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Port-Alberni – Les pires villes? — Ne soyez pas si prompt à « appuyer sur la détente » — Partie 3 (#159)

I’m writing this post in French, for a those following from Québec.  This post will look at the lowest ranked city in the MoneySense rankings (a continuation from the last post) – Port-Alberni.  Most Anglophone Canadians would be familiar with Vancouver Island, and perhaps even Port-Alberni, but I’m not so sure many Québec Francophones would be as familiar with this region of the country – or even know that the SW coastal region of B.C. is Canada’s snow-free & palm-tree all-season playground region (the blog is about tearing down the Two Solitudes, and it’s a two-way street after-all — so I have to get the odd French-post in from time-to-time 😉 )

Dans les deux billets précédents, on a jeté un coup d’œil sur le classement (« très médiatisé » d’ailleurs) des 201 villes canadiennes, classées par le magazine MoneySense.  Chaque année ce magazine fait le bilan des « meilleures » villes et les « pires » villes où vivre au pays.   Pourtant, comme j’ai dit dans les deux billets précédents, les facteurs que MoneySense prend en considération sont tirés d’un spectre très mince, et ne ils ne prennent pas en considération d’autres facteurs, parfois subjectifs, mais souvent très importants.   Les seuls outils dont ils se dotent pour faire leur évaluation ne sont que les indicateurs sur le revenu personnel, prix de maison, combien de temps il faut pour payer l’hypothèque, la valeur nette familiale, les taux de chômage, la croissance de la population, et les impôts fonciers.   Portant, ce classement annuel attire beaucoup d’attention médiatique, malgré la faiblesse de ses données.

Pas fort à mon avis!  Car la qualité de vie qui se découle de notre décision où mener notre vie penche sur bien plus que ces quelques facteurs plutôt limités.   MoneySense se justifie en disant qu’il faut être capable de se trouver un emploi et de se payer la vie pour en profiter du reste.  Mon argument, c’est qu’il est l’ensemble de beaucoup plus de facteurs qui détermine si la vie est bonne ou pas (côté financier, mais aussi les autres aspects que nos villes peuvent nous offrir).

À mon avis, si vous cantonnez vos recherches à des lieux paradisiaques (qui, franchement, n’existent pas – peu importe où on vie au monde), et si vous déguerpissez dans la stratosphère ou sur une autre galaxie, vous êtes cuit!  Vous ne trouverez jamais le « paradis » que vous cherchez.  Il faut trouver le bon dans ce qu’on a déjà.  La vraie vie, et la satisfaction que s’en suit, se font à partir de la réalité.   Nos sentiments de satisfaction s’en découlent seulement lorsqu’on se met en première loge pour bien apprécier ce que nos villes peuvent nous offrir.

Oui, le fait d’être dans le moyen et d’avoir un ménage de quatre personnes qui gagne $120,000 par an dans une ville en pleine croissance peut faire qu’on se trouve en tête du classement des villes.   Mais s’il faut quand-même payer une hypothèque de $550,000 et travailler 60 à 70 heures pour gagner sa croûte, reste-il vraiment les moyens de s’en profiter des autres plaisirs qu’une telle ville pourrait nous offrir?   Les facteurs que nous présentent MoneySense ne me semblent pas en soi constituer la route vers la joie.

Dans leur classement des 201 « villes » du pays, MoneySense désigne Dolbeau-Mistassini à l’avant dernier rang (c’est la deuxième ville du Saguenay Lac St-Jean), et MoneySense réserve l’honneur du tout dernier rang à Port-Alberni, sur l’Île de Vancouver en Colombie-Britannique.   MoneySense prétend que ces deux villes (maintenant jumelées à jamais sous les plus improbables des circonstances) sont les « pires » places où vivre au Canada.

J’ai consacré le dernier billet pour déboulonner les notions que les facteurs pris en conscience par MoneySense sont les facteurs déterminants quant à la qualité de vie.  En effet, je vous ai offert un tour guidé « virtuel » de Dolbeau-Mistassini pour bien démontrer qu’elle ne mérite pas un tel classement, et qu’elle possède les atouts dont on s’attend de nos villes, d’un océan à l’autre (sinon pas plus).

Ce dernier billet sur Dolbeau-Mistassini était à destination des lecteurs anglophones d’un bout du Canada à l’autre, afin de leur présenter Dobeau-Mistassini, et de leur donner l’occasion de mieux connaître la ville et sa region.  J’espère qu’ils ont pu avoir une bonne impression de la ville, et qu’ils réalisent que ces classements ne sont qu’un jeu de chiffres, et non pas un mesure de la qualité de vie.    Ce billet, pourtant, est à destination des francophones du pays – particulièrement ceux du Québec.

Je vais mettre la ville « jumelle » (symbolique) de Dolbeau-Mistassini, celle de Port-Alberni (la ville le plus en bas du classement canadien, le 201rang), sous les projecteurs, tout comme j’ai fait d’ailleurs avec Dolbeau-Mistassini.  Cela aura pour effet de vous offrir un point de vue sur un coin du pays auquel vous n’aurez peut-être jamais pensé auparavant (si vous en étiez même au courant de cette région).

Port-Albanie, rue principale

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Deux prises de vue aériennes de Port-Albernie (cliquer pour agrandir)

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Dans le même ordre d’idées, je considère le classement MoneySense un peu trop sévère à l’égard de Port-Alberni.  Comme c’est le cas pour Saguenay Lac St-Jean, l’Île de Vancouver est un coin que je connais, et je dirais que les différences entre les 50ième, 100ième, et 200ième rangs des villes ne sont pas si grandes (malgré tout, le Canada compte des milliers de villes et villages de toutes tailles).   Je crois bien que vous seriez étonné de voir les similitudes entre Dolbeau-Mistassini et Port-Alberni — des similitudes qu’ils partagent avec des villes classées plus haut, tels les Boucherville (QC), Stratford (ON), Camrose (AB), ou Saint-Georges (QC) du pays.   Malgré tout, les villes et les provinces respectives redoublent leurs efforts (et ose-je dire, leur collaboration en forme de péréquation) au service de leurs citoyens pour s’assurer qu’on partage tous un niveau de vie relativement similaire, peu importe la taille de notre ville, peu importe où se situe notre ville, et peu importe le coin de notre pays.  À mon avis, c’est ça la beauté de l’affaire.

À la fin, la cerise sur le gâteau c’est toujours les efforts des habitants eux-mêmes, qui assurent que nos villes demeurent des communautés de choix – grâce à la générosité de leurs habitants, leurs accommodements envers les nouveaux membres de leurs communautés, et leur esprit de « bon voisinage ».   Mes sur ces derniers points, j’en ai très peu à craindre, car ce sont nos valeurs communs qui font toujours briller nos villes à travers le pays (qu’elles soient des villes anglophones ou francophones).

En gardant tout cela à l’esprit, entrons donc dans le vif du sujet… prochain arrêt :  Port-Alberni!

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Avec 17,000 habitants, la ville de Port-Alberni compte un peu plus d’habitants que Dolbeau-Mistassini, mais elles sont plus au moins des villes de la même taille.

Port-Alberni se trouve dans la province de la Colombie-Britannique, sur la côte Pacifique du Canada.

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Drapeaux de la Colombie-Britannique (gauche) et de la Colombie-Britannique francophone (droit).  Les deux sont des drapeaux officiels de la province.

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À mon avis, un des facteurs qui fait que la ville est très spéciale, c’est le fait qu’elle est située sur l’Île de Vancouver (une région à part, tout comme Saguenay Lac St-Jean est une région à part).   C’est une grande île au large du continent nord-américain et qui, à part son nom, n’a rien par rapport avec la « ville » de Vancouver (les deux ne sont même pas prôches l’une à l’autre… il faut prendre un traversier de quelques heures de la ville de Vancouver pour se rendre sur « l’Île » de Vancouver).   L’Île est « très » grande (même plus grande que beaucoup de pays).  En effet, elle est six fois plus grande que la province entière de l’Île-du-Prince-Édouard, avec plus de cinq fois la population de l’Île-du-Prince-Édouard.

Un des traversiers qui relient le continent et l’Île de Vancouver

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C’est une des régions du Canada où il ne neige pas l’hiver (du moins que si l’on se retrouve en haute altitude dans les montagnes).

Et c’est également une des rares places au Canada (hors la partie continentale du sud-est de la Colombie-Britannique) où les palmiers poussent l’année longue (c’est toujours une chose qui surprend beaucoup de Québécois – ceux qui n’ont jamais visité l’ouest du pays – et lorsqu’ils constatent que le Canada compte des régions sans neige et avec des palmiers).  Ce phénomène est dû à la manière que les courants d’eau chaud de l’océan Pacifique frappent la côte ouest du Canada – tout juste dans le bon endroit.  Et c’est pour cette même raison que les palmiers ne poussent pas (ou ne poussent pas si bien) juste un peu plus au sud, de l’autre côté de la frontière avec les Etats-Unis (du moins que si on voyage vraiment dans le sud vers la Californie).

Pourtant, parfois il pourrait y neiger.  Il est rare, et il ne neige jamais beaucoup (généralement elle fond tout de suite, les rares instances qu’il arrive…)

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Mais a des altitudes plus hautes, dans les montagnes durant l’hiver, il ne faut pas monter très loin pour trouver de la neige (et des conditions de ski hors pair!)

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Voici quelques photos des palmiers en Colombie-Britannique.  Il va sans dire que l’immobilier est assez cher dans les deux grandes villes Victoria (sur l’Île), et dans le métropole de Vancouver (sur le continent)… car on est dans la « Côte d’Azure » du Canada malgré tout — mais au moins les prix sont très abordables à Port-Alberni

pt.1 pt.2Ooof !! Je pense que le propriétaire de cette maison (en haut) est allé un peu “trop loin” avec ses arbres (mais, qui sait… peut-être il est d’origine d’une région du pays avec des “vrais” hivers !!  Alors, est-ce qu’on peut vraiment lui rapprocher d’aimer ses palmiers? 🙂 )

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Voici des vidéo des palmiers dans la région de l’Ile de Vancouver, ainsi qu’à Vancouver même:

I’Île de Vancouver est assez spéciale en soi.   La ville de Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, se situe dans l’extrême sud de l’Île de Vancouver, tandis que Port-Alberni de situte dans le centre-sud de l’île.

C’est un fait peu connu dans l’est du Canada que l’Île de Vancouver était son propre colonie (qui était gouverné comme un pays quasi-indépendant) avant la confédération canadienne en 1867 – ce qui a mené à sa fusion avec le continent et la province de la Colombie-Britannique.  Et un fait encore plus inattendu, c’est que les colons français (de la France) ont fondé une communauté à Victoria durant cette époque-là – avec une communauté francophone qui y demeurent toujours à ce jour.

Dans l’est du Canada, la ville de Québec représente « l’ancienne ville à l’Européenne » de l’est du pays, tandis que dans l’ouest du Canada, la ville de Victoria représente « ancienne ville à l’Européenne » de l’ouest du pays. La vieille architecture de Victoria, la grandeur et l’élégance de l’hôtel Empresse (un peu comme le Château Frontenac), l’imposant édifice qui est l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, la terrasse qui longe le vieux port, et les ruelles cachées à l’ancienne partagent beaucoup de traits en commun avec Québec.  Et comme Québec est la grande ville la plus proche à Dolbeau-Mistassini, Victoria est la grande ville la plus proche à Port-Alberni (qui est 2.5 heures de route vers le nord).

(Quelques photos de Victoria ci-dessous)

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Cliquer pour agrandir

vi3 Victoria - Inner Harbour vi4.2

Le drapeau de la Colombie-Britannique Francophone (en bas) flotte devant l’Assemblée législative à côté du drapeau provincial (étant moi-même né en Colombie-Britannique, j’en suis pas mal fier de voir le drapeau francophone de la C-B hissé devant l’Assemblée… pourtant, ma ville natale, Terrace, est assez loin de Victoria.  Terrace se trouve dans une autre partie de la Colombie-Britannique, 20 heures de route de Victoria, et 22.5 heures de route de Port-Alberni.  Ce n’est pas seulement le Canada qui est énorme, mais les provinces elles-mêmes sont parfois gigantesques — dirais-je des continents en soi!   S’il vous intéresse, par hasard j’ai déjà écrit un billet en français sur ma ville natale de Terrace — vous pouvez y accéder en cliquant ici.).

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L’Assemblée législative de la Colombie-Britannique à Victoria (ci-haut et ci-dessous).vi.4.5 vi.4.6

L’Hôtel Empresse et la terrasse du vieux portvi4

Les atouts spécifiques à Port-Alberni:

La région de Port-Alberni, toute comme la région où se situe Dolbeau-Mistassini, est un vaste terrain de jeux plein air qui offre des possibilités à l’infinie;  du ski, des sports aquatiques, des plages, la pêche, les sports d’hiver, les activités d’été – la liste est sans fin!

C’est une région où se trouve une bonne portion des forêts pluviales du Canada (en effet, ces forêts sont très prôche à Port-Alberni), qui elles-mêmes offrent une multitude de possibilités d’activités pleine air.  (Voici un lien sur les forêts pluviales de la côte ouest du Canada s’il vous intéresse:  -ICI-  et  -ICI-  et  -ICI-).

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Les environs de Port-Alberni comptent également des vignobles et des vergers

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Les autres activités plein air sont sans limites, toute l’année longue…

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Voici le terrain de golf de Port-Alberni

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De l’escalade à volonté (la chaîne de magasins MEC doit adorer des gens de ce coin !!!! – et moi, j’adore les magasins MEC!)

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Le canotage autochtone traditionel est devenu un passe-temps communautaire à Port-Albani (fait en équipe et ouvert à tous).  Il y a des équipes de femmes, hommes, enfants, et groupes mixtes.pa9.08pa9.05

Quelques photos du Fjord Albani…

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Comme Dolbeau-Mistassini, l’industrie de la pâte et papier est l’employeur principal de la ville.  Mais ces deux villes, comme j’ai mentionné dans mon dernier billet, sont bien plus que son industrie principale.  Elles sont l’ensemble de tout ce qu’ils peuvent offrir à leurs citoyens, et de tout ce que leurs citoyens s’offrent entre eux.   Une communauté est véritablement la somme de ses habitants – pas la somme des chiffres qui leur sont désignés par un magazine dans un classement annuel.

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Port-Alberni se trouve à l’extrême intérieur d’un fjord navigable, longue de 40 kms (le Fjord Alberni).   Les rues de la ville se terminent souvent au bord de l’eau.   Malgré le fait que Port-Alberni est relié à la grande autoroute expresse principale (Nord-Sud) de l’Île de Vancouver par une route d’une heure très boisée (avec des arbres si larges qu’il faudrait deux ou trois personnes pour mettre des bras autour des troncs — photo ci-dessous), un des moyens de transport à longue distance demeure des hydravions (reliant Port-Alberni à Victoria) — des avions à passagers qui décollent et atterrissent sur l’eau, dans le fjord (pas besoin d’un aéroport alors).

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Pour toute famille qui doit décider où s’installer et vivre, l’accès aux écoles, ainsi que la qualité de ces mêmes écoles deviennent des enjeux primordiaux.   Dans le dernier billet sur Dolbeau-Mistassini, j’ai fourni des liens pour vous laisser voir ses écoles.  Port-Alberni offre également un bon nombre d’écoles, dont une vient tout juste d’être construite (photos ci-dessous).  Il y a également une école française (” l’École des cèdres”), où les élèves peuvent poursuivre leurs études entièrement en français, de la maternelle, jusqu’à leur graduation (avant de poursuivre leurs études post-sécondaires).

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Il va sans dire que Port-Alberni, comme Dolbeau-Mistassini se dote de tous les services et convenances nécessaires pour bien vivre (dentistes, médecins, hôpitaux, magasins et supermarchés à grande surface, des industries et services assez diversifiés – tout ce qu’il faut au fond).

(photo de l’intérieur de l’hôpital de Port-Alberni ci-dessous).

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Et un des meilleurs avantages qu’apportent les villes de Port-Alberni et Dolbeau-Mistassini demeure toujours le faible coût de la vie!    On peut facilement se payer une maison, sans avoir les inconvénients de devoir faire la longue navette entre la maison et le travail chaque jour.   C’est un atout qui garantit qu’il y aurait toujours assez de temps avec la famille, et de s’en profiter des trésors naturels qui entourent la ville et la région – le tout à très bas coût, et avec le moindre effort!  N’est-ce pas la vie idéale et convoitée pour élever une famille? Surtout si on peut profiter de la vie, de ses amis, ainsi que d’activités culturelles et de ses passe-temps!

Alors, quand je vois un magazine tel MoneySense nous dire que nos trésors comme Dolbeau-Mistassini ou Port-Alberni ne valent que le fond du baril – là, je ne peux m’empêcher de prendre position et d’y mettre le hola!  Oui, j’aime moi-aussi nos grandes villes et leurs traits, mais ce sont nos petites communautés, précisément les villes comme Dolbeau-Mistassini et Port-Alberni, qui font la première ligne de défense pour empêcher que le pays, dans son entier, ne devienne un pays composé que de six grandes villes et peut-être 15 autres villes de tailles moyennes.

Ce sont les Dolbeau-Mistassinis et les Port-Albernis qui protègent notre héritage culturel, qui élèvent nos enfants, et qui tissent les liens essentiels entre la grande nature, les forêts, l’agriculture, l’eau, l’industrie, et le peuple du pays.   On ne peut jamais attribuer un « classement » à ce rôle essentiel, du moins du genre qu’elles se voient accordé par MoneySense.  Alors la prochaine fois que vous entendez tout ce tapage et tintouin médiatique autour du classement annuel des villes du Canada, assurez-vous non seulement de bien vouloir le prendre avec un grain de sel, mais plutôt sortez-vous un grand bloc de sel, bien carré et lourd – car la réalité le dicte!  😉

En terminant, je vous offre quelques liens de Google Streetview — un tour virtuel de Port-Alberni (comme j’ai fait d’ailleurs avec Dolbeau- Mistassini).

La rue principale

Des palmiers devant une maison à Port-Alberni:

L’Hôtel de ville

Le Quai publique principal

Le marina de ville

Le train historique à vapeur qui offre des tours de la région 

Une des hôtels historiques

Vieux styles d’architecture des maisons 1

Vue de la ville d’en haut

L’hôpital

L’Entrée principale à la ville

Rivière en ville

L’École des cèdres (une école française / d’immersion française)

Quartiers boisés:

Tour d’habitation (un autre genre d’habitation qui offre plusieurs choix de style de vie)

Complexe sportif, piscine, arène:

Styles de maisons des années 1980s:

La route de “connection” de 40 minutes (la seule route) qui relient Port-Alberni à la grande autoroute expresse de l’Île de Vancouver:

Une autre tranche de cette même route à l’entrée de la ville: (c’est un petit morceau de paradis, non?)

Et encore cette même route à quelques minutes à l’extérieur de la ville:

Le terrain de golfe de la ville:

Comme je l’ai dit dans le billet précédent sur Dolbeau-Mistassini, si Port-Alberni est la pire des pires villes au Canada… là, je crois qu’on est en train de faire quelque chose de bien correcte!   Continuons !!

SERIES: THE WORST CITIES??  SERIOUSLY??  DON’T BE SO QUICK TO JUDGE!! (5 POSTS):

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Terrace et la côte nord de la C-B (#53)

I’m going to pivot this particular post in a different direction.  There have been a number of Francophones from elsewhere in the country whose interest has been peaked by this blog.  In this post, instead of highlighting to Anglophones some of the unique aspects of Québec & Francophone culture, I’d like to share with Francophones some experiences from my own childhood in a region of Canada which is very different than regions found in Québec or elsewhere in Eastern Canada.

Souvent, quand on pense au Canada, on concentre plutôt sur ce qu’on croit savoir déjà, tel les clichés des gratte-ciels et le tour CN à Toronto, les rocheuses, les plaines, la colline parlementaire ou la Carrousel de la GRC.   Mais au fond, ces symboles ne font néanmoins pas plus partie de la vie quotidienne du citoyen lambda qu’en sont le belvédère de Mont-Royal ou la roche Percé en termes de la vie quotidienne des québécois.

Je me considère chanceux que mes parents viennent des racines rurales, et comme jeunes adultes, ils ont pris la décision consciente de démenager à plusieurs reprises et d’élever leurs enfants dans quelques petites communautés différentes, à distance des grands centres métropolitains du pays, afin de permettre à leurs enfants de connaître mieux le pays et ses régions différentes.

Mes souvenirs d’enfance et d’ado sont répartis entre les forêts pluviales du nord de la Colombie-Britannique, les« forêt-parcs à trembles » qui forment la région d’agriculture du nord et du centre de l’Alberta, et les grandes prairies ouvertes du sud de la Saskatchewan — un endroit où j’ai toujours l’impression que le ciel est plus grande que la terre d’orée.

Malgré la grande différence physique de toutes ces trois régions, pour moi elles se fusent ensemble pour faire l’expérience collective de ma jeunesse.   Au-delà du fait que l’aspect physique de ces terres pourrait être étranger pour des gens de l’est du Canada, le fait qu’une grande partie de ma vie s’oscillait entre l’anglais et le français dans tous ces endroits pourrait du même coup laisser avoir de quoi surprendre.

Pour moi, ces différences physiques font une des caractéristiques uniques de notre pays; ce qui fait qu’on a tous des expériences de jeunesse dans des environnements physiques aussi différents que celles entre deux continents à deux extrémités du monde.  Mais après avoir vécu dans six provinces différentes, ce que je constate de mes expériences, c’est que notre style de vie, nos expériences en famille, à l’école, au travail, ou entre amis demeurent uniquement les nôtres, issues d’une culture qui nous est commune d’un océan à l’autre.

Combien de fois puis-je compter le nombre de fois que j’avait rencontré d’autres canadiens outremer lors de ma décennie passée à l’étranger — des anglophones, des francophones, ceux et celles des maritimes, du centre du pays, et de l’ouest.  Instantanément on s’est trouvé des liens, expériences et points de vue communs à nous tous, malgré nos différences régionales ou linguistiques – le genre d’expériences qui seraient difficiles à forger avec des gens d’autres pays.  Parfois, il faut vivre l’expérience à l’étranger afin de mieux constater ce qui nous relie comme peuple, malgré les distances, et même en dépit nos différences au sein de ce même pays, si grand qu’il soit.

Mais de comprendre, voire apprécier ces différences n’est pas d’autant moins un atout national partagé entre concitoyens qu’il l’est inhérent à notre identité propre.   Néanmoins, il faut être en mesure de comprendre ces différences avant même d’arriver au point de les apprécier – d’où ma raison d’écrire ce blogue, principalement à destination des anglophones du Canada.

À virer la table dans l’autre sens, une de mes expériences en grandissant qui ne serait pas familier à la plupart des québécois serait celle de l’environnement physique dans lequel j’ai passé le début ma jeunesse, près de la côte nord de la Colombie-Britannique, dans la ville de Terrace où je suis né (du moins que si vous vous y seriez allées visiter ce coin magnifique du pays).

Terrace (pop. 11,300) se situe 90 minutes de route à l’intérieur de la côte pacifique, 90 minutes de la ville de Prince-Rupert (pop. 12,500), et quatre heures de route du poste frontalier le plus proche (et le plus au sud) de l’Alaska.  À 17 heures de route de Vancouver (la métropole principale de la C-B), Terrace pourrait être pour la C-B de ce qui est l’équivalent symbolique de Natashquan pour le Québec (qui se trouve à 16 heures de route de Montréal – également “au bout du monde”), mais avec une population bien plus grande que Natashquan.

À part la population, l’autre différence majeure avec Natashquan serait le climat.   Terrace se trouve en plein milieu des montagnes de la « Chaîne côtière », une chaîne de montagnes énorme, de pics enneigés, pas du tout reliée aux Rocheuses (les Rocheuses les plus proche de Terrace serait d’au moins 10 heures de route).

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Ce sont dans ces montagnes où on retrouve les forêts pluviales tempérées de la Pacifique (ce genre de forêt ne se trouve que dans quelques régions du monde;  le Chili, la Californie, certaines parties de l’Espagne et du nord-ouest d’Europe, une partie de l’Australie, une partie des côtes de la Turquie, en Géorgie, dans une portion du sud et sud-est de la Chine, et dans certaines parties de la Corée et le Japon).

Il faut se rappeler que le climat de la côte Pacifique du Canada, même les parties le plus au nord de la côte pacifique canadienne, a un climat très doux, plus proche à celui du centre de la France que celui du Québec (il y a même des palmiers qui poussent l’année longue dans le sud-ouest de la Colombie-britannique).

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Alors, avec une si grande richesse naturelle, mes mémoires d’enfance sont des images d’avoir toujours été à l’extérieur de la maison, dans les forêts – en attrapant des crapauds géants, en jouant avec des insectes qui n’existent nulle part ailleurs au Canada, en jouant dans l’eau des ruisseaux des montagnes, et en grimpant dans des arbres si larges que même trois adultes ensemble ne seraient pas capables de mettre les bras autour des troncs (ça grimpe haut un enfant dans un arbre comme cela, à la grande consternation de sa mère!).

Lorsque je pense aux forêts pluviales de cette région, je pense plus souvent à ce qui se trouvait au sol plutôt qu’aux arbres eux mêmes.  Ces forêts sont si différentes de toute autre que l’on trouverait ailleurs au Canada.   Malgré qu’il puisse y avoir des chutes de neiges lourdes par occasion rare, le climat doux fait qu’il pleut l’année longue, surtout l’hiver.  C’est l’humidité de tout ce qu’on touche au sol qui me reste ancrée dans le mémoire; la composition noire comme charbon du sol même, la mousse ultra-verdoyante, des champignons énormes et omniprésents, des moisissures accrochées aux arbres, et des fougères qui se laisse croire qu’on serait plutôt dans une scène de Jurassic Park que dans une forêt canadienne.

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Peu importe où l’on tournait le regard, il y avait toujours de l’eau, soit en forme de cours d’eau de toute tailles, de chutes d’eau, des sources d’eau écoulant des roches — et l’océan même.   Et là où il a de l’eau, il y a des pêcheurs (de recréation ou de profession), et du camping.

Ma famille est passée tellement de fins semaines dans les terrains de camping que j’ai presque l’impression d’y avoir a moitié grandi.  Mon père, un pêcheur sportif enthousiaste, m’a trainé à passer des journées entières sur les berges des rivières.  On y faisait souvent un grand feu sur les rives du fleuve Skeena.  Les cannes à pèches étaient énormes comparées à celle dont on s’en sert à la pêche sur lac (là on pêchait le poisson flétan, long de un à deux mètres, et la bataille qui s’en suivait faisait que les cannes à pêche devaient être ancrées dans le sable pour ne pas les perdre).

Mais même sur les rives des rivières, à un centaine de kilomètres de l’océan, on était quand-même en compétition avec des phoques et des loutres de rivière pour pêcher les meilleurs poissons (combien de fois que mon père ait sacré à haute voix dès l’apparition des loutres).

Faire de la pêche en soit n’est pas un style de vie étranger aux québécois, mais la nature sauvage des cours d’eau, l’humidité des environs, l’odeur fort des forêts, la largeur des rives et bancs sableux des rivières, la nature et la densité des forêts, et l’abondance des poisons est ce qui fait de cette région comme nulle part ailleurs au pays.

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Un flétan long de 130cm

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La culture des Haidas et d’autres groupes autochtones y fait bien plus partie vivante de la culture locale qu’à d’autres latitudes semblables au pays.   C’est le pays des totems, et une culture qui imprègne où que l’on se tourne.  Que ce soit des gens en train de pendre, sécher et fumer du saumon à vendre, ou que ce soit la sensation mystique que nous donnent des mâts totems des siècles passés – maintenant tombés par terre – on a l’impression qu’on y vie parmi un peuple qui est aussi enraciné à la terre que les racines des arbres.

On avait la sensation qu’on était au pays des fantômes – il y a très peu de places au Canada où on peut toujours trouver des traces et des vistiges physiques d’une civilisation précoloniale dans les forêts, et de toucher les ruines à main nue.

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Des totems, 1878 (tels qu’ils était il y 140 ans). Archives du Canada.

J’ai toujours des souvenir des îles Haida Gwaii, constamment enveloppées en brouillard, les arbres qui jouaient cache-cache dans les nuages.  C’est le silence des forêts qui me frappait – comme si l’humidité et odeur de forêts lourd mangait le moindre son – hormis les cris des pygargues à tête blanche, ou le craquement des branches.

Les plages des îles, pour un enfant, sont une aire de jeu vivante qui offre des possibilités infinies, avec les merveilles de la mer en abondance qui s’échouent sur la plage.  Je me rappelle très bien d’avoir passé des heures à jouer avec les mini-crabes, des étoiles de mer, des algues, ainsi de suite.

Sur les plages on trouvait régulièrement des flotteurs japonais échoués, fabriqués en verre, qui servaient de flotteurs aux filets de pêche au japon – et qui, une fois détachés des filets, faisaient le voyage transpacifique depuis le japon jusqu’aux côtes de la Colombie-britannique.

Pendant que j’explorais ce monde de secrets dévoilés à nouveau chaque matin, les plages à marée basse accueillaient des adultes avec broques et pelles en main qui faisaient de la pêche récréative de myes (il s’agissait de creuser pour trouver des palourdes là où on voyait leurs jets d’eau sortir du sable).

plages côtières

On vivait dans le pays de « l’ours esprit », proprement connu comme l’ours Kermode.  C’est un ours blanc, une espèce d’ours à part qui n’est ni albinos, ni reliée aux ours polaires.  Pour les repérer il ne suffisait que de se stationner son véhicule sur le bord du dépotoir de la ville pour les voir fouiller dans les ordures.

Je ne crois pas qu’il s’agit d’une espèce en danger, mais elle n’existe nulle part ailleurs au monde.

Ours Kermode

L’hiver était bien spécial dans cette région.  On pouvait y passer des hivers sans neige (l’hiver était la saison des pluies).  Mais il ne fallait que monter dans les montagnes, de quelques centaines de mètres d’altitude, pour trouver ce qui était parmi les meilleures conditions pour faire du ski-doo et du ski alpin au monde.

Dès l’instant même que je commençais à marcher, pas parents mon mis sur une paire de skis.  À l’âge de cinq ans je me rappelle avoir fait des compétitions de ski alpin.

Les fin semaines, mon père et son gang de chums sortaient tous de la ville, trainant leurs remorques chargées de ski-doos, à destination des chemins forestiers.   Comme enfant très jeune, mon père m’enjambait pendant des heures et des heures sur le banc de son ski-doo Élan (une machine classique aujourd’hui) lorsqu’on partait en aventure jusqu’aux cimes des montagnes.

Les gardes forestiers avaient installé des cabines en bois sur plusieurs cimes, avec lits et poêles à bois, qui servaient comme « station d’arrêt » à gratuité aux ski-dooistes durant l’hiver.  C’était un style de vie dont je m’en rappellerais pour le reste de mes jours.

Ce n’est pas seulement à Natashaquan où l’on pourrait chanter « Mon pays c’est l’hiver » 😉

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D’une façon, ça doit être bizarre pour beaucoup de Québécois, qui n’ont pas l’habitude de voyager souvent hors des grandes villes ailleurs au Canada, de penser qu’il pourrait s’y trouver une communauté francophone (et des anglophones comme moi qui métraisaient le français) dans un endroit si éloigné tel que Terrace.  Mais voilà — il y existait un style de vie qui attirait des gens de multiples horizons.

Terrace n’était pas une très grande ville, mais il comptait quatre écoles à niveaux différents où l’on pouvait poursuivre ses études entièrement en français.

Même plus que 10 ans après avoir quitté la Colombie-britannique pour l’Alberta, pendant mes études francophones à l’université à Edmonton, j’ai rencontré une francophone de mon âge d’origine de Terrace (ses études et sa vie de maison étaient toutes en français à Terrace dès sa naissance).   On s’est demandé si on se connaissait quand on était jeune, ou d’où moins si on avait des amis d’enfance en commun… mais Terrace et la communauté francophone était assez grande que nos chemins ne se semblaient pas s’être croisés.

Si jamais vous avez l’occasion de visiter cet endroit unique et sans égale du pays, je vous le recommande à tout cœur d’y aller.  Il serait une expérience dont vous vous en souviendriez à jamais.  À partir du Manitoba, l’autoroute transcanadienne se branche en deux – la route 1 du sud qui traverse Régina, Calgary, jusqu’à Vancouver, et la route 16 du nord qui traverse Saskatoon, Edmonton jusqu’à Terrace et Prince Rupert.  La ligne de rail VIA compte également des chemins jusqu’à Terrace et Prince Rupert.

Alors, je vous laisse avec quelques images de plus de cette partie de notre pays.  Il appartient tant qu’à vous qu’à moi — alors il vaut la peine de le découvrir.

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