Québec.

Côté pipelines : Les Albertains exigent que tout transport du pétrole se fasse selon les normes les plus exigeantes au monde.  Ils ne veulent pas de dégâts dans leur arrière-cour.  Si jamais il y aurait un dégât environnemental, les chances seraient plus fortes qu’il aura lieu en sol albertain que tout autre place.   Le gouvernement impose alors des restrictions et des normes de plus en plus sévères aux compagnies des pipelines.  Les oléoducs sont en train d’être modernisés, et ils seront les plus modernes au monde, employant la technologie à la fine pointe.

Dernièrement, les Albertains connaissent très bien les enjeux, car ils vivent avec ces enjeux.   Ils sont conscients de l’environnement.  Mais on ne peut pas fermer le robinet sur le coup (tout comme on ne peut pas claquer les portes d’un coup sur l’industrie forestière, l’industrie de la pêche, l’industrie minière avec ses propres problématiques environnementaux tels les bassins de décantation, etc.).

Les Albertains cherchent activement des moyens pour trouver des solutions et une balance – et de les implanter le plus vite possible (comme on a déjà fait d’ailleurs au cours des dernières années).  C’est compliqué (tout comme n’importe quelle industrie reliée à l’extraction et le rendement de nos ressources).  Les Albertains, comme beaucoup de Québécois, veulent tirer profit, et veulent en même temps protéger l’environnement (ce qui fait que les albertains sont statistiquement parmi les plus retranchés au Canada dans leur désir de développer les technologies environnementales les plus avancées au monde).

Au Québec on cite souvent la Scandinavie comme l’exemple économique idéal à suivre.  Pourtant la Finlande est en train de subir la plus grande crise économique de leur histoire récente (avec un taux de chômage qui est 4% plus élevé qu’au Québec), les grandes industries suédoises quittent le navire à précipitation et fuient le pays, et les danois n’arrivent plus à se rejoindre les deux bouts.  Seule l’économie Norvégienne se comporte bien (du moins, aux standards auxquels on s’attend au Canada).

Le Norvège au moins a su gérer ses retombés pétrolières, du moins mieux que l’Alberta ou le Canada (dont le Québec a mot à dire comme un des “gestionnaires” institutionnels du pays – malgré tout, les ressources en Alberta, et le redevances qui en découlent appartiennent au Québécois eux aussi).

De plus, les Norvégiens n’ont jamais eu d’accident pétrolier grave – et ce malgré les forages norvégiens à grande échelle dans un environnement bien plus sensible et dangereux que les lieux de forage en Alberta (Avez-vous jamais vu les fjords fabuleux du Norvège?  Ils sont spectaculaires, et dix fois plus sensibles que le bassin de notre cher St-Laurent).    Les fjords norvégiens regorgent de baleines et d’une flore et faune magnifique ! – Et le tout se trouve à deux pas des plateformes pétrolières norvégiennes.   C’est peut-être là l’exemple qu’il faut suivre, celui de la Norvège – avec l’emphase absolue axée sur une amélioration persistante et accrue des technologies qui résolvent les problématiques de pollution de l’industrie pétrolière (du moins jusqu’à ce que nos voitures ne deviennent électriques ou roulent à l’eau, que les plastiques ne soient plus nécessaires, et que la fission nucléaire à base de sel et sans hasard radioactif ne deviennent la réalité du jour).

Si le Norvège peut y arriver avec finesse (un pays avec seulement 1/6 de la population du Canada et une économie bien moins diversifiée et polyvalente que la nôtre), bien sûr le Canada en serait capable lui aussi.   Mais pour ce faire, il faut le soutien du pays entier.

L’Alberta fait des efforts énormes, en dépit des actions assez timides des Conservateurs fédéraux — car n’oubliez pas que les compétences environnementales pour la plupart relève aux provinces.  Si nos efforts conjoints (dans toutes les provinces) étaient mieux canalisés dans la quête de l’élimination des émissions qui proviennent du pétrole (pour rendre l’usage du pétrole propre, point à la ligne), on ferait des avancements bien au-delà de nos espérances.  Et l’Alberta n’aurait plus besoin d’assumer l’entière responsabilité dans sa quête à ces fins.

Moi, en tant qu’Albertain, j’aimerais bien que le monde se débarrasse du pétrole, ou que le pétrole devienne une source d’énergie peu polluante.  Mais c’est la logique qui me dicte que c’est la deuxième option qui en serait la plus facile d’atteindre (que le pétrole deviennent peu polluant).   Mais bien sûr, un jour on va se débarrasser du pétrole – mais on ne le verra pas de notre génération.  Alors continuons dans la bonne direction pour réduire l’aspect polluant pendant que l’industrie évolue au cours des prochaines générations.

Et grosso-modo, c’est ça ce que pense aussi les Albertains sur le plan environnemental.

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Quelques mots pour clôturer cette série sur l’Alberta

À la base, j’espère que cette série vous a présenté un point de vue sur l’Alberta que vous n’auriez pas vu auparavant.  Les Albertains ne sont pas extrémistes de la droite.  Ils ne sont pas des fanatiques religieuses.  Ils ne sont pas des gens qui sont insouciants sur les questions environnementales.

Ils ne sont que des gens comme vous et moi… des gens bien ordinaires avec les mêmes préoccupations quotidiennes.

En terminant, il faut voyager.  Voir, c’est savoir!   Mais je réalise que ce n’est pas tout le monde qui a ce luxe.  Alors le mieux que je peux espérer c’est que mon récit vous aurait éclairé certains préjugés à l’égard de l’Alberta et les Albertains.

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ADDENDUM #1 – 2015-05-06:

Le NDP vient de gagner une majorité provinciale écrasante en Alberta, au point où on parle de la fin des Progressistes-conservateurs et les Libéraux provinciaux en Alberta.

All I can say is WOW!  Times are going to become interesting.   I was on the phone to a good number of friends in Alberta during election night.  Everyone is waiting with positive impatience to see how an “Alberta NDP” not only changes what Albertans have wanted for quite a while, but how it will also change the NDP outlooks and policies elsewhere in Canada (it’s a pro-oil NDP after-all, but with more of an environmental and interventionist twist), and how it will change Canada.

The story is only just starting.

ADDENDUM #2 – 2015-05-06

Lorsque je compare les mesures d’austerité en Alberta de l’ère Klein durant les années de ma jeunesse des années 90s, et les coupeurs au Québec maintenant, c’est jour et nuit (l’ère Klein était la vraie période d’austerité)..

Les Albertains étaient en crisse que tous leurs efforts, luttes et sacrifices des années 1990s sont allés drette à la poubelle durant l’ère Stelmach, Redford, et ne se redressait même pas sous les PC de Jim Prentice (qui vient d’être évincé).

L’électorat donnait la chance à trois nouveaux chefs des PCA qui n’ont pas pu relever le défi (pourtant, il faut dire que l’électorat étaient plutôt content des positions « sociales » des PC – car l’écart entre les PC albertains, les Libéraux et le NPD ne sont pas aussi grand que prétendent beaucoup de Québécois).

Arrive ensuite un nouveau visage, celui de Rachel Notley du NDP albertain, qui avait les mêmes sentiments sociaux de la majorité des Albertains, mais qui disait qu’elle prendrait plus d’action, plus vite, côté des finances (le prix du pétrole a franchi la barre des 60$ et a rebondi début mai 2015, tout juste avant l’élection… ce qui fait que les sables bitumineux sont de nouveau rentables pour la première fois depuis novembre 2014).

L’autre chose qu’il faut se rappeler… une grande partie (peut-être la part du lion) des emplois dans le secteur pétrolier sont des emplois syndiqués.  (J’essaie trouver les chiffres précis, mais c’est difficile à trouver.  Peu importe, il se peut que les syndicats récoltent plus d’argent des travailleurs reliés au pétrole que tout l’argent que récoltent les syndicats de tous les employés syndicalisé au Québec dans leur ensemble).

Notley a fait promesse de redresser les finances, et de « ralentir le pas » de la croissance économique surchauffée de la passée, car le tout allait trop vite, trop loin (au point où le monde avait de la misère à se rejoindre les deux bouts en Alberta en raison d’un taux d’inflation provinciale astronomique… même les nouvelles voitures en Alberta coûtent 6000$ de plus qu’en Saskatchewan).

Et quelle est son arme principale afin de “ralentir le pas”, mais pour “conserver les emplois syndicalisés” ?  Renforcer les mesures de la protection de l’environnement, nationalisé (ou du moins investir) la production de l’essence en Alberta plutôt que d’envoyer le pétrole brut ailleurs, et chercher plus de redevances pétrolières.

L’électorat semblait aimer ce qu’elle disait, et l’Alberta voulait lui donner une chance – surtout puisqu’elle a dit qu’elle n’est pas « anti-pétrole », mais pourtant « pro-bonne gestion du pétrole » + “pro-environnement” (côté financier, côté du fond souverain au modèle Norvègien, et au profit de tous en AB et au Canada).

L’Alberta a finalement dit qu’ils allaient faire le saut pour voir ce qui pourrait arriver.

Du moins, c’est ça ce que je ressens de la personne de la rue en Alberta, et ce que me raconte tout le monde que je connais en Alberta.

Mais, la question à mille dollars… Le NDP Albertain est un NDP « de » l’Alberta (pas d’Ottawa). C’est un parti qui n’est pas hostile à l’industrie pétrolière (le NPD albertain est né au coeur de la terre du pétrole), et c’est un parti soucieux de l’environnement.   C’est également un NDP né d’une terre reconnue d’être conservateur petit « c » du côté de la gestion des finances (et Notley dit vouloir respecter cet aspect – du moins c’était sa promesse envers l’électorat afin d’être élu, et l’Alberta semble l’avoir cru).

Alors, la question se pose comment le NPD albertain va influencer le NPD d’Ottawa et les points de vue des syndicats de l’est du Canada, et non pas l’inverse?   Je soupçonne que Mulcair est en train de songer à pas mal de choses, et comment il doit maintenant s’ajuster sur tout un tas de sujets « clés » au cours des mois à venir.  Quant aux syndicats de l’Ontario et du Québec, je ne suis pas certain qu’ils se sont encore rendus compte aux nouvelles réalités dans leurs propres rangs – et les faits qu’ils n’ont jamais constaté auparavent.

C’est pas mal intéressant ! (et ça, je le dis avec un teint bien bien orange!  Orange semble être le nouveau bleu).  

Bienvenue à une nouvelle ère au Canada, du moins pour les prochains quatre ans en Alberta – mais avec des répercussions certaines partout au Canada.  

Peut-être il y en aura là-dedans qui fera l’affaire pour tout le monde (gauche, centre, et droite).   Il reste à voir.


(French / Français) SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)

Les préjugés à l’égard de l’Alberta : Le monde de la politique provinciale récente – une histoire progressiste – 5 sur 6 (#253)

Au moment d’écrire ce billet (#5) en fin avril 2015, le NPD n’était pas encore au pouvoir en Alberta.  Le fait que le NPD a pu gagner l’élection albertaine avec une victoire majoritaire écrasante ne fait que confirmer et qu’accentuer les indices et tendances dont j’ai parlé dans cette série de six billets.  Et oui, le choix d’orange pour cette préambule n’est pas un hasard ;).  
Le billet #6, celui qui suit billet (#5), expliquera un peu plus ce que cherchaient les Albertains lors de l’envoie de leur vote au NPD — qui, d’ailleurs, a du s’adapter autant aux attentes des Albertains (surtout sur le conservatisme fiscale) que les Albertains devaient s’adapter à ce que le NPD voulait leur présenter (vis-à-vis la patience que les Albertains prêtent à l’égard du NPD lorsqu’ils disent vouloir respecter la rigeur financière dont s’attendent les Albertains).   Une convergeance incroyable…
À partir du jour de l’élection, ni l’un ni l’autre serait jamais le même.

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Ce billet et le prochain seront les derniers dans une série de six sur les attitudes politiques et sociales des Albertains.  Il s’avère toujours tâche difficile de décrire les positions, pensées et tendances d’une population au complet sans risquer d’embarquer dans des généralisations grossières.

SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)

Alors, j’avoue que je m’engage sur un terrain assez fragile lorsque je vous tente de décrire en quelques mots qui sont les Albertains, dans le sens qu’ils ne sont ni des extrémistes de droite, ni des fanatiques religieuses, ni un élément socialement régressif de notre société canadienne.

Au cours des quatre billets précédents, nous avons regardé les tendances plutôt laïques de l’Alberta, ainsi que l’effet de modérateur qu’a eu la population albertaine sur le mouvement Conservateur fédéral au cours des 20 dernières années; malgré tout, l’Alberta en général voit les enjeux de société d’un œil assez “modérée”.

Étant Albertain moi-même (francophone et anglophone en même temps), un qui connait le Québec aussi bien que je connais l’Alberta, je me sens privilégié d’être en mesure de vous amener ces perspectives.

Dans ce billet, nous allons regarder comment les Albertains se voient eux-mêmes, sous l’optique des enjeux provinciaux – et les tendances politiques provinciales.

Commençons par les enjeux dans le cadre de la campagne électorale provinciale actuelle

Avant de continuer : Je veux mentionner que le parti des Progressistes-Conservateurs de l’Alberta (les PCA) n’est pas la même formation que le Parti Conservateur du Canada (PCC).  Les deux ne sont pas liés.   Pourtant, les Libéraux fédéraux et provinciaux relèvent de la même formation, et le NPD fédéral et ceux des provinces relèvent eux aussi de la même formation en termes d’idéologies.  Les PCA et les Conservateurs se font confondre assez souvent au Québec, et assez souvent par les médias Québécois.  À chaque reprise que l’on voit un reportage à TVA, Radio-Canada, ou dans les journaux du Québec qui parle des PCA, on les appelle, faussement, “les Conservateurs”.  Mais les PCA ne sont pas les Conservateurs.   Les seuls Conservateurs au Canada se trouvent à Ottawa (il n’existe pas de parti “Conservateur” au niveau des provinces du Canada).  Il ne faut pas les confondre.  Leurs idéologies ne sont pas les mêmes, et leurs histoires sont différentes.

L’Alberta se trouve encore aux urnes.  La date de l’élection sera le 5 mai 2015.  La dernière élection relève à 2012.

Dupuis presque 45 ans, l’Alberta se voit gouverner par le parti provincial des Progressistes-Conservateurs de l’Alberta (les PCA).   Au Québec, on a tendance à croire, à tort, que les Albertains se sont accrochés toujours aux PCA sous le biais qu’il s’agit d’un parti de l’extrême droite, faisant l’affaire d’une population droitiste.

Pourtant, la réalité est l’inverse – et d’ailleurs elle est très mal comprise par le Québec.

Ce n’est pas une question que les Albertains appuyaient, sous le biais d’être “droitiste”, un parti qui incarnait ses valeurs.  Le parti PCA n’est pas un parti de l’extrême droite.  Il est plus à gauche que les Conservateurs fédéraux, mi-chemin entre les Libéraux et les Conservateurs fédéraux (un peu plus à droit du centre, comme les anciens Progressistes-Conservateurs fédéraux de Brian Mulroney).   Alors, les Albertains y accrochent car les PCA ont su s’adapter et ils se sont réinventés à l’interne à maintes reprises.

Souvent les PCA se sont réinventés de façon dramatique au cours des 45 dernières années pour suivre le rythme de l’évolution sociale, progressiste, lucide, et économique d’une population albertaine modérée et en pleine transformation.  On peut même considérer que les PCA ont réussi à relever ses transformations sans pépin pour répondre aux besoins modérés des Albertains, mieux que toute autre formation politique dans l’histoire du Canada moderne.

Cela ne veut aucunement dire que les PCA n’ont pas eu sa part de difficultés au cours de leur temps au pouvoir.  Mais cela veut dire tout simplement qu’ils ont pu s’adapter et surmonter les défis qui leurs ont été lancés par une population qui était toujours de plus en plus exigeante à leur égard.

À titre d’exemple, je pourrais vous offrir des moments clés dans l’histoire récente du parti dont je me rappelle très bien (cela vous ferait mieux connaître c’est qui justement les Albertains) :

La fin de l’ère Getty – Début de l’ère Klein

Don Getty, le premier ministre Progressiste-Conservateur à la fin des années 1980 / début 1990, a pris certaines décisions économiques considérées dévastatrices par la population albertaine. La dette et les déficits provinciaux ont atteint des niveaux insupportables.  La province était sur le bord de la faillite.  Les Libéraux provinciaux, pour la première fois, dépassait la barre de 40% d’appuis face aux PCA.

Les membres du PCA étaient furieux contre Getty, tout comme la population albertaine en générale.  Getty était mis à la porte par son propre parti, et le parti a fait la décision sage de couronner le ministre le mieux aimé par la population, Ralph Klein.   Klein ne mâchait jamais ses mots.  Sa réputation était d’un homme qui faisait toujours ce qu’il disait, et il avait la confiance de la population.

Fidèle à sa parole, il fit entièrement redresser les finances de la province.

Lorsque j’étais en école secondaire en Alberta en 1993, je me rappelle très bien que nous devions garder fermées les lumières dans les couloirs et les salles de classe afin d’économiser de l’argent (on étudiait à la lumière qui entrait par les fenêtres).   Toute excursion scolaire était annulée.  Et même les photocopieurs étaient débranchés et rangés dans la pièce de rangement, car il y avait un moratoire rigide sur toutes photocopies en école pendant un an.

Alors, il va sans dire que lorsqu’on parle de l’austérité dans un contexte Québécois aujourd’hui , je constate que l’on ne sait même pas ce que ce mot veut dire au Québec (si ceux qui prétendent que le Québec est en train de vivre dans un contexte d’austérité, il est plus qu’évident qu’ils n’ont jamais vécu sous la règne de Ralph Klein!)

À la fin, Klein a su regagner la confiance de la population envers les PCA, et la montée des Libéraux s’est effondré.

 La fin de l’ère Klein – Début de l’ère Stelmach

Après plus d’une décennie de gestion conservatrice petite “c” de l’ère Klein, la population voulait un peu de répit de la fiscalité assez restreinte. Avec les redevances pétrolières et une gestion saine des finances, les Albertains voulaient un nouvel investissement massif dans les écoles, dans l’infrastructure, et dans les hôpitaux, entre autres.

La pendule s’oscillait encore.

Ed Stelmach (qui d’ailleurs était le député de la circonscription dans laquelle j’ai grandi, celle où mes parents demeurent toujours) s’est emparé des rênes du pouvoir en 2006.  Son “vœu” envers la population en était un de “stabilité”, de “modération”, et “d’investissement”.   Et bon sang, de l’investissement qu’il en a fait!

Les déficits étaient de retour.  Au début, la population ne savait pas quoi penser des déficits.  Il fallait faire de l’investissement malgré tout.  Mais le sentiment populaire dans la rue disait qu’il s’agissaient d’investissements “vides” et sans “âme”

Mais que prétends-je dire par-là?

On bâtissait les écoles, les hôpitaux, les autoroutes, le transport public, les trains à passagers, et toute une nouvelle gamme d’infrastructure grâce à l’industrie du pétrole.  Mais on sentait, de la part des Albertains, qu’il manquait “quelque chose”.  C’est dur à expliquer… il fallait vivre dans cet environnement pour le ressentir (c’est toujours difficile de décrire l’humeur du citoyen lambda dans la rue).  C’est comme si on vivait une nouvelle révolution tranquille à petite échelle, mais sans le côté progressiste (malgré tout, le mot progressiste devait également se trouver en avant-plan dans le nom du parti Progressiste-Conservateur).

Du même coup, on investissait massivement dans tout ce qui étaient relié à l’industrie du pétrole, mais sans grande discussion autour des impacts environnementaux.

On bâtissait plus d’écoles et d’hôpitaux qu’à tout autre moment de l’histoire du Canada, mais sans les programmes de soutien aux étudiants, aux patients, et aux professionnels.

L’Alberta devenait de plus en plus cosmopolite — et bien plus sophistiqué — en raison de l’explosion de la population.  Mais les programmes dédiés aux arts, à l’industrie cinématographique, à l’industrie de littérature et au soutien du réseau bibliothécaire n’était pas à la hauteur.

Les villes étaient pleines à craquer.  Les maisons et les nouvelles villes dortoirs autour d’Edmonton et Calgary se bâtissaient à grande vitesse.  Mais les services sociaux à l’égard de ceux qui en avait besoin n’étaient pas là (il manquait les banques alimentaires, les services aux sans-abris qui étaient attirés par le boom et le rêve albertain, et les services de soutien communautaires et aux enfants).  Les familles se sentaient un peu délaissées.  Les frais de garde d’enfants montaient aux coûts astronomiques, et la pression des coûts grimpants de l’immobilier, de l’épicerie, des biens de consommation, du transport, et le temps perdu dans le trajet quotidien s’est fait sentir par les familles (l’aspect néfaste d’une économie en plein essor).

Ne me comprenez pas mal.  Le monde en Alberta à cette époque était très heureux du boom économique, et d’être à l’abri de la crise économique que vivaient les États-Unis et d’autres juridictions.   Mais il y avait quand-même un certain sentiment “d’instabilité” – comme l’incertitude que l’on ressent lorsqu’on se croit vivre dans une bulle immobilière (un sentiment que les gens de Toronto et Vancouver peuvent bien comprendre, et même certaines personnes à Montréal).

La population de l’Alberta disait qu’il en avait assez de l’investissement surchauffé.  Le nouveau parti Wildrose a pu saisir l’occasion pour trouver sa place au soleil pour faire face à ce que la population voyait comme une expansion économique aveugle, trop vite, et sans âme.   La popularité du parti Wildrose posait une véritable menace pour les PCA.  Le Wildrose a promis de restreindre les dépenses pour donner un peu de répit à ce sentiment de vivre dans une bulle et au-delà des moyens de l’état (malgré tout, trop de croissance à un rythme hors contrôle ne peut mener à qu’à la catastrophe – et du moins c’est cela que pensait la population Albertaine).

La fin de l’ère Stelmach – Début de l’ère Redford

Une fois de plus, le parti PCA a su s’adapter. C’est un des rares partis au Canada où les membres sont plus puissants que le chef — et ils ont évincé Ed Stelmach.  Il a démissionné et le parti a fait venir Alison Redford en 2011.  Ses points de vue étaient situés plutôt au centre.  On pourrait même dire que dans une autre vie, elle aurait été un Libéral du centre-gauche sur plusieurs fronts.

Le couronnement de Redfort fut le troisième réalignement du parti Progressiste-Conservateur depuis Getty (après Klein et Stelmach).  Le parti s’est réinventé de nouveau encore une fois.

Sous la direction de Redford, les projets en cours n’arrêtaient pas, mais elle a amené un côté “humaniste” à la table.   Elle a implanté les programmes qui manquaient, dont je vous ai parlé en haut.  La population s’est sentie un peu plus réconfortée.

Mais l’argent coulait à flot, et la population se demandait si l’argent n’aurait pas pu être mieux géré.   Malgré tout, les recettes extraordinaires provenant de redevances pétrolières auraient pu être investies à long terme, comme on faisait en Norvège.   On se demandait si la gestion des retombés n’aurait pas pu être mieux planifiée afin d’avoir des effets bénéfiques pour des générations à venir plutôt que sur les projets favoris à la saveur du jour.  (Malgré tout, la Norvège s’est doté d’un fond souverain, alimentait des redevances pétrolières, qui fait vivre la population norvégienne).

La brève montée et la rechute du Parti Wildrose –

Et l’affirmation du côté social-progressiste de l’Alberta

Le Wildrose s’est précipitée sur l’occasion et finit par fondre sur Redford et les PCA.  Sa popularité chutait aussi vite que celle du Wildrose montait.

Au moment du scrutin de 2012, les sondages indiquaient que les PCA pourrait perdre le pouvoir pour la première fois depuis le début des années 1971. Une combinaison d’effervescence et de tension était palpable.   Sondage après sondage, les Albertains disaient croire que le PCA allait perdre le pouvoir.

Mais ce qui suivi fut vraiment phénoménal – un premier dans l’histoire du Canada:  un évènement qui démontre jusqu’à quel point l’Alberta est devenu une province avec des valeurs progressistes à cœur sur le plan social (malgré ses valeurs toujours conservatrices petite “c” sur le plan économique).

Lors de la campagne électorale entre le Wildrose et le PCA du printemps 2012, un vieil article écrit par un des candidates du Wildrose a fait surface.  Dans le récit, il disait croire que les gais irait à l’enfer.  La presse albertaine s’est jetée dessus.  Avec seulement deux semaines avant l’élection, la population s’est montrée outrée.  Elle se questionnait si le Wildrose était vraiment le bon parti qui incarnait les valeurs albertaines.   La chef du parti, Danielle Smith, a été pris au dépourvu.  Elle refusait prendre position, et sa popularité s’est effondrée.

Quelques jours avant le scrutin, Smith (la chef du Wildrose) reconnaissait publiquement son erreur.  Elle a fait volte-face.  Elle a condamné son candidat voyou et ses propos homophobes, mais c’était trop peu, trop tard.  Le mal était déjà fait.  Les sondages indiquaient que tout le monde en Alberta croyait que le Wildrose allait faire des gains importants en raison des problèmes associés à la gestion économique d’Alison Redford, mais le même sondage démontrait que tout le monde était sévèrement contre ce qu’ils percevaient d’être des valeurs reculées du Wildrose.

Le jour de l’élection, la population est venue voter en grand nombre – et le Wildrose n’a obtenu que 19,5 % des sièges contre 70 % pour le parti Progressiste-Conservateur, malgré le mécontentement populaire envers les PCA et leur gestion de l’économie et des redevances pétrolières.

Pour la première fois dans l’histoire du Canada, un parti qui aurait pu gagner une élection majeur l’aurait perdu sur le biais d’être du mauvais côté de la clôture sur une question des droits et valeurs sociaux modernes, tel l’égalité des gais et des lesbiennes.

Un symbole fort!

D’un coup, l’Alberta s’est montré une des places les plus tolérantes et les plus exigeantes en Amérique du Nord sur les enjeux modernes en matière des droits d’égalité.

C’est quelque chose que le Québec n’a jamais compris.   Hélas, l’Alberta se fait toujours injustement pointée le doigt par le Québec comme bastion d’intolérance.   C’est le plus loufoque des gestes que le Québec pourrait faire à l’égard de l’Alberta.

La chute d’Alison Redford comme chef des Progressistes-Conservateurs de l’Alberta

En 2012, Alison Redford a pu garder son siège et la chefferie du PCA .

Cependant, peu après l’élection, d’importantes lézardes dans son propre personnage devenaient évidentes, prenant tout le monde par surprise.

Une part de la population croyait qu’elle gouvernait avec l’attitude du « tout m’est dû ».    Cette notion était davantage renforcée par le fait qu’elle s’est construit une résidence « officielle » aux frais des contribuables – un véritable « château dans le ciel ».  C’était un condo de luxe, qui occupait tout un étage en haut d’un tour d’habitation à Edmonton, à deux pas de l’Assemblée législative de l’Alberta.   Elle n’a même pas eu la « gentillesse » d’informer le public ou d’autres membres de son cabinet avant sa construction.   D’autres histoires sortaient.  Elle s’en servait du flot d’avions privé du gouvernement albertain pour ces vacances personnelles, et elle s’est achetée des billets d’avion de 40,000 $ pour des voyages en Afrique aux frais des contribuables.  (Note : il y a quelques jours la GRC a finalement pu trancher au sujet de ses dépenses… et ils n’ont rien trouvé d’illégal au sens strict du terme).

Les chicanes entre elle et ses ministres étaient nombreux.  Elle a vitement acquis la réputation d’être quelqu’un qui croyait qu’elle ne pouvait jamais commettre d’erreurs.

Dans le contexte de la politique Albertaine, ce genre d’attitude est voué à l’échec.  Le succès des 45 ans de pouvoir des PCA réside dans le fait que le/la chef du parti suivait l’avis des membres, et écoutait attentivement les conseils de son propre cabinet (l’Alberta n’est peut-être pas unique dans ce sens au Canada, mais ce principe est peut-être plus pertinent et plus pratiqué en Alberta que dans toute autre juridiction au Canada).   C’est justement pour cette raison que les PCA ont pu s’adapter au cours des décennies.  Les PCA ont toujours su s’adapter, d’une manière très rapide, aux changements de direction du vent de son électorat, afin d’être toujours le parti de choix.

Alison Redford rompait les rangs.  Elle a perdu pied avec la réalité, avec les attentes de son parti, et avec celles de sa province.   Elle a été rapidement évincée par le parti, au grand plaisir de l’électorat.

Les sondages indiquaient que l’électorat croyait que le parti progressiste-conservateur de l’Alberta, encore une fois, avait agi dans le meilleur intérêt du peuple.  La province allait encore donner une nouvelle chance aux PCA, qui semblaient pouvoir, une fois de plus, s’adapter et se réinventer de bonne foi selon les appels de l’électorat.

— — — — —

Dans le prochain et dernier billet de cette série qui porte sur les réalités albertaines, je vais vous parler des enjeux actuels en Alberta.  Spécifiquement, je vais vous parler des

  • Politiques actuelles
  • L’industrie pétrolière, et les attitudes et avances qui y sont reliées.

À bientôt!


(French / Français) SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)

Les préjugés à l’égard de l’Alberta : Un univers de l’extrême droite fédérale? (Partie B) – 4 sur 6 (#252)

(Au moment de l’écriture de ce billet, le NPD n’était pas encore au pouvoir en Alberta.  Le fait que le NPD a pu gagner l’élection albertaine avec une victoire majoritaire écrasante ne fait que confirmer et qu’accentuer les indices et tendances dont j’ai parlé dans cette série de six billets.  Et oui, le choix d’orange pour cette préambule n’est pas un hasard 😉 ). 

Ce billet est le quatrième dans une série qui cherche à démystifier un peu l’essence même de l’Alberta aux yeux des Québécois.

Dans le dernier billet, je parlais de certaines similitudes politiques qui existent entre Edmonton et Montréal.

Je parlais encore plus des points de repère qui existent entre les régions rurales et les petits centres au Québec et ceux de l’Alberta, notamment le fait que leurs propres valeurs se ressemblent plus à celles des anciens Progressistes-Conservateurs que tout autre parti (et ça va de même pour d’autres régions à l’est de Trois-Rivières, y compris la ville de Québec, Saguenay Lac St-Jean, et la Beauce).

À la fin du billet précédent, j’ai fait mention que mes propres observations m’indiquent que les valeurs et les mentalités à la base sont les mêmes pour beaucoup de Québécois et beaucoup d’Albertains.  J’ai terminé en disant que je pourrais offrir des tendances concrètes qui ajoutent un certain éclairage à mes observations.

Pour commencer, au Québec on voit sondage après sondage qui indiquent que les Conservateurs en général se trouvent en pente ascendante dans les régions rurales, dans les petits centres, dans une grande partie de tout ce qui est à l’est de Trois-Rivières (y compris à Québec).

Sauf dans quelques circonscriptions (principalement dans la région de Québec), les Conservateurs ne sont pas nécessairement majoritaires dans les intentions de vote.  Mais leur présence est assez forte pour laisser croire que la population demeure divisé entre les valeurs fiscales conservatrices, et les valeurs sociales du NPD et des Libéraux – un trajet mi-chemin si vous voulez (justement l’incarnation de l’esprit des anciens Progressistes-Conservateurs).

Et c’est justement où se situe une bonne partie de la population de l’Alberta – des gens qui s’identifient plus avec les anciens valeurs des défunts Progressistes-Conservateurs que tout autre parti.

Ci-dessous je vous offre quelques observations et je vous décris pourquoi il existe un décalage entre ce que le Québec “croit” être l’Alberta moderne, et ce qui est la réalité de l’Alberta sur le terrain.  En effet, je vous montrerai comment et pourquoi l’Alberta, dans son ensemble, ressemble beaucoup à tout ce qui se trouve à l’est de Trois-Rivières au Québec (y compris la ville de Québec) — plus que la moitié de la grandeur de la province.  C’est d’autant plus important que je vous montre que l’Alberta n’est pas la terre d’extrême droite que tant de monde prétend qu’elle l’est.

L’assouplissement des prises de position des Conservateurs fédéraux au fils du temps pour plaire à leur base rurale en Alberta, et à leur électorat assez imprévisible à Calgary et à Edmonton

Au Canada, surtout dans l’est du pays, on a tendance à penser que les Conservateurs fédéraux sont plus alignés avec les Républicains américains que les Démocrates.

Cependant, l’évidence empirique démontre que les Conservateurs fédéraux partagent beaucoup plus en commun avec les Démocrates qu’ils partagent avec les Républicains (le spectre politique américain en général, qui inclue les Démocrates et les Républicains tous les deux, et bien plus à droite que le spectre politique canadien.  Même la ligne du centre du spectre américain est plus à droite que la ligne centrale Canadienne).

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En vous disant le suivant, je ne suis pas en train de défendre ou d’aligner mes propres vues ni avec les  Conservateurs, ni avec aucun autre parti politique.   Mais je peux quand-même me permettre de faire quelques comparaisons entre les Conservateurs fédéraux canadiens et les Démocrates américains – car ils partagent les mêmes points de vue sur :

  • l’engagement militaire au Moyen-Orient (Harper suit souvent le pas d’Obama, mais Harper ne va pas aussi loin qu’Obama dans ses actions militaires),
  • sur le mariage gai (on a vu un assouplissement remarquable chez les Conservateurs au cours des quelques années précédentes, au point où les Conservateurs disent maintenant que c’était la bonne voie à suivre),
  • la nécessité d’un système santé universel. Mais les Conservateurs fédéraux vont bien plus loin, et défendent ardemment le système universel canadien, tout comme le NPD et les Libéraux.  Pourtant, les Démocrates ne défendent qu’un système de couverture médicale universelle privée.  C’est quand-même l’individu aux É-U qui doit assumer ses paiements d’assurance médicale, et ces paiements ne sont pas gratuits.
  • le contrôle des armes à feu. Malgré que les deux partis n’invoquent aucune volonté de créer un registre des armes à feu, les Conservateurs interdisent toute une gamme d’armes controversées à l’usage personnel – et la liste des armes interdites en sol canadien par les Conservateurs (et les restrictions de l’usage des autres) est bien plus longue que la liste des armes interdites par les Démocrates aux États-Unis.
  • l’euthanasie. Lors du débat sur l’euthanasie aux fins humanitaires, les membres et députés du parti Conservateur était déchirés à l’interne sur la question, avec beaucoup qui l’appuyait en privé.  Le gouvernement Conservateur semble avoir pu trouver la solution facile; laisser la Cour Suprême trancher sur la question (en sachant d’avance que la Cour Suprême allait l’accorder).  C’est une tactique et une conversation que ni l’administration Obama, ni les Démocrates élus aux É-U ne semblent vouloir toucher.  Alors dans ce sens, les Conservateurs ici ont devancé les Démocrates sur ce sujet progressiste
  • Ni les Démocrates, ni les Conservateurs ne veulent légaliser la marijuana.
  • Les Conservateurs font des coupures dans nos diffuseurs publiques (CBC/Radio-Canada). Personnellement, je ne suis pas d’accord avec ses coupures.  Mais au moins ils ne sont pas les Démocrates d’Obama, qui refusent carrément de supporter un diffuseur public télévisé ou radiophonique aux É-U avec les fonds des contribuables.   Sur ce sujet, c’est nuit et jour entre les Démocrates plus à droite et nos Conservateurs plus à gauche.
  • la position des Conservateurs sont plus progressistes que les Démocrates aux É-U sur tout une panoplie de sujets : surtout sur les questions de l’assurance-emploi, les paiements de péréquation, les ententes de libre échange internationales, les crédits d’impôts pour les arts et la culture (nos programmes qui reçoivent toujours de l’argent de la part de Conservateurs n’existent même pas dans les budgets Démocrates aux É-U), sur les crédits d’impôt à la famille, pour en nommer quelques-uns.

Là où les Conservateurs au Canada sont en retard face au Démocrates aux États-Unis, c’est sur le plan environnemental – surtout sur l’engagement international.  Mais même ici il s’agit d’une pièce à double-face, car l’administration Obama ne semble pas vouloir intervenir dans le dossier des endommagements à l’environnement lourds causés par le forage de gaz à schiste (les É-U produit plus de gaz à schiste que tout autre pays au monde)

Ironiquement, beaucoup de québécois chantent les louanges des Démocrates aux États-Unis, mais diabolisent les Conservateurs.  Malgré le fait que je ne suis pas partisan des Conservateurs “fédéraux”, c’est une dichotomie qui me laisse toujours perplexe.   Car, à la fin de la journée, les Conservateurs fédéraux canadiens, lorsqu’ils sont mesurés contre tous les partis fédéraux, est celui qui se ressemble le plus aux Démocrates des États-Unis.

Au Québec, on associe les Conservateurs avec l’Alberta.  Mais je me demande si, dans la tête des Québécois, ces gens diabolisent l’Alberta en raison des Conservateurs, ou si on diabolise les Conservateurs en raison de ce qu’ils croient être l’Alberta (faussement dois-je dire).

Peu importe, pourquoi voit-on une telle diabolisation de la part d’un bon nombre de Québécois (venant surtout de Montréal et les régions qui se trouvent à l’ouest de Trois-Rivières)?

Je me pose la question car le saut est long entre la décision anodin de ne pas vouloir supporter un parti, faute de ne pas être en accord avec ses politiques, et d’aller jusqu’au point de “diaboliser” un parti et toute personne qui aurait voté pour eux, y compris l’Alberta.

C’est une question à laquelle j’ai longuement réfléchi.  Au cours des années, j’ai écouté et j’ai parlé à beaucoup de monde au Québec.   Au fond, je crois qu’il en existe quatre raisons principales :

  1. Il existe une perception au Québec que les Conservateurs viennent d’une base très religieuse; une qui n’est pas compatible avec les valeurs québécoises. Mais si vous auriez lu l’avant dernier billet, vous auriez découvert que la réalité est toute autre.   C’est en grande partie pour cette raison que les Conservateurs fédéraux ne sont pas “diabolisés” ou “méprisés” en Alberta elle-même.  Personne ne les croit un parti “religieux” (ni les Albertains, ni les provinces avoisinantes qui connaissent très bien l’Alberta et son côté très laïque).

Même de la part de la population albertaine qui ne vote pas pour les Conservateurs (surtout à Edmonton, mais aussi ailleurs dans la province, et particulièrement dans la moitié du nord de l’Alberta) on ne ressent pas une “haine” envers les Conservateurs (pas plus que le Québécois lambda ne ressent pas une “haine” pour le NPD, le Bloc ou les Libéraux, même s’il n’aurait pas voté pour ces partis).

Une des raisons pour lesquelles les Albertains ne ressentent pas ce mépris trouve sa réponse dans le fait que le parti Conservateur ne vient pas d’une base “religieuse” en Alberta.   C’est un constat que le Québec n’a pas encore fait.

Stephen Harper, est-il religieux?  Peut-être – en effet, probablement.  Cependant, je ne sais pas exactement à quel point il est religieux.  D’autres gens qui le connaissent personnellement en parlent de temps en temps, et j’entends toutes sortes d’histoires et d’hypothèses (on les a tous entendu en Alberta).  Mais Harper lui-même n’en a jamais parlé publiquement de sa propre foi.   S’il est religieux, même profondément religieux, est-ce que cela me dérange?  Ben, pas plus du fait qu’Obama s’est dit être très religieux, et ce très ouvertement (au point où il dit qu’il prie à genou, à côté de son lit, chaque soirée avant de dormir – un fait qui semble de ne l’avoir pas empêché de gagner le prix Nobel, et qui n’empêche pas un grand nombre de Québécois de chanter à la gloire son virtuose.  Alors, voyez-vous l’hypocrisie?).

Ma façon de voir les choses : Tant que Harper ne laisse pas sa religion influencer sa façon de gérer le pays, et tant qu’il n’impose pas sa propre foi sur d’autres, sa religiosité ne me dérange pas – et elle ne dérange pas une bonne partie de la population Albertaine (tout comme la foi d’Obama ne dérange pas ceux vivent à Manhattan à New York, à San Francisco, au Vermont ou à Chicago — qui sont d’ailleurs les régions des É-U les moins religieuses … mais les régions d’où Obama tire son soutient de base au énième degré”.

Et plus important; tant que Harper soit bien entouré d’autres membres du parti qui sont “laïques” et qui occupent toute une foule de postes clés (et ces gens il y en a en masse… leurs noms sont aussi bien connus en Alberta que les québécois connaissent leur propre personnages politiques), j’ai au moins l’assurance qu’aucun chef “religieux” serait en position de projeter leur foi sur ses décisions majeurs, de crainte qu’il soit expulsé par son propre parti, et surtout par sa propre base (l’Alberta laïque).

L’Alberta avait déjà vécu son propre parcours religieux, un qui était politiquement oppressif et difficile – sa propre “grand noirceur” si voulez — qui impliquait le défunt Parti Crédit social de l’Alberta.

Suite à son propre Révolution tranquille des années 1970, l’Alberta ne tolèrerait plus un parti à la barre qui gère avec la Bible en main.  Mais hélas, c’est encore tout ce grand épisode de l’histoire albertaine qui n’est jamais enseignée au Québec (je met l’emphase sur le mot “jamais”).  Et cela pose un véritable problème.  Les Québécois forment des idées à l’égard de l’Alberta et de sa population sans savoir l’histoire (tant à l’égard des élus de l’Alberta, qu’aux gens ordinaires de l’Alberta comme moi, ma famille, mes voisins, mes pairs, et tous mes autres concitoyens albertains).

  1. Beaucoup de Québécois croient souvent que sur l’échelle de la droite radicale, les Conservateurs sont à l’extrême bout de l’échelle. Cependant, comparé avec beaucoup de partis de droite en Europe (même en France et les Républicains aux É-U), les Conservateurs fédéraux canadiens ne se rangeraient même pas comme pensée après coup sur l’échelle des partis droitistes.

Comme j’ai mentionné plus tôt dans ce billet, les Conservateurs ont bien plus en commun avec les Démocrates aux É-U qu’ils ont avec les Républicains (les québécois considèrent-ils les Démocrates comme un parti d’extrême droite?  Je pense bien que non.)

Je pense qu’il existe tout un manque de compréhension au Québec (surtout à l’ouest de Trois-Rivières) de la nature et de la raison d’être des Conservateurs.  Et je dis cela tout en avouant que je n’ai jamais voté pour les Conservateurs – alors ce n’est pas pour promouvoir leur plateforme que je vous écris ceci.  C’est seulement pour essayer vous offrir une perspective assez objective et différente.

  1. Cela m’amène à une autre hypothèse pourquoi l’Alberta se voit diabolisé au Québec. Le parcours historique et “l’effet modérateur” qu’a eu la population Albertaine sur les Conservateurs fédéraux est très mal compris au Québec (il ne figure même pas sur le radar des québécois, et ce n’est certainement pas enseigné à l’école ou diffusé dans les médias au Québec).

Il y a un couple de générations, les racines des Conservateurs (le mouvement Réformiste) étaient bien plus radicales que leurs prises de positions actuelles.  Mais au Québec, il y a beaucoup de monde qui les voit toujours à travers l’optique du parti Réformiste des années 1990.

Lors de l’échec des rondes constitutionnelles et de la crise financière du gouvernement au début des années 1990s, les anciens Progressistes-Conservateurs se sont effondrés.  Leurs anciens supporteurs se sont divisés en deux camps.   Une partie (je dirais la plus grande partie) est allée du côté des Libéraux et du Bloc, et l’autre partie qui ne savait pas où aller s’est finalement rangé du côté du nouveau mouvement Réformiste de Preston Manning.

Le parti réformiste a promis aux Albertains que les choses changeraient au début des années 1990.  Les réformistes ont fait deux promesses : (1) que les finances seraient redressées, et (2) on cesserait de parler de la constitution (du moins pour l’avenir prévisible, car les plaies étaient ouvertes, et tout le monde, y compris au Québec, voulait prendre un peu de repos).

Puisque le parti réformiste était nouveau, il attirait certains personnages les plus à droite (malgré tout, ceux qui étaient le plus à droite n’allaient pas se ranger du côté des Libéraux – alors ils ne pouvaient que s’arranger du côté des réformistes).

Alors, puisque le parti réformiste

  • était nouveau,
  • n’était ni bien organisé, ni bien contrôlé,
  • comprenait certains droitistes très à droite,
  • s’est formé au moment où il existait toujours des plaies ouvertes suite aux rondes constitutionnelles …

… cela faisait naturellement partie du voyage que l’on entendrait parfois des discours et des remarques assez inflammatoires, et parfois intolérants qui volaient dans tous les sens.  Je me rappelle moi-même d’avoir entendu des clips audio sensationnels à maintes reprises au sujet du Québec au début des années 1990 – mais je me rappelle aussi bien que ces clips audio sensationnels n’étaient pas représentatifs de tous les députés ou une grande partie des membres des Réformistes (chose qu’on ne voyait pas au Québec).  Et elles n’étaient certes pas représentatives des pensées de la personne lambda en Alberta.   Peu importe, beaucoup de québécois étaient outrés (un sentiment que je comprends bien… car j’avais l’impression que j’étais coincé entre deux mondes).

Mais ce que les Québécois n’ont pas vu, ce qu’ils ne comprenaient pas, et ce que les plateformes médiatiques québécoises ne rapportaient pas, c’est le fait que les Albertains ne supportaient pas le parti réformiste sur le biais de ce que certains députés hurlaient dans le stratosphère la plus à droite ou à l’égard du français ou du Québec — mais ils supportaient le réformistes plutôt sur la promesse qu’ils (1) redresseraient les finances publics et (2) qu’ils ne rouvriraient pas la constitution (sauf pour une réforme du Sénat “Triple E”).

À la fin de la journée, les Réformistes n’accomplissaient rien.  Oui les Albertain voulaient un redressement sain des finances, et oui ils ne voulaient pas de nouvelles rondes constitutionnelles – surtout en raison de la crise du temps du referendum de 1995 (ils avaient peur que toute nouvelle ronde constitutionnelle serait le dernier clou du cercueil qui inciterait le Québec à partir).  Le problème, c’est que le parti Réformiste acceptait trop de personnes dans les rangs qui étaient le plus à droite des droitistes (les vrais “clowns” du gang).   En un mot, les Réformistes se sont tirés une balle dans le pied en endossant trop de politiques droitistes, au-delà des deux auxquelles les Albertains tenaient le plus.

En 2000 le parti Réformiste était démantelé – faute de pouvoir (1) faire une percée avec leur plateforme très à droite, et (2) faute de pouvoir satisfaire les Albertains eux-mêmes car le parti n’allait jamais pouvoir réaliser son but ultime de redresser les finances publics (continuer la gestion du pays sans déficit annuel) en étant un parti qui ne pourrait même pas faire des percées ailleurs.

Le parti Alliance a vu le jour et a remplacé le parti Réformiste, et ce dans l’espoir de pouvoir rassembler les anciens supporteurs des Progressistes-Conservateurs (de l’ère Mulroney).  Car ces supporteurs du centre-droit ont fui vers la gauche lors de la création du parti Réformiste.  L’Alliance voulait “s’assouplir” et “adoucir” non seulement le ton, mais ses politiques (c’est-à-dire, faire un pas un peu plus vers le centre-droit canadien).

Cette adoucissement de l’Alliance était le résultat direct des appels des Albertains qui voulaient ces changements eux-mêmes (malgré tout, l’Alberta n’était ni une province d’idées extrêmes, ni une province qui tolérerait un discours politique religieuse – et l’ancien parti Réformiste comptait parmi leurs rangs quelques membres qui prêchaient les deux).

Au moment de la première course au leadership de l’Alliance, il était évident que ni les membres, ni l’Alberta ne toléreraient plus l’ancien garde.  Ils ont carrément jeté l’ancien chef du parti Réformiste, Preston Manning, à la porte.   Il était remplacé par Stockwell Day, l’ancien ministre des finances de l’Alberta.   Day était populaire en Alberta en raison de sa gestion des finances (malgré ses propres croyances religieuse), mais ailleurs au Canada il n’incarnait pas ce changement de garde.

Lorsqu’il est devenu évident que (1) le parti Alliance ne pouvait pas convaincre l’électorat pancanadien qu’il voulait, de bonne foi, se distancer des éléments les plus à droite de l’ancien parti Réformiste, et (2) qu’il ne comptait toujours pas assez de membres des anciens Progressistes-Conservateurs fédéraux pour faire passer le message qu’Ils changeaient, l’Alliance a jugé bon d’entamer des discussions avec ce qui restait de l’ancien parti Progressiste-Conservateur pour chercher une fusion.

N’oubliez pas que jusqu’à son démantèlement, les Progressistes-Conservateurs était le parti de Joe Clark, de Jean Charest, et de Peter MacKay — qui n’étaient guère des politiciens d’extrême droite.   Le fait de vouloir se réformer pour séduire les anciens Progressistes-Conservateurs devrait en soi indiquer le virage majeur que les membres de l’Alliance voulaient prendre afin de non seulement satisfaire leur base en Alberta (qui était toujours Progressiste-Conservateur à cœur, juste un ou deux pas à droite du centre), mais aussi l’électorat canadien dans son ensemble.

En 2003, Peter MacKay, chef des Progressistes-Conservateurs fédéraux, a décidé de fusionner son parti avec l’Alliance, et le parti Conservateur fédéral du Canada était né.   En 2004, Stephen Harper est devenu son chef.

Le chemin n’a pas été facile pour les Conservateurs.

Parmi leurs rangs, ils comptaient toujours certains membres de l’ancien garde – ce qui a rendu difficile la tâche de se défaire de son image “d’extrémistes de droite” dans les têtes de beaucoup de québécois (qui soupçonnait que les Conservateurs étaient toujours l’ancien parti Réformiste en déguise).  Il faut se rappeler que les Québécois n’ont jamais vu ou entendu les discussions publiques sur ce sujet en Alberta.  Alors ils demeuraient dans le noir total sur les réformes à l’intérieur du parti Conservateur.  (Pour cela, vous pouvez remercier les médias au Québec pour l’embargo médiatique).

Malgré cela, au cours des années, j’ai constaté un assouplissement énorme de la part des personnes qui se trouvent au sein du parti Conservateur depuis le début (ils se sont vu donné leur mandat par le peuple Albertain, et ce sont les Albertains qui leurs ont imposé la nécessitait de s’adoucir et de se réaligner plus vers le centre-droit).

J’ai également constaté que les politiques Conservatrices elles-mêmes se sont adoucies au cours des années.  Le parti actuel n’est plus le parti qu’il était lors des scrutins de 2006 ou de 2011.  Ils gèrent les finances un peu comme les Libéraux de Chrétien l’ont fait.  Et même lors du dernier budget, ils changaient le ton sur beaucoup de fronts sociaux maintenant que le budget s’est vu équilibré (ils ont fait perdre bien de plumes aux Libéraux, et ce sur bien d’égards).  Toutefois, rendons à César ce qui appartient à César.  Alors cela je vous dis à titre d’un Albertain qui n’a jamais voté Conservateur (alors cela devrait vous en dire long).

Les Albertains ont exigé que les Conservateurs changent leur ton et se réalignent plus vers le centre-droit, et les Conservateurs n’avaient pas d’autre choix que d’entendre leur appel.

L’Alberta lui-même a changé énormément durant les dernières vingt-cinq ans, et sa population soutient la part du lion des principes de justice sociaux qu’endossent les Québécois :

  • une saine gestion environnementale (je vais vous en parler du pétrole dans le dernier qui traite aux politiques “provinciales”, car c’est n’est pas dans le domaine fédérale où on voit les changements majeurs),
  • les droits et les tolérances envers les minorités, et la nature d’égalité des minorités dans la société (pour les minorités religieuses, les gais, ceux qui souffrent et la question de l’euthanasie), et
  • le mouvement grandissant en Alberta pour trouver des solutions financière pour la garde d’enfants (qui peut-être se fera à l’image des CPE au Québec), un investissement continue dans les institutions francophones de la province, etc.

La liste est longue.

Comment les Conservateurs ont-ils réagi à cette “progression” en Alberta?   Ils se sont adaptés.
Ça c’est certain.  À mon avis, les Conservateurs ont pris trois chemins :

  • Ils ont laissé les députés et membres de l’ancien garde se faire remplacer par attrition (en les remplaçant de sang neuf pour mieux refléter les réalités sur le terrain un peu partout au Canada),
  • Ils ont adouci et modifié leur manière de diriger le pays et leurs prises de position afin de pouvoir plaire à toutes les provinces (de la Colombie-Britannique jusqu’en Ontario, au Québec et dans les provinces Atlantiques), et
  • Ils ont concédé beaucoup de prises de position, par exprès dois-je ajouter, aux mains de la Cour Suprême. (Ceci c’est un point très intéressant).  Et ce, afin de toujours pouvoir conserver leurs circonscriptions les plus conservatrices dans l’extrême sud de l’Alberta (dite le Corn belt) – une région néanmoins assez isolé du reste de l’Alberta et de ses pensées.

Sur ce dernier point (celui qui implique la Cour suprême), je veux dire que je crois que les Conservateurs savaient que c’était la bonne décision (et dans l’intérêt de la société canadienne) de ne pas réformer le sénat sur une base unilatérale, de ne pas trop protester le droit à Euthanasie, et d’accorder le droit du mariage gai, entre autres.

Mais ils devaient trouver moyen de faire adopter ces politiques sans toutefois déplaire aux quelques circonscriptions du Corn Belt.   Alors pour faire plaisir non seulement au reste de l’Alberta, au Canada et au Québec, les Conservateurs ont jugé mieux d’accepter que la Cour Suprême tranche en faveur de ces matières plutôt que de prendre ces décisions eux-mêmes.  Je crois bien qu’il s’agissait d’une stratégie politique, une qui fait jaser sur le terrain en Alberta.  Cependant, ailleurs au Canada (surtout pas dans les médias de Toronto ou de Montréal), c’est le silence total.

De pair avec ce que je viens de décrire, il y a une autre chose que le Québec ne comprend pas.  C’est pourtant un sujet hautement sensible, et les Conservateurs n’en parlerons jamais à haute-voix, hormis peut-être à huis clos dans les réunions Civitas, dans leurs réunions de circonscription en Alberta, ou lors des discussions d’investiture des candidats en Alberta.  Parfois, je les ai même vu en parler lorsqu’ils en faisaient de porte-à-porte en Alberta, et lorsqu’ils se croyaient être sur territoire ami et receptif.

Les Conservateurs sont bien conscients qu’il faut faire la transition vers les politiques de l’ancien parti Progressiste-Conservateurs (des politiques centre-droit).  Un tel virage leur est exigé non seulement de la part de l’Alberta, mais du Canada dans son ensemble.  Pourtant c’est le genre de transition qu’aucun parti fédéral ne peut faire d’un seul coup, et je crois que les Conservateurs fédéraux n’y sont pas encore arrivés.

Cela dit, les quelques circonscriptions les plus conservatrices (du Corn Belt, mais aussi quelques circonscriptions éparpillées d’ici et là à travers le Canada) demeurent encore à être convaincues.  Le hic, c’est que ces circonscriptions se trouvent dans les régions clés où les Conservateurs doivent maintenir une base prépondérante pour rester en pouvoir (un peu comme la gauche au Québec doit tout faire pour ne jamais emmerder “Le Plateau” à Montréal, sous peine de perdre leur base).

Il y existe beaucoup de Conservateurs modérés (centre-droit) qui tirent les ficelles, et qui croient que la meilleure façon de rallier ces circonscriptions voyous à la cause, c’est de leur faire “imposer” une dose de politiques progressistes, mais de façon assez sournoise.  Alors, il semble que le parti (sous la pression de ces Conservateurs modérés) croit qu’il serait préférable de laisser la Cour Suprême trancher sur cetaines décisions sociales importantes, et par la suite laisser la Cour Suprême imposer ces nouveaux politiques modérées aux circonscriptions les plus à droite.

Comme ça, le parti pourrait se laver les mains en disant “Ce n’était pas nous, mais c’est quand-même fait accompli – alors, il faut l’accepter”.  C’est une façon non seulement de faire plaisir à la population canadienne, albertaine et québécoise dans leur ensemble, mais c’est aussi une bonne manière de faire changer les opinions des circonscriptions les plus conservatrices au pays, en leur forçant d’avaler les prises de position progressistes ordonnées par la Cour suprême.  Cela sert bien les Conservateurs, car il leur donne la voie facile pour poursuivre le chemin social vers les anciennes prises de position des défunts Progressistes-Conservateurs (un petit pas après l’autre).

Voilà donc l’optique à travers laquelle je vois les Conservateurs.  C’est également à travers la même optique que je crois que la majorité des albertains voient les Conservateurs.  Cela répond également à la question pourquoi les Conservateurs ont pu maintenir leur base en Alberta, mais il explique aussi pourquoi les tendances et pensées politiques albertaines son si mal comprises par le Québec.

Il n’y a rien de furtivement mauvais dedans, et il n’y a rien qui démontre que l’Alberta est une province d’extrême droite ou d’idées extrémistes et néfastes.

Les Albertains y voient un processus de changement au sein des Conservateurs mêmes, et ils leur prêtent patience (pour combien de temps je n’ose pas dire… car la patience des albertains se voit tester sur plusieurs fronts si on voit tout ce qui se passe avec les progressistes-conservateurs au niveau provincial).  Les anciennes idéologies des défunts Progressistes-Conservateurs s’alignent plus avec les sentiments des Albertains que tout autre parti actuel.  Tant que les Conservateurs fédéraux actuels poursuivent leur chemin envers les idéologies des anciens P-C (le centre-droit), les Albertains vont probablement continuer de les appuyer (mais si les Conservateurs sont perçus de ne plus bougir – là la donne pourrait changer lors de l’élection de 2015… et il y en a déjà des indices — non seulement en Alberta, mais ailleurs au pays aussi).

Cela dit, personne ne fait preuve d’une patience infinie, et ça fait longtemps que les Albertains attendent que les Conservateurs virent plus au centre-droit.   C’est pour cette raison que cette année les sondages indiquent qu’il y existe plusieurs circonscriptions fédérales en Alberta qui affichent de plus en plus les couleurs orange (NPD) et rouge (Libéral).  Il reste à voir combien de sièges vont aller à ces deux derniers partis lors de l’élection 2015.  Mais peu importe le nombre de sièges qui pourraient virer ailleurs, les sondages indiquent déjà que les autres partis auront plus d’appuis proportionnel en Alberta cette année (et possiblement lors de l’élection 2015) que durant toutes les 30 dernières années.   Les résultats de l’élection s’avéreront alors très intéressants.

  1. Cela m’amène à mon dernier point pourquoi je crois que beaucoup de Québécois ont tendance à diaboliser l’Alberta, et de caractériser ses habitants d’extrémistes de droite.

Certaines sphères des médias au Québec – notamment quelques émissions à Radio-Canada, Télé-Québec, et un bon nombre de chroniqueurs souverainistes, ainsi que les politiciens souverainistes — adorent sortir des résultats de sondages et des statistiques qui servent à isoler certaines tendances très minces et transitoires, sondés d’une manière instantanée, et souvent dans le contexte d’un point d’actualité assez émotif (tel le sujet du pétrole et les oléoducs lors d’une discussion sur les baleines dans les médias, ou des sujets controversés comme le registre des armes à feu tout de suite après la diffusion aux nouvelles d’une personne tuée par balle de manière très public).

Je le trouve très décevant la manipulation des sondages hors contexte.

Je vous donne un exemple parfait : un qui a fait tant jaser dans les médias et par les politiciens souverainistes durant des semaines suite à sa publication.

Le 12 mai 2011, L’Actualité a publié un article qui s’appelle “La fin des deux solitudes ? Voir, c’est savoir!”.  Dans l’article, L’Actualité vous a présenté carte après carte du Canada, divisée selon les circonscriptions fédérales du pays.   L’Actualité a posé des questions qui pourraient intéresser les Québécois.  Les réponses étaient tirées de la fameuse boussole électorale de Radio-Canada.   L’Actualité a par la suite coloré les circonscriptions du pays selon les réponses.

Les questions portaient sur les questions sociales, et parfois de nature émotionnelle.   À première vue, on penserait que tout le Canada, et particulièrement l’Alberta, aurait été complètement en désaccord avec le Québec sur chaque question.  Malgré tout, des tranches énormes du pays portaient des couleurs différentes que celles au Québec.

Les conclusions de l’Actualité insinuaient que la preuve était faite que le Québec et le Canada n’a rien du tout en commun.  Les souverainistes réjouissait.  Jean-François Lisée a republié l’article dans son propre blogue.  Radio-Canada, TVA, LCN et RDI faisaient des reportages en grande pompe.   J’imagine que ça aurait été une fête aussi grande que la St-Jean-Baptiste dans les locaux du journal Le Devoir.  Des chroniqueurs souverainistes dans les journaux appartenant à Québecor eux-mêmes soulignaient l’article avec un trait rouge bien foncé.

Mais hélas, ce qu’ils n’ont pas rapporté à la population québécoise – fort probablement de volonté expresse – c’est que les résultats n’ont pas démontré les pensées et les opinions de 80% des canadiens anglophones – ceux qui statistiquement résidaient dans les “villes” et régions urbaines du pays.   Les cartes démontraient seulement les circonscriptions rurales qui comptaient seulement 80,000 habitants par circonscription.

La raison pour laquelle on n’a pas pu voir les vrais résultats dans les cartes : Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde.  Alors lorsqu’on affiche une carte du Canada qui n’occupe qu’une huitième de la page, c’est impossible de voir les 200+ circonscriptions urbaines où réside 80% des canadiens anglophones.

SI L’Actualité aurait basé leur article sur les circonscriptions urbaines où réside 80% des canadiens anglophones, les résultats auraient été très différents – au point où les résultats auraient été les mêmes qu’au Québec. 

Je vous donne deux exemplaires de ces cartes de l’article de L’Actualité pour bien démontrer mon point.

crts..3 crts..1 crts..2

Et j’adore l’ironie de la remarque hautaine, arrogante et cynique à la toute fin de l’article de L’Actualité : « Hummmm. Quelqu’un a dit “divergence” ? Un beau “moment fédéraliste” en perspective ! ».  En effet, c’en est un bon moment qui comble les Deux solitudes.  Ça a l’air que c’est moi qui a pu avoir le dernier mot, et j’imagine que c’en est pas un à quoi L’Actualité, et ceux qui réjouissaient de cet article, auraient pu s’attendre.

Sérieusement, croyez-vous que les joueurs médiatiques qui crèvent les reportages sensationnels, ainsi que les souverainistes auraient vraiment voulu démontrer ces “vrais” statistiques à la population du Québec?  Je crois bien que non, et je crois bien que l’on peut s’entendre sur ce point.

Moi aussi je peux faire du pinaillage sur tout un tas de sujets isolés et différents qui pourraient prétendre que les gens de la Gaspésie sont d’un univers complètement différent de ceux de l’Outaouis.  Je pourrais vous sortir des statistiques qui vous feraient croire que l’écart entre les gens de Québec et ceux de Montréal est aussi grand que Montréal et l’Arabie-Saoudite.  Si je voulais, moi aussi je pourrais twister l’essence des cartes et des chiffres, vous cachant des nuances où se trouvent la vraie histoire.  Je pourrais vous écrire une montagne de bels articles qui pourraient vous laisser croire que le Québec même est en train de s’effondrer comme un château de cartes, et qu’il serait mieux s’il serait divisé en quatre pays différents.  Mais je ne le fais pas — car ce n’est pas la vérité… tout comme cet article de L’Actualité, présenté de cette manière, et la plupart des articles qui essaient de dire que le Canada est en train de se désagréger sur le front des opinions ne sont pas vrais.

Et si vous alliez regarder une carte de la dernière élection fédérale en 2011 (de la même année que les cartes ci-dessus), vous allez remarquer que de grands étendus à travers le Canada voient les choses du même oeil que Québec.   Et j’imagine que vous aller voir encore beaucoup plus en commun lors de la prochaine élection en 2015.

crts..4

Malheureusement, on voit trop souvent certains médias et les souverainistes qui font de l’Alberta-bashing en déformant les faits et les statistiques, et qui cherchent à marquer soient des buts politiques (de la part des souverainistes), soient des audiences engagées et enragées (de la part des médias).  Franchement parlant, c’est injuste.  C’est dangereux pour l’avenir du pays.  Ils prennent les Québécois pour des cons, et les Albertains sont leurs victimes.

La prochaine fois que vous voyez tous ces camps vous sortir des statistiques qui prétendent vous décrire c’est qui les vrais Albertains, pensez-y deux fois, et posez-vous des questions.

Comme j’ai dit à maintes reprises au cours de mon blogue, il faut vraiment faire le voyage à travers le Canada pour le comprendre.  On ne peut pas se fier uniquement aux médias (que ce soit les médias de Toronto ou de Montréal – car trop souvent ils vivent dans une bulle – faute de notre géographie).

Le meilleur c’est de passer un bon bout de temps en Alberta pour voir qu’elle n’est pas si différente.   Prenez des cours d’anglais à Edmonton ou à Calgary pendant trois ou quatre semaines durant l’été.  Allez rester avec des amis Albertains pendant un couple de semaines.  Envoyer vos enfants aux camps d’été dans les Rocheuse, et puis allez vous-même les récupérer à la fin de leur séjour.  Faire l’effort.   Vous allez voir vous-même.   Comme le dit l’article de L’Actualité, “Voir c’est savoir” (pince sans rire!!).

Quelques réflexions pour clôturer ce billet

Ces derniers billets couvraient la perspective et le tempérament de l’Alberta et de ses habitants sur le plan fédéral.  J’ai expliqué le pourquoi dedans.  J’espère vous avoir introduit un point de vue qui n’est pas discuté au Québec.   J’espère que je vous ai présenté un angle que les médias au Québec ne rapportent jamais, et ce que les souverainistes aimeraient mieux ne pas en discuter publiquement.

Comme vous pouvez constater, il n’y pas à s’en faire entre les quelques différences qui existent entre l’Alberta et le Québec.  Les différences ne sont pas si grandes.  Après avoir vécu si longtemps ensemble, et après avoir subi des changements énormes dans le même sens au cours des 50 dernières années, les similitudes sont remarquables.  On vient de la même étoffe malgré tout – et on partage les mêmes systèmes qui font qu’il y a bien plus de convergences que de divergences.  Et même sur ce dernier point, les indices me laissent croire que les convergences continueront d’être bien plus grandes à l’avenir que toute divergence.

Le prochain billet parlera de la perspective et le tempérament de l’Alberta et de ses habitants sur le front “provincial”.  Le dernier billet parlera des politiques provinciales actuelles, et des prises de position provinciales sur le pétrole et l’environnement (que l’Alberta voit d’un œil de juridiction provinciale plutôt que fédérale).  Je crois que les prochains billets à ces sujets sauront vous étonner également.

On se reverra dans un avenir proche.


(French / Français) SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)