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Les comparaisons présentent elles aussi ses bons côtés (#138)

This is the French version of the last post:  Comparisons can be a good thing (#137)

De se faire des comparaisons avec d’autres places est une arme à double tranchant.

À plusieurs reprises, je faisais des voyages outremer, hors des sentiers battus, avec des amis qui ne sont pas habitués de voir des places où les conditions sanitaires ne sont pas à la hauteur.  Inévitablement, le “jeu des comparaisons” se présenterait à un moment ou l’autre.  C’est un réflexe naturel de dire “J’aimerais mieux que cette place serait plus hygiénique… Je ne fais pas confiance à la bouffe…  Les toilettes ici ne sont pas comme chez nous… Les gens ne sont pas aussi polis que chez nous”, etc. etc.   Au risque de paraître paternaliste, à un moment donné je m’immiscerais pour dire qui vaut mieux de ne pas fixer les yeux par terre et d’arrêter ce jeu des comparaisons négatives – car on était tous là pour apprécier (et non dénigrer) les lieux et cultures dans lesquels nous nous trouvions.  Autrement, on risquerait de manquer le bon côté des choses – ce qui est, justement, la raison pour laquelle on y était.  Ceci est un exemple du côté négatif lorsqu’on fait des comparaisons.

Mais à l’envers de la même médaille, de faire des comparaisons pourrait servir à quelque chose de bon!  On pourrait s’en servir des comparaisons pour voir ce que nous avons en commun à cet égard.  Dans le contexte canadien, en raison de notre dualité sociolinguistique, de se faire des comparaisons a quand-même ses mérites.  Les comparaisons nous font apprécier nos différences.  Elles nous font constater nos valeurs communes, et elles peuvent servir à nous faire célébrer notre dualité sociolinguistique, tout en l’incorporant dans nos propres vies (avec toutes les différences et similitudes qui viennent avec).

Les comparaisons ne devraient pas nécessairement avoir rapport à des statistiques époustouflantes ou des différences stupéfiantes, du genre qui font la une des nouvelles sensationnelles.  Parfois il ne suffit que de faire des comparaisons simples et modestes afin de trouver du terrain d’entente, qui a comme effet de vous vous faire sentir chez vous n’importe où au Canada.

Je vous donne un exemple simple, même au point d’être un peu quétaine (mais c’est ce genre d’exemple qui pourrait en dire long)…   Il y a un couple de jours, j’ai conduit trois heures de route d’Edmonton à Calgary sur l’autoroute 2 en Alberta (ce qu’on appelle le Corridor Edmonton-Calgary).   Il y a à peine deux semaines avant, j’ai fait le trajet de trois heures sur l’autoroute 20 entre Québec et Montréal.  Sur plusieurs plans, ces deux trajets sont remarquablement semblables.  Les paysages sont très très semblables.  L’Esthétique des fermes, et même des détails aussi banals que des bosquets d’arbres sont carrément les mêmes. Le plan urbain des villes qui longent l’autoroute 2 (en Alberta) et la 20 (au Québec), ainsi que les services qu’elles offrent, l’architecture des édifices qui sont visibles de la route, la densité du trafic – en fait, tout détail – se ressemblent comme deux gouttes d’eau.   Les deux trançons qui relient les deux grandes villes respectives dans chacune de ces deux provinces sont à ce point similaires que si ce n’était que pour l’affichage en anglais en Alberta, et en français au Québec, on ne saurait pas dans laquelle des deux provinces on était.   J’ai parcouru le Canada en voiture à plusieures reprises, et très peu d’autoroutes partagent autant de similitudes que celles qui relient Québec à Montréal, et Edmonton à Calgary.

C’est curieux comment une chose aussi simple et anodine qu’un trajet familier de trois heures peut vous faire instantanément ressentir que vous êtes sur votre propre territoire.  Même quand vous sortez de l’autoroute pour entrer dans une ville telle Drummondville (au Québec) ou Red-Deer (en Alberta), vous avez encore la sensation d’être chez vous.  Les gens dans les villes de ces tailles (40,000 à 120,000) ont tous grandi dans le même système; même système d’éducation, une économie semblable (ils partagent les mêmes enjeux économiques), accompagnés des mêmes défis dans la vie, les mêmes milieux d’emploi, et en gros ces gens sont fait de la même étoffe – peu importe où il se trouvent au Canada (oui, il existe des nuances et subtilités dans les programmes sociaux entre le Québec et l’Alberta, mais sur une échelle globale de 360 degrés, ces différences ne comptent que pour 3 ou 4 degrés.  Globalement, c’est ne pas grande chose).   Cependant, si vous conduisez quelques heures vers le sud aux États-Unis, bon, les villes là-bas vous donneraient une sensation “très” différente – une différence plus que palpable.

C’est ce genre de comparaisons qui peut combler les écarts et qui nous donne du terrain d’entente.  Se sont du même coup ce genre de comparaisons qui vous donnent l’incitation d’apprendre davantage sur nos compatriotes, notre pays, et d’apprécier les différences existentielles qui y existent.

Ce que je trouve le plus intéressant dans l’équation que je viens de vous décrire, c’est que les villes telles les Drummondville du Québec ou les Red-Deer de l’Alberta constituent une très grande partie de non seulement ces deux provinces, mais également l’intégrale du territoire canadien.  En effet, les villes comme Montréal, Québec, Calgary ou Edmonton sont des anomalies sur l’échelle nationale — dans le sens qu’elles sont des “îlots”, chacune avec son propre caractère (ce qui est tout à fait naturel, car Lyon n’a pas du tout le même caractère que Bordeaux, Manchester n’a pas du tout le même caractère que Birmingham, et Phoenix n’a pas du tout le même caractère que Boston)… mais chacun de ces îlots uniques sont entourés d’une mer de petites villes comme les Drummondville, Red-Deer, Trois-Rivières, et Lethbridge du Canada.  Si les villes îlots sont les fleurs da la couette nationale, ce sont ces autres villes et leurs habitants qui font les coutures et l’étoffe de la couette.

Une autre chose que je trouve super intéressant (plus souvent qu’autrement), c’est qu’il ne faut pas s’éloigner très loin pour trouver des différences sensationnelles, desquelles on pourrait incorporer dans nos propres vies comme partie de notre propre héritage culturel à nous tous.  Hormis certaines différences culturelles, il existe bien sûr des différences en termes de géographie.

Un peu en dehors de l’autoroute 20, il ne suffit que de conduire une autre deux heures au nord de Québec pour traverser la très charmante région de Charlevoix.  J’ai pris la peine d’y passer un peu de temps il y a trois semaines (il faisait déjà un bon bout de temps depuis mon dernier passage dans le coin, alors le temps est venu d’y rentrer).   Je me suis profité pour faire un arrêt au centre de ski Mont-St-Anne, et simplement profiter innocemment de la vie et le paysage que seulement la région de Charlevoix pourrait nous offrir.

Dans le même ordre d’idée, on n’a qu’à sortir de l’autoroute 2 au niveau de Calgary, et de conduire une autre deux heures pour être en pleine territoire des Rocheuses.  Plutôt cette semaine-même je l’ai fait avec des amis de l’Ontario.

Et, comme en Charlevoix, dans les Rocheuses on y est entouré des centres de ski…

… Je suppose que cela signifie que même lorsqu’on est entouré de très grandes différences d’une région à l’autre, on est quand-même toujours entouré des points de repère communs à nous tous.  Profitons-en, ils nous appartiennent!  🙂

Les photos qui accompagnent ce billet se trouvent à la fin du billet précédent.

Comparisons can be a good thing (#137)

Using comparisons when discussing two different places can be a double-edged sword.

Whenever I would travel to off-beat places overseas with friends who were not used to visiting places which may have not been the cleanest, the “home comparison game” would inevitably come up.  It’s a natural reflex to say “I wish this place were cleaner, I don’t trust the food here, why can the toilets be like home, why can’t local etiquette be better”, etc. etc.   At the risk of sounding patriarchal, I’d eventually step in and just tell them to stop looking at the ground and to stop the negative comparisons — and just enjoy the trip for the sake of enjoying the trip.  Otherwise they would never focus on all the good things going on around then which they travelled so far to see.   This is the negative side of making comparisons.

But there is a flip-side to making comparisons.  They can also allow you to see what you have in common.  In a Canadian sense, because we do have a socio-linguistic duality, comparisons can be a good thing.   They can help you appreciate differences, they can help you appreciate our deeply shared values, and they can help you embrace our socio-linguistic duality, and to incorporate it into your own lives (with all the differences and similarities that come with it).

Sometimes the comparisons don’t have to be mind-blowing statistics or earth-shattering differences, or even obvious things such as how a holiday festival may be celebrated differently from one end of the country to the other.  Sometimes simple comparisons can be all that’s required to find points of commonality which make you feel at home where ever you are in Canada.

I can give you an example…  A couple of days ago I did the 3 hour drive on highway 2 connecting Edmonton and Calgary (the Edmonton-Calgary corridor).   Only two weeks earlier, I did the 3 hour Autoroute 20 drive between Québec City and Montréal.    These two drives are remarkably similar in terms of the layout of the land, the look of the farms and clusters of trees along the way, how the cities look when you drive past them, what services are available along the route, the amount of traffic – everything actually.  In fact, the “city-to-city” portion of highway 2 in Alberta and Autoroute 20 in Québec are so similar that if it were not for the signage (ie: everything in English in Alberta, and everything in French in Québec), that you likely wouldn’t know which of the two provinces you were driving in.   Very few other major routes in Canada share such similarities.

It’s funny how something so simple and so mundane as a 3 hour drive between two major cities can make you feel you’re on “home-turf”, despite more than 4000kms separating the two.  Even when you pull of the highway and drive through a city like Drummondville in Québec or Red Deer in Alberta, again, they feel the same.  Because people in Red Deer and people in Drummondville grew up in mostly the same systems, with the same type of education, economic systems, life-challenges, employment realms, and other similarities, they’re basically people who are cut from the same cloth (yeah, there are differences between some of Québec’s and Alberta’s social programs, but on an overall degree scale, those differences wouldn’t be any more than 3, 5 or 6 degrees out of a total 360 degrees).  But drive a few hours south, across the US border, and the cities have a very different feel.

It’s these types of small comparisons which bridge gaps and can give you common ground.  They’re also the types of comparisons which give you the incentive to learn more, and to also appreciate the differences which do exist.

But what I find to be one of the most important components in such a comparison equation is that many cities like Drummonville in Québec and Red Deer in Alberta are still what constitute a very large portion of Québec’s and Alberta’s population and society, as well as every other region across Canada.   Cities such as Montréal and Calgary and Québec (City) and Edmonton are the anomalies since they’re “one-offs” surrounded by seas and seas of smaller places like the Drummondvilles and Red Deers of Canada.

But what’s also cool is that we don’t have to venture far from what’s in common to find some pretty amazing differences which we can also share and incorporate into our own lives.   Of course, cultural differences can be appreciated, celebrated and shared with one another.   But some of the geographic differences can be awesome.

At the Québec City end of the Montréal-Québec Autoroute 20 corridor, just need to cross the St. Lawrence and drive a couple hours further along its banks, and you’ll pass through the amazingly beautiful Charlevoix region.   I spent a little time there three weeks ago, just hanging out in Charlevoix, checking out the ski slopes, and reconnecting (it had been a while since my last time in Charlevoix).

In the same vein, at the Calgary end of the Edmonton-Calgary Highway 2 corridor, you just need to turn west and drive a couple of hours further, and you’ll pass through some of North America’s most scenic Rocky Mountain landscapes.   I did this drive and spent a couple of days there earlier this week.   But just like in Charlevoix, I was surrounded by ski resorts…

I guess that goes to show that even when we’re in the thick of some pretty obvious differences… we’re still surrounded by the same!   It’s all good!


Quiz:  For those of you who have driven the Edmonton-Calgary and Québec-Montréal corridors, guess which photo below is from which highway (you might be surprised).  The answers are at the bottom of the photos.  See how many you get right.

Quiz : Pour ceux d’entre vous qui avez déjà conduit les corridors Edmonton-Calgary et Québec-Montréal, devinez quelle photo ci-dessous correspond avec le bon corridor (attention car vous risquer de vous tromper).  Les réponses se trouvent en bas des photos.  Combien avez-vous deviné correctement?


at20 hw2

PHOTO A

30 or 2, 1

PHOTO B

30 or 2, 3

PHOTO C

30 or 2, 9

PHOTO D

30 or 2, 7

PHOTO E

30 or 2, 5

PHOTO F

30 or 2, 6

PHOTO G

30 or 2, 4

PHOTO H

30 or 2, 8

PHOTO I

30 or 2, 2

ANSWERS: A (Alberta);  B (Alberta);  C (Québec);  D (Québec);  E (Alberta);  F (Québec);  G (Alberta);  H (Québec);  I (Alberta)


  • Photos of the Charlevoix region (mentioned above) — all within a 90 minute drive of Québec City
  • Des photos de la région de Charlevoix (metionnées ci-dessus) — à 90 minutes de Québec.

Baie-St-Paul:

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Centre de ski Mont-Ste-Anne:

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Traîneau à chien:

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  • Photos I took in the Rockies a few days ago (mentioned above) — all within a 90 minute drive of Calgary
  • Des photos que j’ai prise dans les Rocheuses il y a quelques jours (mentionnées ci-dessus) — à 90 minutes de route de Calgary.

The Prairies suddently end and the Rockies rise up out of nowhere.  Les Prairies subitement prennent fin (avant scène) pour donner lieu aux rocheuses (arrière scène).

rky1Canmore:  12,000 people, of which 4,000 are Francophone.  Here’s an interesting YouTube clip on the Francophone aspect of the town:  http://www.youtube.com/watch?v=OOI9hPLSnNA.   Canmore:  une ville de 12,000 habitants, qui compte 4,000 francophones.  Ci-dessous est une vidéo Youtube sur l’aspect francophone de la ville.

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Le centre de ski de Lac Louise / Lake Louise ski resort

  • rky9Un traîneau de chien (une activité “touristique” très populaire dans les Rocheuses — tout comme dans certains endroits au Québec (pour les lecteurs hors Canada, NON, la plupart des canadiens non jamais embarqué dans, ou non jamais vu un traîneau de chien… ce n’est qu’une attraction touristique pour certains, ou un passe-temps pour d’autres.  C’est une blague récurrente au Canada dans le sens que nous pensons que le reste du monde croît que vivons dans des igloos et que nous avons des traîneaux de chien à la place des voitures).  😉
  • Dog sledding, a very popular “tourist” activity in the Rockies, just as it is in certain areas of Québec.  (for readers outside Canada, NO, most Canadians have never rode on, or even seen a dogsled… it is simply a tourist attraction now or a hobby activity for a certain few.  It’s a running-joke in Canada that we think the rest of the world believes we live in igloos and ride dog sleds to work).  😉

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Driving into the town of Banff / Se dirigeant vers la ville de Banff: 
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View of the town of Banff / La vue de la ville de Banff:rky16 rky17 rky18