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Les préjugés à l’égard de l’Alberta : Un univers de l’extrême droite fédérale? (Partie B) – 4 sur 6 (#252)

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(Au moment de l’écriture de ce billet, le NPD n’était pas encore au pouvoir en Alberta.  Le fait que le NPD a pu gagner l’élection albertaine avec une victoire majoritaire écrasante ne fait que confirmer et qu’accentuer les indices et tendances dont j’ai parlé dans cette série de six billets.  Et oui, le choix d’orange pour cette préambule n’est pas un hasard 😉 ). 

Ce billet est le quatrième dans une série qui cherche à démystifier un peu l’essence même de l’Alberta aux yeux des Québécois.

Dans le dernier billet, je parlais de certaines similitudes politiques qui existent entre Edmonton et Montréal.

Je parlais encore plus des points de repère qui existent entre les régions rurales et les petits centres au Québec et ceux de l’Alberta, notamment le fait que leurs propres valeurs se ressemblent plus à celles des anciens Progressistes-Conservateurs que tout autre parti (et ça va de même pour d’autres régions à l’est de Trois-Rivières, y compris la ville de Québec, Saguenay Lac St-Jean, et la Beauce).

À la fin du billet précédent, j’ai fait mention que mes propres observations m’indiquent que les valeurs et les mentalités à la base sont les mêmes pour beaucoup de Québécois et beaucoup d’Albertains.  J’ai terminé en disant que je pourrais offrir des tendances concrètes qui ajoutent un certain éclairage à mes observations.

Pour commencer, au Québec on voit sondage après sondage qui indiquent que les Conservateurs en général se trouvent en pente ascendante dans les régions rurales, dans les petits centres, dans une grande partie de tout ce qui est à l’est de Trois-Rivières (y compris à Québec).

Sauf dans quelques circonscriptions (principalement dans la région de Québec), les Conservateurs ne sont pas nécessairement majoritaires dans les intentions de vote.  Mais leur présence est assez forte pour laisser croire que la population demeure divisé entre les valeurs fiscales conservatrices, et les valeurs sociales du NPD et des Libéraux – un trajet mi-chemin si vous voulez (justement l’incarnation de l’esprit des anciens Progressistes-Conservateurs).

Et c’est justement où se situe une bonne partie de la population de l’Alberta – des gens qui s’identifient plus avec les anciens valeurs des défunts Progressistes-Conservateurs que tout autre parti.

Ci-dessous je vous offre quelques observations et je vous décris pourquoi il existe un décalage entre ce que le Québec “croit” être l’Alberta moderne, et ce qui est la réalité de l’Alberta sur le terrain.  En effet, je vous montrerai comment et pourquoi l’Alberta, dans son ensemble, ressemble beaucoup à tout ce qui se trouve à l’est de Trois-Rivières au Québec (y compris la ville de Québec) — plus que la moitié de la grandeur de la province.  C’est d’autant plus important que je vous montre que l’Alberta n’est pas la terre d’extrême droite que tant de monde prétend qu’elle l’est.

L’assouplissement des prises de position des Conservateurs fédéraux au fils du temps pour plaire à leur base rurale en Alberta, et à leur électorat assez imprévisible à Calgary et à Edmonton

Au Canada, surtout dans l’est du pays, on a tendance à penser que les Conservateurs fédéraux sont plus alignés avec les Républicains américains que les Démocrates.

Cependant, l’évidence empirique démontre que les Conservateurs fédéraux partagent beaucoup plus en commun avec les Démocrates qu’ils partagent avec les Républicains (le spectre politique américain en général, qui inclue les Démocrates et les Républicains tous les deux, et bien plus à droite que le spectre politique canadien.  Même la ligne du centre du spectre américain est plus à droite que la ligne centrale Canadienne).

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En vous disant le suivant, je ne suis pas en train de défendre ou d’aligner mes propres vues ni avec les  Conservateurs, ni avec aucun autre parti politique.   Mais je peux quand-même me permettre de faire quelques comparaisons entre les Conservateurs fédéraux canadiens et les Démocrates américains – car ils partagent les mêmes points de vue sur :

  • l’engagement militaire au Moyen-Orient (Harper suit souvent le pas d’Obama, mais Harper ne va pas aussi loin qu’Obama dans ses actions militaires),
  • sur le mariage gai (on a vu un assouplissement remarquable chez les Conservateurs au cours des quelques années précédentes, au point où les Conservateurs disent maintenant que c’était la bonne voie à suivre),
  • la nécessité d’un système santé universel. Mais les Conservateurs fédéraux vont bien plus loin, et défendent ardemment le système universel canadien, tout comme le NPD et les Libéraux.  Pourtant, les Démocrates ne défendent qu’un système de couverture médicale universelle privée.  C’est quand-même l’individu aux É-U qui doit assumer ses paiements d’assurance médicale, et ces paiements ne sont pas gratuits.
  • le contrôle des armes à feu. Malgré que les deux partis n’invoquent aucune volonté de créer un registre des armes à feu, les Conservateurs interdisent toute une gamme d’armes controversées à l’usage personnel – et la liste des armes interdites en sol canadien par les Conservateurs (et les restrictions de l’usage des autres) est bien plus longue que la liste des armes interdites par les Démocrates aux États-Unis.
  • l’euthanasie. Lors du débat sur l’euthanasie aux fins humanitaires, les membres et députés du parti Conservateur était déchirés à l’interne sur la question, avec beaucoup qui l’appuyait en privé.  Le gouvernement Conservateur semble avoir pu trouver la solution facile; laisser la Cour Suprême trancher sur la question (en sachant d’avance que la Cour Suprême allait l’accorder).  C’est une tactique et une conversation que ni l’administration Obama, ni les Démocrates élus aux É-U ne semblent vouloir toucher.  Alors dans ce sens, les Conservateurs ici ont devancé les Démocrates sur ce sujet progressiste
  • Ni les Démocrates, ni les Conservateurs ne veulent légaliser la marijuana.
  • Les Conservateurs font des coupures dans nos diffuseurs publiques (CBC/Radio-Canada). Personnellement, je ne suis pas d’accord avec ses coupures.  Mais au moins ils ne sont pas les Démocrates d’Obama, qui refusent carrément de supporter un diffuseur public télévisé ou radiophonique aux É-U avec les fonds des contribuables.   Sur ce sujet, c’est nuit et jour entre les Démocrates plus à droite et nos Conservateurs plus à gauche.
  • la position des Conservateurs sont plus progressistes que les Démocrates aux É-U sur tout une panoplie de sujets : surtout sur les questions de l’assurance-emploi, les paiements de péréquation, les ententes de libre échange internationales, les crédits d’impôts pour les arts et la culture (nos programmes qui reçoivent toujours de l’argent de la part de Conservateurs n’existent même pas dans les budgets Démocrates aux É-U), sur les crédits d’impôt à la famille, pour en nommer quelques-uns.

Là où les Conservateurs au Canada sont en retard face au Démocrates aux États-Unis, c’est sur le plan environnemental – surtout sur l’engagement international.  Mais même ici il s’agit d’une pièce à double-face, car l’administration Obama ne semble pas vouloir intervenir dans le dossier des endommagements à l’environnement lourds causés par le forage de gaz à schiste (les É-U produit plus de gaz à schiste que tout autre pays au monde)

Ironiquement, beaucoup de québécois chantent les louanges des Démocrates aux États-Unis, mais diabolisent les Conservateurs.  Malgré le fait que je ne suis pas partisan des Conservateurs “fédéraux”, c’est une dichotomie qui me laisse toujours perplexe.   Car, à la fin de la journée, les Conservateurs fédéraux canadiens, lorsqu’ils sont mesurés contre tous les partis fédéraux, est celui qui se ressemble le plus aux Démocrates des États-Unis.

Au Québec, on associe les Conservateurs avec l’Alberta.  Mais je me demande si, dans la tête des Québécois, ces gens diabolisent l’Alberta en raison des Conservateurs, ou si on diabolise les Conservateurs en raison de ce qu’ils croient être l’Alberta (faussement dois-je dire).

Peu importe, pourquoi voit-on une telle diabolisation de la part d’un bon nombre de Québécois (venant surtout de Montréal et les régions qui se trouvent à l’ouest de Trois-Rivières)?

Je me pose la question car le saut est long entre la décision anodin de ne pas vouloir supporter un parti, faute de ne pas être en accord avec ses politiques, et d’aller jusqu’au point de “diaboliser” un parti et toute personne qui aurait voté pour eux, y compris l’Alberta.

C’est une question à laquelle j’ai longuement réfléchi.  Au cours des années, j’ai écouté et j’ai parlé à beaucoup de monde au Québec.   Au fond, je crois qu’il en existe quatre raisons principales :

  1. Il existe une perception au Québec que les Conservateurs viennent d’une base très religieuse; une qui n’est pas compatible avec les valeurs québécoises. Mais si vous auriez lu l’avant dernier billet, vous auriez découvert que la réalité est toute autre.   C’est en grande partie pour cette raison que les Conservateurs fédéraux ne sont pas “diabolisés” ou “méprisés” en Alberta elle-même.  Personne ne les croit un parti “religieux” (ni les Albertains, ni les provinces avoisinantes qui connaissent très bien l’Alberta et son côté très laïque).

Même de la part de la population albertaine qui ne vote pas pour les Conservateurs (surtout à Edmonton, mais aussi ailleurs dans la province, et particulièrement dans la moitié du nord de l’Alberta) on ne ressent pas une “haine” envers les Conservateurs (pas plus que le Québécois lambda ne ressent pas une “haine” pour le NPD, le Bloc ou les Libéraux, même s’il n’aurait pas voté pour ces partis).

Une des raisons pour lesquelles les Albertains ne ressentent pas ce mépris trouve sa réponse dans le fait que le parti Conservateur ne vient pas d’une base “religieuse” en Alberta.   C’est un constat que le Québec n’a pas encore fait.

Stephen Harper, est-il religieux?  Peut-être – en effet, probablement.  Cependant, je ne sais pas exactement à quel point il est religieux.  D’autres gens qui le connaissent personnellement en parlent de temps en temps, et j’entends toutes sortes d’histoires et d’hypothèses (on les a tous entendu en Alberta).  Mais Harper lui-même n’en a jamais parlé publiquement de sa propre foi.   S’il est religieux, même profondément religieux, est-ce que cela me dérange?  Ben, pas plus du fait qu’Obama s’est dit être très religieux, et ce très ouvertement (au point où il dit qu’il prie à genou, à côté de son lit, chaque soirée avant de dormir – un fait qui semble de ne l’avoir pas empêché de gagner le prix Nobel, et qui n’empêche pas un grand nombre de Québécois de chanter à la gloire son virtuose.  Alors, voyez-vous l’hypocrisie?).

Ma façon de voir les choses : Tant que Harper ne laisse pas sa religion influencer sa façon de gérer le pays, et tant qu’il n’impose pas sa propre foi sur d’autres, sa religiosité ne me dérange pas – et elle ne dérange pas une bonne partie de la population Albertaine (tout comme la foi d’Obama ne dérange pas ceux vivent à Manhattan à New York, à San Francisco, au Vermont ou à Chicago — qui sont d’ailleurs les régions des É-U les moins religieuses … mais les régions d’où Obama tire son soutient de base au énième degré”.

Et plus important; tant que Harper soit bien entouré d’autres membres du parti qui sont “laïques” et qui occupent toute une foule de postes clés (et ces gens il y en a en masse… leurs noms sont aussi bien connus en Alberta que les québécois connaissent leur propre personnages politiques), j’ai au moins l’assurance qu’aucun chef “religieux” serait en position de projeter leur foi sur ses décisions majeurs, de crainte qu’il soit expulsé par son propre parti, et surtout par sa propre base (l’Alberta laïque).

L’Alberta avait déjà vécu son propre parcours religieux, un qui était politiquement oppressif et difficile – sa propre “grand noirceur” si voulez — qui impliquait le défunt Parti Crédit social de l’Alberta.

Suite à son propre Révolution tranquille des années 1970, l’Alberta ne tolèrerait plus un parti à la barre qui gère avec la Bible en main.  Mais hélas, c’est encore tout ce grand épisode de l’histoire albertaine qui n’est jamais enseignée au Québec (je met l’emphase sur le mot “jamais”).  Et cela pose un véritable problème.  Les Québécois forment des idées à l’égard de l’Alberta et de sa population sans savoir l’histoire (tant à l’égard des élus de l’Alberta, qu’aux gens ordinaires de l’Alberta comme moi, ma famille, mes voisins, mes pairs, et tous mes autres concitoyens albertains).

  1. Beaucoup de Québécois croient souvent que sur l’échelle de la droite radicale, les Conservateurs sont à l’extrême bout de l’échelle. Cependant, comparé avec beaucoup de partis de droite en Europe (même en France et les Républicains aux É-U), les Conservateurs fédéraux canadiens ne se rangeraient même pas comme pensée après coup sur l’échelle des partis droitistes.

Comme j’ai mentionné plus tôt dans ce billet, les Conservateurs ont bien plus en commun avec les Démocrates aux É-U qu’ils ont avec les Républicains (les québécois considèrent-ils les Démocrates comme un parti d’extrême droite?  Je pense bien que non.)

Je pense qu’il existe tout un manque de compréhension au Québec (surtout à l’ouest de Trois-Rivières) de la nature et de la raison d’être des Conservateurs.  Et je dis cela tout en avouant que je n’ai jamais voté pour les Conservateurs – alors ce n’est pas pour promouvoir leur plateforme que je vous écris ceci.  C’est seulement pour essayer vous offrir une perspective assez objective et différente.

  1. Cela m’amène à une autre hypothèse pourquoi l’Alberta se voit diabolisé au Québec. Le parcours historique et “l’effet modérateur” qu’a eu la population Albertaine sur les Conservateurs fédéraux est très mal compris au Québec (il ne figure même pas sur le radar des québécois, et ce n’est certainement pas enseigné à l’école ou diffusé dans les médias au Québec).

Il y a un couple de générations, les racines des Conservateurs (le mouvement Réformiste) étaient bien plus radicales que leurs prises de positions actuelles.  Mais au Québec, il y a beaucoup de monde qui les voit toujours à travers l’optique du parti Réformiste des années 1990.

Lors de l’échec des rondes constitutionnelles et de la crise financière du gouvernement au début des années 1990s, les anciens Progressistes-Conservateurs se sont effondrés.  Leurs anciens supporteurs se sont divisés en deux camps.   Une partie (je dirais la plus grande partie) est allée du côté des Libéraux et du Bloc, et l’autre partie qui ne savait pas où aller s’est finalement rangé du côté du nouveau mouvement Réformiste de Preston Manning.

Le parti réformiste a promis aux Albertains que les choses changeraient au début des années 1990.  Les réformistes ont fait deux promesses : (1) que les finances seraient redressées, et (2) on cesserait de parler de la constitution (du moins pour l’avenir prévisible, car les plaies étaient ouvertes, et tout le monde, y compris au Québec, voulait prendre un peu de repos).

Puisque le parti réformiste était nouveau, il attirait certains personnages les plus à droite (malgré tout, ceux qui étaient le plus à droite n’allaient pas se ranger du côté des Libéraux – alors ils ne pouvaient que s’arranger du côté des réformistes).

Alors, puisque le parti réformiste

  • était nouveau,
  • n’était ni bien organisé, ni bien contrôlé,
  • comprenait certains droitistes très à droite,
  • s’est formé au moment où il existait toujours des plaies ouvertes suite aux rondes constitutionnelles …

… cela faisait naturellement partie du voyage que l’on entendrait parfois des discours et des remarques assez inflammatoires, et parfois intolérants qui volaient dans tous les sens.  Je me rappelle moi-même d’avoir entendu des clips audio sensationnels à maintes reprises au sujet du Québec au début des années 1990 – mais je me rappelle aussi bien que ces clips audio sensationnels n’étaient pas représentatifs de tous les députés ou une grande partie des membres des Réformistes (chose qu’on ne voyait pas au Québec).  Et elles n’étaient certes pas représentatives des pensées de la personne lambda en Alberta.   Peu importe, beaucoup de québécois étaient outrés (un sentiment que je comprends bien… car j’avais l’impression que j’étais coincé entre deux mondes).

Mais ce que les Québécois n’ont pas vu, ce qu’ils ne comprenaient pas, et ce que les plateformes médiatiques québécoises ne rapportaient pas, c’est le fait que les Albertains ne supportaient pas le parti réformiste sur le biais de ce que certains députés hurlaient dans le stratosphère la plus à droite ou à l’égard du français ou du Québec — mais ils supportaient le réformistes plutôt sur la promesse qu’ils (1) redresseraient les finances publics et (2) qu’ils ne rouvriraient pas la constitution (sauf pour une réforme du Sénat “Triple E”).

À la fin de la journée, les Réformistes n’accomplissaient rien.  Oui les Albertain voulaient un redressement sain des finances, et oui ils ne voulaient pas de nouvelles rondes constitutionnelles – surtout en raison de la crise du temps du referendum de 1995 (ils avaient peur que toute nouvelle ronde constitutionnelle serait le dernier clou du cercueil qui inciterait le Québec à partir).  Le problème, c’est que le parti Réformiste acceptait trop de personnes dans les rangs qui étaient le plus à droite des droitistes (les vrais “clowns” du gang).   En un mot, les Réformistes se sont tirés une balle dans le pied en endossant trop de politiques droitistes, au-delà des deux auxquelles les Albertains tenaient le plus.

En 2000 le parti Réformiste était démantelé – faute de pouvoir (1) faire une percée avec leur plateforme très à droite, et (2) faute de pouvoir satisfaire les Albertains eux-mêmes car le parti n’allait jamais pouvoir réaliser son but ultime de redresser les finances publics (continuer la gestion du pays sans déficit annuel) en étant un parti qui ne pourrait même pas faire des percées ailleurs.

Le parti Alliance a vu le jour et a remplacé le parti Réformiste, et ce dans l’espoir de pouvoir rassembler les anciens supporteurs des Progressistes-Conservateurs (de l’ère Mulroney).  Car ces supporteurs du centre-droit ont fui vers la gauche lors de la création du parti Réformiste.  L’Alliance voulait “s’assouplir” et “adoucir” non seulement le ton, mais ses politiques (c’est-à-dire, faire un pas un peu plus vers le centre-droit canadien).

Cette adoucissement de l’Alliance était le résultat direct des appels des Albertains qui voulaient ces changements eux-mêmes (malgré tout, l’Alberta n’était ni une province d’idées extrêmes, ni une province qui tolérerait un discours politique religieuse – et l’ancien parti Réformiste comptait parmi leurs rangs quelques membres qui prêchaient les deux).

Au moment de la première course au leadership de l’Alliance, il était évident que ni les membres, ni l’Alberta ne toléreraient plus l’ancien garde.  Ils ont carrément jeté l’ancien chef du parti Réformiste, Preston Manning, à la porte.   Il était remplacé par Stockwell Day, l’ancien ministre des finances de l’Alberta.   Day était populaire en Alberta en raison de sa gestion des finances (malgré ses propres croyances religieuse), mais ailleurs au Canada il n’incarnait pas ce changement de garde.

Lorsqu’il est devenu évident que (1) le parti Alliance ne pouvait pas convaincre l’électorat pancanadien qu’il voulait, de bonne foi, se distancer des éléments les plus à droite de l’ancien parti Réformiste, et (2) qu’il ne comptait toujours pas assez de membres des anciens Progressistes-Conservateurs fédéraux pour faire passer le message qu’Ils changeaient, l’Alliance a jugé bon d’entamer des discussions avec ce qui restait de l’ancien parti Progressiste-Conservateur pour chercher une fusion.

N’oubliez pas que jusqu’à son démantèlement, les Progressistes-Conservateurs était le parti de Joe Clark, de Jean Charest, et de Peter MacKay — qui n’étaient guère des politiciens d’extrême droite.   Le fait de vouloir se réformer pour séduire les anciens Progressistes-Conservateurs devrait en soi indiquer le virage majeur que les membres de l’Alliance voulaient prendre afin de non seulement satisfaire leur base en Alberta (qui était toujours Progressiste-Conservateur à cœur, juste un ou deux pas à droite du centre), mais aussi l’électorat canadien dans son ensemble.

En 2003, Peter MacKay, chef des Progressistes-Conservateurs fédéraux, a décidé de fusionner son parti avec l’Alliance, et le parti Conservateur fédéral du Canada était né.   En 2004, Stephen Harper est devenu son chef.

Le chemin n’a pas été facile pour les Conservateurs.

Parmi leurs rangs, ils comptaient toujours certains membres de l’ancien garde – ce qui a rendu difficile la tâche de se défaire de son image “d’extrémistes de droite” dans les têtes de beaucoup de québécois (qui soupçonnait que les Conservateurs étaient toujours l’ancien parti Réformiste en déguise).  Il faut se rappeler que les Québécois n’ont jamais vu ou entendu les discussions publiques sur ce sujet en Alberta.  Alors ils demeuraient dans le noir total sur les réformes à l’intérieur du parti Conservateur.  (Pour cela, vous pouvez remercier les médias au Québec pour l’embargo médiatique).

Malgré cela, au cours des années, j’ai constaté un assouplissement énorme de la part des personnes qui se trouvent au sein du parti Conservateur depuis le début (ils se sont vu donné leur mandat par le peuple Albertain, et ce sont les Albertains qui leurs ont imposé la nécessitait de s’adoucir et de se réaligner plus vers le centre-droit).

J’ai également constaté que les politiques Conservatrices elles-mêmes se sont adoucies au cours des années.  Le parti actuel n’est plus le parti qu’il était lors des scrutins de 2006 ou de 2011.  Ils gèrent les finances un peu comme les Libéraux de Chrétien l’ont fait.  Et même lors du dernier budget, ils changaient le ton sur beaucoup de fronts sociaux maintenant que le budget s’est vu équilibré (ils ont fait perdre bien de plumes aux Libéraux, et ce sur bien d’égards).  Toutefois, rendons à César ce qui appartient à César.  Alors cela je vous dis à titre d’un Albertain qui n’a jamais voté Conservateur (alors cela devrait vous en dire long).

Les Albertains ont exigé que les Conservateurs changent leur ton et se réalignent plus vers le centre-droit, et les Conservateurs n’avaient pas d’autre choix que d’entendre leur appel.

L’Alberta lui-même a changé énormément durant les dernières vingt-cinq ans, et sa population soutient la part du lion des principes de justice sociaux qu’endossent les Québécois :

  • une saine gestion environnementale (je vais vous en parler du pétrole dans le dernier qui traite aux politiques “provinciales”, car c’est n’est pas dans le domaine fédérale où on voit les changements majeurs),
  • les droits et les tolérances envers les minorités, et la nature d’égalité des minorités dans la société (pour les minorités religieuses, les gais, ceux qui souffrent et la question de l’euthanasie), et
  • le mouvement grandissant en Alberta pour trouver des solutions financière pour la garde d’enfants (qui peut-être se fera à l’image des CPE au Québec), un investissement continue dans les institutions francophones de la province, etc.

La liste est longue.

Comment les Conservateurs ont-ils réagi à cette “progression” en Alberta?   Ils se sont adaptés.
Ça c’est certain.  À mon avis, les Conservateurs ont pris trois chemins :

  • Ils ont laissé les députés et membres de l’ancien garde se faire remplacer par attrition (en les remplaçant de sang neuf pour mieux refléter les réalités sur le terrain un peu partout au Canada),
  • Ils ont adouci et modifié leur manière de diriger le pays et leurs prises de position afin de pouvoir plaire à toutes les provinces (de la Colombie-Britannique jusqu’en Ontario, au Québec et dans les provinces Atlantiques), et
  • Ils ont concédé beaucoup de prises de position, par exprès dois-je ajouter, aux mains de la Cour Suprême. (Ceci c’est un point très intéressant).  Et ce, afin de toujours pouvoir conserver leurs circonscriptions les plus conservatrices dans l’extrême sud de l’Alberta (dite le Corn belt) – une région néanmoins assez isolé du reste de l’Alberta et de ses pensées.

Sur ce dernier point (celui qui implique la Cour suprême), je veux dire que je crois que les Conservateurs savaient que c’était la bonne décision (et dans l’intérêt de la société canadienne) de ne pas réformer le sénat sur une base unilatérale, de ne pas trop protester le droit à Euthanasie, et d’accorder le droit du mariage gai, entre autres.

Mais ils devaient trouver moyen de faire adopter ces politiques sans toutefois déplaire aux quelques circonscriptions du Corn Belt.   Alors pour faire plaisir non seulement au reste de l’Alberta, au Canada et au Québec, les Conservateurs ont jugé mieux d’accepter que la Cour Suprême tranche en faveur de ces matières plutôt que de prendre ces décisions eux-mêmes.  Je crois bien qu’il s’agissait d’une stratégie politique, une qui fait jaser sur le terrain en Alberta.  Cependant, ailleurs au Canada (surtout pas dans les médias de Toronto ou de Montréal), c’est le silence total.

De pair avec ce que je viens de décrire, il y a une autre chose que le Québec ne comprend pas.  C’est pourtant un sujet hautement sensible, et les Conservateurs n’en parlerons jamais à haute-voix, hormis peut-être à huis clos dans les réunions Civitas, dans leurs réunions de circonscription en Alberta, ou lors des discussions d’investiture des candidats en Alberta.  Parfois, je les ai même vu en parler lorsqu’ils en faisaient de porte-à-porte en Alberta, et lorsqu’ils se croyaient être sur territoire ami et receptif.

Les Conservateurs sont bien conscients qu’il faut faire la transition vers les politiques de l’ancien parti Progressiste-Conservateurs (des politiques centre-droit).  Un tel virage leur est exigé non seulement de la part de l’Alberta, mais du Canada dans son ensemble.  Pourtant c’est le genre de transition qu’aucun parti fédéral ne peut faire d’un seul coup, et je crois que les Conservateurs fédéraux n’y sont pas encore arrivés.

Cela dit, les quelques circonscriptions les plus conservatrices (du Corn Belt, mais aussi quelques circonscriptions éparpillées d’ici et là à travers le Canada) demeurent encore à être convaincues.  Le hic, c’est que ces circonscriptions se trouvent dans les régions clés où les Conservateurs doivent maintenir une base prépondérante pour rester en pouvoir (un peu comme la gauche au Québec doit tout faire pour ne jamais emmerder “Le Plateau” à Montréal, sous peine de perdre leur base).

Il y existe beaucoup de Conservateurs modérés (centre-droit) qui tirent les ficelles, et qui croient que la meilleure façon de rallier ces circonscriptions voyous à la cause, c’est de leur faire “imposer” une dose de politiques progressistes, mais de façon assez sournoise.  Alors, il semble que le parti (sous la pression de ces Conservateurs modérés) croit qu’il serait préférable de laisser la Cour Suprême trancher sur cetaines décisions sociales importantes, et par la suite laisser la Cour Suprême imposer ces nouveaux politiques modérées aux circonscriptions les plus à droite.

Comme ça, le parti pourrait se laver les mains en disant “Ce n’était pas nous, mais c’est quand-même fait accompli – alors, il faut l’accepter”.  C’est une façon non seulement de faire plaisir à la population canadienne, albertaine et québécoise dans leur ensemble, mais c’est aussi une bonne manière de faire changer les opinions des circonscriptions les plus conservatrices au pays, en leur forçant d’avaler les prises de position progressistes ordonnées par la Cour suprême.  Cela sert bien les Conservateurs, car il leur donne la voie facile pour poursuivre le chemin social vers les anciennes prises de position des défunts Progressistes-Conservateurs (un petit pas après l’autre).

Voilà donc l’optique à travers laquelle je vois les Conservateurs.  C’est également à travers la même optique que je crois que la majorité des albertains voient les Conservateurs.  Cela répond également à la question pourquoi les Conservateurs ont pu maintenir leur base en Alberta, mais il explique aussi pourquoi les tendances et pensées politiques albertaines son si mal comprises par le Québec.

Il n’y a rien de furtivement mauvais dedans, et il n’y a rien qui démontre que l’Alberta est une province d’extrême droite ou d’idées extrémistes et néfastes.

Les Albertains y voient un processus de changement au sein des Conservateurs mêmes, et ils leur prêtent patience (pour combien de temps je n’ose pas dire… car la patience des albertains se voit tester sur plusieurs fronts si on voit tout ce qui se passe avec les progressistes-conservateurs au niveau provincial).  Les anciennes idéologies des défunts Progressistes-Conservateurs s’alignent plus avec les sentiments des Albertains que tout autre parti actuel.  Tant que les Conservateurs fédéraux actuels poursuivent leur chemin envers les idéologies des anciens P-C (le centre-droit), les Albertains vont probablement continuer de les appuyer (mais si les Conservateurs sont perçus de ne plus bougir – là la donne pourrait changer lors de l’élection de 2015… et il y en a déjà des indices — non seulement en Alberta, mais ailleurs au pays aussi).

Cela dit, personne ne fait preuve d’une patience infinie, et ça fait longtemps que les Albertains attendent que les Conservateurs virent plus au centre-droit.   C’est pour cette raison que cette année les sondages indiquent qu’il y existe plusieurs circonscriptions fédérales en Alberta qui affichent de plus en plus les couleurs orange (NPD) et rouge (Libéral).  Il reste à voir combien de sièges vont aller à ces deux derniers partis lors de l’élection 2015.  Mais peu importe le nombre de sièges qui pourraient virer ailleurs, les sondages indiquent déjà que les autres partis auront plus d’appuis proportionnel en Alberta cette année (et possiblement lors de l’élection 2015) que durant toutes les 30 dernières années.   Les résultats de l’élection s’avéreront alors très intéressants.

  1. Cela m’amène à mon dernier point pourquoi je crois que beaucoup de Québécois ont tendance à diaboliser l’Alberta, et de caractériser ses habitants d’extrémistes de droite.

Certaines sphères des médias au Québec – notamment quelques émissions à Radio-Canada, Télé-Québec, et un bon nombre de chroniqueurs souverainistes, ainsi que les politiciens souverainistes — adorent sortir des résultats de sondages et des statistiques qui servent à isoler certaines tendances très minces et transitoires, sondés d’une manière instantanée, et souvent dans le contexte d’un point d’actualité assez émotif (tel le sujet du pétrole et les oléoducs lors d’une discussion sur les baleines dans les médias, ou des sujets controversés comme le registre des armes à feu tout de suite après la diffusion aux nouvelles d’une personne tuée par balle de manière très public).

Je le trouve très décevant la manipulation des sondages hors contexte.

Je vous donne un exemple parfait : un qui a fait tant jaser dans les médias et par les politiciens souverainistes durant des semaines suite à sa publication.

Le 12 mai 2011, L’Actualité a publié un article qui s’appelle “La fin des deux solitudes ? Voir, c’est savoir!”.  Dans l’article, L’Actualité vous a présenté carte après carte du Canada, divisée selon les circonscriptions fédérales du pays.   L’Actualité a posé des questions qui pourraient intéresser les Québécois.  Les réponses étaient tirées de la fameuse boussole électorale de Radio-Canada.   L’Actualité a par la suite coloré les circonscriptions du pays selon les réponses.

Les questions portaient sur les questions sociales, et parfois de nature émotionnelle.   À première vue, on penserait que tout le Canada, et particulièrement l’Alberta, aurait été complètement en désaccord avec le Québec sur chaque question.  Malgré tout, des tranches énormes du pays portaient des couleurs différentes que celles au Québec.

Les conclusions de l’Actualité insinuaient que la preuve était faite que le Québec et le Canada n’a rien du tout en commun.  Les souverainistes réjouissait.  Jean-François Lisée a republié l’article dans son propre blogue.  Radio-Canada, TVA, LCN et RDI faisaient des reportages en grande pompe.   J’imagine que ça aurait été une fête aussi grande que la St-Jean-Baptiste dans les locaux du journal Le Devoir.  Des chroniqueurs souverainistes dans les journaux appartenant à Québecor eux-mêmes soulignaient l’article avec un trait rouge bien foncé.

Mais hélas, ce qu’ils n’ont pas rapporté à la population québécoise – fort probablement de volonté expresse – c’est que les résultats n’ont pas démontré les pensées et les opinions de 80% des canadiens anglophones – ceux qui statistiquement résidaient dans les “villes” et régions urbaines du pays.   Les cartes démontraient seulement les circonscriptions rurales qui comptaient seulement 80,000 habitants par circonscription.

La raison pour laquelle on n’a pas pu voir les vrais résultats dans les cartes : Le Canada est le deuxième plus grand pays du monde.  Alors lorsqu’on affiche une carte du Canada qui n’occupe qu’une huitième de la page, c’est impossible de voir les 200+ circonscriptions urbaines où réside 80% des canadiens anglophones.

SI L’Actualité aurait basé leur article sur les circonscriptions urbaines où réside 80% des canadiens anglophones, les résultats auraient été très différents – au point où les résultats auraient été les mêmes qu’au Québec. 

Je vous donne deux exemplaires de ces cartes de l’article de L’Actualité pour bien démontrer mon point.

crts..3 crts..1 crts..2

Et j’adore l’ironie de la remarque hautaine, arrogante et cynique à la toute fin de l’article de L’Actualité : « Hummmm. Quelqu’un a dit “divergence” ? Un beau “moment fédéraliste” en perspective ! ».  En effet, c’en est un bon moment qui comble les Deux solitudes.  Ça a l’air que c’est moi qui a pu avoir le dernier mot, et j’imagine que c’en est pas un à quoi L’Actualité, et ceux qui réjouissaient de cet article, auraient pu s’attendre.

Sérieusement, croyez-vous que les joueurs médiatiques qui crèvent les reportages sensationnels, ainsi que les souverainistes auraient vraiment voulu démontrer ces “vrais” statistiques à la population du Québec?  Je crois bien que non, et je crois bien que l’on peut s’entendre sur ce point.

Moi aussi je peux faire du pinaillage sur tout un tas de sujets isolés et différents qui pourraient prétendre que les gens de la Gaspésie sont d’un univers complètement différent de ceux de l’Outaouis.  Je pourrais vous sortir des statistiques qui vous feraient croire que l’écart entre les gens de Québec et ceux de Montréal est aussi grand que Montréal et l’Arabie-Saoudite.  Si je voulais, moi aussi je pourrais twister l’essence des cartes et des chiffres, vous cachant des nuances où se trouvent la vraie histoire.  Je pourrais vous écrire une montagne de bels articles qui pourraient vous laisser croire que le Québec même est en train de s’effondrer comme un château de cartes, et qu’il serait mieux s’il serait divisé en quatre pays différents.  Mais je ne le fais pas — car ce n’est pas la vérité… tout comme cet article de L’Actualité, présenté de cette manière, et la plupart des articles qui essaient de dire que le Canada est en train de se désagréger sur le front des opinions ne sont pas vrais.

Et si vous alliez regarder une carte de la dernière élection fédérale en 2011 (de la même année que les cartes ci-dessus), vous allez remarquer que de grands étendus à travers le Canada voient les choses du même oeil que Québec.   Et j’imagine que vous aller voir encore beaucoup plus en commun lors de la prochaine élection en 2015.

crts..4

Malheureusement, on voit trop souvent certains médias et les souverainistes qui font de l’Alberta-bashing en déformant les faits et les statistiques, et qui cherchent à marquer soient des buts politiques (de la part des souverainistes), soient des audiences engagées et enragées (de la part des médias).  Franchement parlant, c’est injuste.  C’est dangereux pour l’avenir du pays.  Ils prennent les Québécois pour des cons, et les Albertains sont leurs victimes.

La prochaine fois que vous voyez tous ces camps vous sortir des statistiques qui prétendent vous décrire c’est qui les vrais Albertains, pensez-y deux fois, et posez-vous des questions.

Comme j’ai dit à maintes reprises au cours de mon blogue, il faut vraiment faire le voyage à travers le Canada pour le comprendre.  On ne peut pas se fier uniquement aux médias (que ce soit les médias de Toronto ou de Montréal – car trop souvent ils vivent dans une bulle – faute de notre géographie).

Le meilleur c’est de passer un bon bout de temps en Alberta pour voir qu’elle n’est pas si différente.   Prenez des cours d’anglais à Edmonton ou à Calgary pendant trois ou quatre semaines durant l’été.  Allez rester avec des amis Albertains pendant un couple de semaines.  Envoyer vos enfants aux camps d’été dans les Rocheuse, et puis allez vous-même les récupérer à la fin de leur séjour.  Faire l’effort.   Vous allez voir vous-même.   Comme le dit l’article de L’Actualité, “Voir c’est savoir” (pince sans rire!!).

Quelques réflexions pour clôturer ce billet

Ces derniers billets couvraient la perspective et le tempérament de l’Alberta et de ses habitants sur le plan fédéral.  J’ai expliqué le pourquoi dedans.  J’espère vous avoir introduit un point de vue qui n’est pas discuté au Québec.   J’espère que je vous ai présenté un angle que les médias au Québec ne rapportent jamais, et ce que les souverainistes aimeraient mieux ne pas en discuter publiquement.

Comme vous pouvez constater, il n’y pas à s’en faire entre les quelques différences qui existent entre l’Alberta et le Québec.  Les différences ne sont pas si grandes.  Après avoir vécu si longtemps ensemble, et après avoir subi des changements énormes dans le même sens au cours des 50 dernières années, les similitudes sont remarquables.  On vient de la même étoffe malgré tout – et on partage les mêmes systèmes qui font qu’il y a bien plus de convergences que de divergences.  Et même sur ce dernier point, les indices me laissent croire que les convergences continueront d’être bien plus grandes à l’avenir que toute divergence.

Le prochain billet parlera de la perspective et le tempérament de l’Alberta et de ses habitants sur le front “provincial”.  Le dernier billet parlera des politiques provinciales actuelles, et des prises de position provinciales sur le pétrole et l’environnement (que l’Alberta voit d’un œil de juridiction provinciale plutôt que fédérale).  Je crois que les prochains billets à ces sujets sauront vous étonner également.

On se reverra dans un avenir proche.


(French / Français) SERIE:  LES PRÉJUGÉS À L’ÉGARD DE L’ALBERTA (6 billets)

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